Dominique A - Interview

26/04/2006, par David Larre | Interviews |
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Toi et lui, vous êtes un peu considérés comme les grands frères de ce qu'on appelle à tort ou à raison la nouvelle scène française. Qu'est-ce que ça te fait d'être placé dans ce rôle ?
C'est que de la chronologie, je crois. Lorsque nous sommes arrivés, notre musique sonnait comme quelque chose d'extraterrestre. Même si elle s'apparentait en fait à beaucoup d'autres choses, nous sommes arrivés comme dans un no man's land et notre boulot a consisté à tailler les ronces. On s'est un peu piqué pour les autres. C'est un rôle qu'on m'a attribué après coup, mais que je revendique volontiers, tailleur de ronces. Mais ce rôle est à double tranchant. On m'a attribué un supposé retour au texte, alors que mon approche était surtout musicale. Parce qu'en plus, la voix était sous-mixée, donc je pensais qu'on n'allait pas faire attention à ce que je disais. Mais on a finalement été attentif aux chansons. On m'a renvoyé une étiquette "chanson française", alors que ce que j'aime, c'est la musique chantée. C'était très... décevant. Cette étiquette ne m'a pas posé problème très longtemps, mais je trouvais absurde d'être classé dans la catégorie "chanson à texte", d'abord parce que c'est redondant, et ensuite parce que cela veut dire surtout "chanson sans musique". C'est ce qui me gêne parfois dans les choses qui apparaissent aujourd'hui, la recherche musicale s'est un peu essoufflée. Sauf avec des gens comme Belin ou Marcel Kanche, qui ont ce goût de la recherche musicale dans la chanson française. Mais ce ne sont pas les gens les plus mis en avant en France.

Un mot sur tes collaborations récentes, avec Jane Birkin, Jeanne Balibar, Jean Guidoni ?
Ce ne sont pas vraiment des collaborations, à part avec Jeanne puisque je suis allé jouer en studio pour elle. J'ai écrit des chansons pour des gens pour lesquels j'ai au minimum du respect. C'était plutôt une demande de leur part, sauf dans le cas Jeanne pour qui j'ai eu envie d'écrire une chanson après l'avoir écouté en concert. Pour Jane Birkin, c'est une histoire qui traîne depuis trois ans et qui a fini par se concrétiser après une rencontre. Pour Jean Guidoni, ça s'est fait via la personne qui s'occupe de la production de son disque, et j'aimais bien son dernier album. Je pense être dans une certaine continuité par rapport à ce genre de personnage, donc ça m'était facile d'imaginer quelque chose avant même de le rencontrer. Cela me plaît bien d'écrire pour d'autres. Mais cela me demande du temps pour bien connaître la personne avant de projeter sur elle de quoi écrire une chanson. Surtout, je ne sais faire que des chansons, et pas seulement des textes. Les textes ne se suffisent pas à eux-mêmes. Après, ceux pour qui j'ai proposé des chansons en font ce qu'ils veulent. C'est leur propriété. La version de la chanson que j'ai écrite pour Jane ("Où est la ville" sur "Fictions", ndlr), que je trouve vraiment pas mal, n'a rien à avoir avec la proposition originale.

Photos par Gabriel.
Merci à Laurent.

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