The Durutti Column - Live in Bruxelles 13.8.1981 , Lips That Would Kiss, Circuses & Bread, Fidelity

21/04/2008, par | Albums en bref |
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THE DURUTTI COLUMN (LTM) - [site]
- Live in Bruxelles 13.8.1981
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Sous le nom de The Durutti Column, le Mancunien Vini Reilly poursuit depuis la fin des années 70 une carrière atypique émaillée de disques singuliers et souvent splendides. Son jeu de guitare en arpèges réverbérés et sa voix dénuée de timbre, dont il use avec parcimonie, rendent son style immédiatement reconnaissable, mais ce protégé du regretté Tony Wilson a vite cherché à élargir son espace de jeu, en recourant aux machines et aux techniques de studio et en s'entourant de divers collaborateurs (comme le producteur Martin Hannett ou l'extraordinaire batteur Bruce Mitchell, qui l'accompagne toujours aujourd'hui). A priori, les quatre disques que publie le label LTM en ce début d'année sont davantage destinés aux fans qu'aux non-initiés, ce qui ne signifie pas pour autant qu'ils sont mineurs.

The Durutti Column - Fidelityxxxxxxx The Durutti Column - Live in Bruxelles 13.8.1981

A part "Fidelity", qui date de 1996, ces rééditions couvrent la période des années 80, sans doute la meilleure de Durutti Column. Au menu, un live enregistré en 1981 à Bruxelles ; un album de 1986, "Circuses and Bread" ("Des jeux et du pain"), augmenté de nombreux bonus ; et "Lips That Would Kiss", une compilation de titres rares, voire carrément inédits, tirés des archives de trois labels aussi confidentiels qu'indispensables, Les Disques du Crépuscule (belge), Factory Benelux (anglo-belge) et Sordide Sentimental (français).

The Durutti Column - Circuses and BreadCinquième album de Durutti Column, "Circuses and Bread" s'ouvre sur deux morceaux magnifiques qui encapsulent tout l'art de Vini Reilly. "Pauline" est un instrumental où la guitare s'efface derrière le violon vibrant de John Metcalfe. Une sorte de nouvelle musique de chambre, d'une grande pureté. Chanté par Reilly, "Tomorrow" est plus proche du son habituel du groupe. Mixés en retrait, des pizzicati (de violon, vraisemblablement) apportent un contrepoint rythmique original à la six-cordes liquide. Sans atteindre ces sommets, le reste du disque séduit à la fois par son homogénéité et sa variété : on y entend du piano, de la trompette, et même le son d'un canon. Et assez peu (voire pas du tout) de rock, finalement.

The Durutti Column - Lips That Would KissBien qu'il ne s'agisse pas d'un album proprement dit, "Lips That Would Kiss" est peut-être le plus précieux du lot. C'est un généreux recueil de morceaux enregistrés entre 1980 et 1983 (période très productive malgré la santé fragile de Reilly), et qui ne figuraient pas sur les albums. Au menu, des singles fameux ("Lips That Would Kiss" / "Madeleine", "Danny" / "Enigma", "Deux triangles"), des morceaux tirés de compilations Crépuscule et l'équivalent d'un album complet, réalisé à Bruxelles par Gilles Martin, et qui aurait dû sortir sous le titre "Short Stories for Pauline" (la récurrence de prénoms féminins est une constante de l'oeuvre de DC). Essentiellement instrumentale, cette collection offre un excellent aperçu du Durutti première période : références littéraires (T.S. Eliot, Marguerite Duras...), hommages à Ian Curtis, accompagnateurs de première classe (Mitchell, Metcalfe, Blaine Reininger de Tuxedomoon...). Et surtout ces sonorités brumeuses, obsédantes, d'une beauté presque irréelle.

Vincent Arquillière

A lire également :
Le compte rendu du Concert à Paris (2005)
La chronique de "Someone Else's Party" (2003)

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