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THOMAS DYBDAHL - One Day, You'll Dance For Me New-York City
(Recall / Warner)
[site] - acheter
ce disque
Alors
qu'on avait jusqu'ici
l'impression de prêcher dans le désert,
notre enthousiasme pour
la musique de Thomas
Dybdahl semble de plus
en plus partagé.
A quelques semaines d'intervalle,
on a ainsi entendu sur
France Inter l'animateur
d'Extérieur
Jazz, Julien Delli Fiori,
et, plus surprenant, le designer Philippe Starck chanter
les louanges du jeune
barde de Stavanger. A
l'évidence,
sa nouvelle maison de
disques françaises,
Recall (qui succède à Glitterhouse), espère
une ouverture sur le
grand public avec son
troisième album,
sorti il y a plus d'un
an en Norvège, où Dybdahl
affiche des ventes comparables à celles des grands noms
de la variété chez nous si on les rapporte à la
population du pays.
Cela nous ravirait, bien
sûr, mais "One Day You'll Dance for Me, New York City" semble
quand même mal calibré pour le succès de masse.
Plus doux et dépouillé que les précédents, "… That
Great October Sound" et "Stray
Dogs" (qui
ne sonnaient déjà pas vraiment comme
du speed metal ou de la pop
spectorienne), plus subtil encore, cet ultime volet d'une
trilogie informelle a tout du disque
de chevet, idéal pour les grasses matinées
du dimanche matin. Le genre
de chansons avec lesquelles l'auditeur ne peut entretenir
qu'un rapport intime, ce à quoi
Dybdahl semble d'ailleurs l'inviter.
On est loin de l'intensité et
de l'emphase de ses concerts,
quelque part entre Buckley père et fils et le Van
Morrison d'"Astral Weeks". "It's
Always Been You", par exemple, donne l'impression troublante
qu'il nous chante – ou plutôt gémit - à l'oreille,
tant le son de sa voix est
brut : on entend des râles,
les claquements des lèvres, du souffle. Comme s'il
voulait abolir l'infrangible
distance entre l'émetteur
et le récepteur.
Heureusement, Dybdahl n'est
pas de ceux qui estiment que
la sincérité et
le dénuement justifient tout, qui pensent qu'un son
chaud et naturel peuvent sauver des compositions faiblardes. "One
Day…" est d'abord un album magnifiquement écrit,
chanté, joué et arrangé. Le genre de
disque que Paddy McAloon pourrait un jour enregistrer s'il
arrivait à faire simple et à quitter ses studios
48 pistes digitales. Les instruments sont nombreux (piano,
orgue Hammond, saxo, harmonica, lap steel…), mais utilisés
avec parcimonie et un sens des atmosphères encore
plus prononcé que sur les disques précédents.
A ce titre, "Piece", dont le jeu sur les timbres
du vibraphone, des cymbales et de la pedal steel évoque
davantage la musique contemporaine que le rock, semble révéler
une volonté de s'affranchir des carcans stylistiques – qu’ils
soient ceux de la soul, du folk ou de la country – sans
se perdre en route. C'est peu
dire qu'on attend avec impatience
les prochains chapitres.
Vincent Arquillière
One Day You'll Dance for Me, New York City
If We Want It, It's Right
A Lovestory
Solitude
It's Always Been You
Don't Lose Yourself
Babe
Henry
Piece
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