E-grand - s/t

album de la semaine du 17/03/2010, par Christophe Dufeu | Albums |
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E-GRAND
(Autoproduit)

E-GRAND - S/tOn peut parler d'époque bénie, de parenthèse enchantée : vingt ans après le "summer of love", trop souvent vu comme l'unique point d'orgue de plus de cinquante ans de rock, une poignée d'années réconciliait mélodies et musique de club, guitares subtiles, voix entrelacées et enthousiasme pop : à la suite de New Order et des Smiths, l'Angleterre de Liverpool et Manchester menait à nouveau le bal. Cette époque, on imagine qu'E-grand la porte également dans son coeur puisque son album y fait largement référence : lui que l'on a découvert via la production du réjouissant album de My Raining Stars, maîtrise un son extrêmement riche et inventif, passant de vignettes pop insouciantes ("Magical Love" - guitares en arpège et clavecin synthétique) à des constructions beaucoup plus complexes : les chansons sont souvent conçues comme de petits films, s'appliquant à changer de direction fréquemment, à étoffer une mélodie par des voix ou des effets bien sentis... Ainsi, "Leave for this City", après un début assez sobre et une jolie montée en puissance, se laisse emporter par les "Come on" d'un choeur enlevé. "Secret Place" commence dans un clair-obscur prenant puis s'enrichit de fulgurances pop ; "Disappeared" enchaîne périodes calmes et moments plus frénétiques. Il faudrait aussi parler de "As Long as You Believe in Stars" (très belle ballade dans laquelle la voix d'E-grand se fait émouvante en allant chercher ses limites), ou du morceau final, un quasi-instrumental à la rythmique franchement funky (avec une trompette à la Talk Talk en cerise sur le dancefloor). Voilà donc un premier album solo ambitieux, maîtrisé et dont les chansons ont une certaine tendance à vous trotter dans la tête ! De place en place, certes, on pense à quelques groupes fort louables comme les Stone Roses, influence flagrante, ou encore Suede période "Dog Man Star". Mais pourquoi s'en plaindre ? A l'heure où des groupes comme The Pains of Being Pure at Heart ne se gênent pas pour piocher dans un patrimoine proche, il serait dommage de bouder un album d'une si belle facture.

Christophe Dufeu


Hate & Love
Magical Love
The Retired Man's Blues
Join My Army
Leave For This City
Domestic Whore
As Lons as You Believe in Stars
Secret Place
Beautiful Generation
Disappeared
Trombovibes

 

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