Electrelane - Axes

album de la semaine du 10/05/2005, par Jean-Charles Dufeu | Albums |
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ELECTRELANE - Axes
(Too Pure / Beggars ) [site] - acheter ce disque

ELECTRELANE - AxesAu mépris des transitions faciles, les quatre furies anglaises d'Electrelane illuminaient 2004 avec un "Power Out" aussi fougueux qu'inattendu, notamment pour ceux qui avaient auparavant eu la chance d'écouter leur très bon premier album. Des longs morceaux instrumentaux de celui-ci, "The Power Out" ne prenait que le meilleur (une énergie électrique nerveuse et un son unique, teinté d'un souffle 80's sans tomber dans le revival) pour lui donner une structure plus accessible, proposant des chansons là où il y avait des morceaux. Le magistral troisième disque, "Axes", reprend aujourd'hui le flambeau, et non le relais, de cette incroyable croisade contre la facilité.
Moins immédiat que son prédécesseur direct, "Axes" n'a pas l'aridité de la pierre première et se situe quelque part entre ces deux grands disques. Poursuivant dans un premier temps les efforts lyriques de "The Power Out", "Bells" et "Two For Joy" ouvrent l'album avec le même élan qui refermait le précédent. La voix est toujours là, toujours mêlée de féminité virile, mais elle sait se fondre dans une orchestration d'instruments explosive qui ne la met pas particulièrement en exergue. Plus manifeste, plus cinglant, c'est le piano qui tire son épingle du jeu dans ce début d'album, en se donnant tour à tour des abords mélodieux et d'autres empreints d'une violence hirsute et déjantée. Le cœur du disque reste largement dominé par une instrumentation exclusivement électrique, où les morceaux ont toute l'incision et la rage nécessaires pour faire oublier l'absence de chanteuse. Chaque instrument tient vaillament sa place pour livrer de petits concentrés de punk à un format inhabituel, où la précision de la partition et la rigueur rythmique tiennent lieue de sauvagerie et de brutalité. L'exercice est poussé jusqu'à la saturation avec "Business or Otherwise", une saturation pleinement assumée et du reste pas aussi anecdotique et superflue qu'on pourrait le penser à première écoute, avant d'aborder la dernière phase de l'album, dominée par la reprise de "The Partisan". C'est bien de la chanson de Leonard Cohen qu'il s'agit, même si une oreille non avertie ne la reconnaîtrait peut-être pas immédiatement. Pourtant, il souffle sur ce morceau un air de révolte qui lui convient parfaitement, lui garantit toute légitimité, et rend la chose vraiment impressionnante. Excellente reprise donc, qui ne supplante sans doute pas l'original, mais qui en l'éclairant sous un jour nouveau, devient aussi forte que celui-ci. L'album dans son ensemble est à l'image de ce titre : déroutant et impressionnant, il ne se contente pas d'utiliser les ficelles révélées efficaces et manie avec une allégresse manifeste l'art du contre-pied. Parmi les nombreux amateurs de "The Power Out", certains donc n'auront peut-être pas la patience de partir à la découverte de "Axes". Que les autres se réjouissent : ils tiennent l'un des disques de l'année.

Jean-Charles Dufeu

One two three lot
Bells
Two for Joy
If not now When ?
Eights steps
Gone Darker
Atom's Tomb,
Business or Otherwise
Those pockets are people
The partisan
I Keep Losing Heart
Come Back
Suitcase

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