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ELK CITY

[début]

Sur quasiment toutes les chansons, vous chantez tous les deux, c’est venu comment ?
Renee : Sur toutes les chansons, nous chantons tous les deux. Et sur les nouvelles, ce sera encore plus le cas ! Je ne peux plus envisager d’être la seule chanteuse, je l’ai été dans un autre groupe auparavant, ça finit toujours par avoir un petit côté nombriliste. C’est comme limiter le monde à une dimension. Nous chantons tous les deux, nous apportons chacun nos paroles, ça donne un éclairage différent, c’est plus intéressant, et aussi plus rigolo.
Peter : c’est venu naturellement, je joue quelque chose à la guitare et puis je chantonne par-dessus. Nous n’avons jamais décidé que nous allions chanter tous les deux systématiquement. Ça ouvre une perspective différente, un peu comme un livre dont les chapitres seraient écrits alternativement par deux personnes différentes, deux personnes qui vivraient dans la même ville, qui se connaîtraient ou pas, qui auraient des relations sexuelles ensemble ou pas (rires), comme dans les films de Robert Altmann.
Renee : parfois, nos voix sonnent exactement de la même façon… J’écoute les enregistrements de nos répétitions, et je n’arrive pas à les distinguer !

Renee avec Xavier (Talitres Records)


Comment avez-vous choisi votre nom ? c’est pénible, quand on cherche sur Internet, on ne trouve que des pages sur les villes qui s’appellent Elk City et rien sur vous…
Je ne peux pas dire combien il y a de villes qui s’appellent Elk City en tout aux USA… Mais j’ai grandi à quelques miles d’une toute petite ville en Virginie. Pas de bureau de Poste, pas de maire… 10 maisons à tout casser. Et ils ont une grande pancarte à l’entrée de la ville, " Bienvenue à Elk City ". Et à Noël 99, je suis venu rendre visite à mon père, j’ai vu cette pancarte, et ça m’a marqué. Et quand j’en ai parlé aux autres, on a décidé que ce serait notre nom. C’est un bon mélange entre le côté rural, la sensation de grands espaces qu’on essaie d’insuffler à notre musique, et un côté plus citadin.

Vous venez tous les trois de la Côte Est… c'est pour ça que vous avez choisi de faire une reprise de California Dreamin’ ?
Renee : on vient de la Côte Est, mais on aime beaucoup certains groupes de la Côte Ouest, comme Jefferson Airplane. On a commencé à la jouer en concert, et nos amis l’aimaient bien… Sans doute parce qu’ils étaient bourrés (rires). Mais ce n’est pas une mauvaise chanson, il y a cette interaction entre une voix féminine et une voix masculine qui est intéressante…J’aime bien les Mamas & Papas de toute façon.
Ray : c’est aussi parce que vu de la Côte Est, Californie est synonyme de romance…
Peter : oui, si on venait de Californie, on n’en rêverait pas et l’on n’aurait pas repris cette chanson.

Les groupes auxquels on vous compare sont souvent de " vieux " groupes. Quels sont les groupes actuels dont vous vous sentez proches aux USA en ce moment ? on pourrait vous rapprocher du mouvement Elephant 6 par exemple…
Oui, c’est un peu vrai. Surtout Neutral Milk Hotel, les Kingsbury Manx. On a beaucoup tourné avec Mendoza Line.
Renee : moi j’aime beaucoup Low.

Comment êtes-vous rentrés en contact avec un label français, Talitres ?
Renee : c’est une drôle d’histoire…
Peter : on s’est rencontré sur Internet… On avait mis une chanson en mp3 sur mp3.com, avant que notre album ne sorte. On l’avait totalement oubliée ! On n’a jamais reçu un seul message, jamais rajouté d’autres chansons… et puis six mois plus tard, arrive un message de ce type, un français, qui nous dit qu’il aimait bien ce titre et qu’on pourrait peut-être le sortir en single en France.
Renee : on a eu beaucoup de chance.

Vous avez fait votre premier concert en Bretagne la semaine dernière (NdR : en décembre 2000). Comment ça s’est passé, avec un public qui ne connaissait a priori pas trop votre musique ?…
Ray : on a eu l’impression que le public était avec nous sur scène…
Renee : en fait, à la fin, il l’était vraiment !
Peter : contrairement au public new yorkais, qui met du temps à exprimer ce qu’il ressent, par rapport à un groupe…On a joué plus de deux heures !

Vous aviez assez de chansons ?
Ray : en fait, on improvise souvent en répétition, on a donc de la matière pour faire des sets longs et pas trop barbants.

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