Empire déchu

11/03/2008, par | Edito |
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J'ai regardé hier le film "Empire Records" sur France 4, et je n'en suis pas particulièrement fier. J'aurais en effet du mal à trouver des arguments pour défendre cette oeuvrette signé par un parfait inconnu, Allan Moyle : le scénario est assez indigent, l'image et la mise en scène rappellent les sitcoms, la plupart des acteurs en font des tonnes et la VF n'arrange rien. D'accord, il y a Liv Tyler qui montre son nombril, et je préfère le nombril de Liv Tyler à celui de son père - sans compter que c'est tout sauf une mauvaise actrice et que je n'ai jamais été très fan d'Aerosmith. D'accord, la B.O., sortie chez A & M (ça existe encore, ce label ? En tout cas, on la trouve encore ici) est très fournie et plutôt bonne : entre un bon vieux AC/DC des familles et le fameux "Money" des Flying Lizards, on a droit à Innocence Mission, Daniel Johnston ou Evan Dando qui reprend "The Ballad of El Goodo" de Big Star. "Empire Record" est en fait une sorte d'équivalent nineties, avec des archétypes à peine réactualisés, des teen movies qu'usinait à la chaîne John Hughes dans les années 80 ("La Folle Journée de Ferris Bueller", "Breakfast Club", "Pretty in Pink"...), et qui valaient surtout pour leurs impeccables B.O. new wave/indie rock. Mais ce qui rend finalement le film touchant - et ceux qui l'ont fait ne l'avaient sans doute pas prévu -, c'est qu'il témoigne d'une époque révolue alors qu'il ne date que de 1995. Empire Records, c'est en effet un magasin de disques indépendant mais de grande taille, sur le point d'être racheté par une grosse enseigne genre Virgin Megastore, HMV ou Tower Records. C'est un film pré-internet, tourné à une époque où je passais beaucoup (trop) de temps dans les magasins de disques, loin du monde réel, et où ce site n'existait pas encore. Si les amourettes sans surprise des jeunes disquaires, perdus dans des discussions de nerds sur Henry Rollins et Primus, laissent totalement indifférent, difficile en revanche de ne pas éprouver une certaine nostalgie - bêta, certes - devant cet Empire déchu. Pas fier, non, mais presque ému.

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