EPs en bref: Eskimo, Ariel Ariel, Julia Jean-Baptiste, Almeeva

08/09/2016, par | Singles en bref |
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Eskimo - Dancing Shadows

Eskimo 

Echappée du groupe De la jolie Musique, Marie (osons la familiarité) se lance en solo comme une grande, avec cet EP de 6 titres, paru juste avant l’été mais dont les teintes se marieront très bien aussi avec l’automne. Il y a dans ces morceaux un aspect assez cru qui peut surprendre au premier abord. Il émergeait des premières écoutes une impression de mélancolie, voire de tristesse, pour celle qui marche dans les pas d’aînées comme Cat Power ou Shannon Wright. Or, ce serait se laisser tromper par l’intensité sourde de ces chansons sans superflu, parcourues de quelques choeurs bien placés, de quelques lignes de guitare sans esbroufe aucune. Souvent longues, elles se déploient avec sensibilité mais une véritable intensité, sans se perdre en route. Une vraie mention pour “Fragment Wall”, “Run Mind” et “Déséquilibre amant” en français, mais c’est bien un disque qui vaut par le parcours qu’il propose : une très belle entrée en matière donc.

 

Ariel Ariel - Mwen Menti

Ariel Ariel - Mwen Menti

Visage incontournable de la scène pop bordelaise, Ariel (Tintar) faisait jusqu’à présent profiter différentes formations de son talent d’instrumentiste, mais on sentait qu’il y avait plus chez ce jeune homme. C’est par un brillant EP, ce “Mwen Menti”, qu’il s’impose déjà comme un nom incontournable, tant on sent une maturité forte dans ces morceaux. Difficiles à relier à un courant ou un autre, d’une générosité parfaitement maîtrisée, on pense un peu à Babe (il joue avec eux d'ailleurs), un peu aux débuts de Frànçois (and the Atlas Mountains), mais il y a une luxuriance qui éclaire le disque. Un peu de créole, un peu de français pour les mots, et des mélodies qui font voyager en se montrant évocatrices de mille paysages, qu’ils soient pleins de couleurs comme sur “Comme toi” ou “Odessa” qui explose littéralement, ou formidablement dansants (“Condition féminine”). Les lives commencent à s’enchaîner pour le jeune homme, qui saura à n’en pas douter poursuivre sur cette très belle lancée. 

 

Julia Jean-Baptiste - EP #1

Julia Jean-Baptiste - EP

Celle qui a intégré Pendentif il y a désormais presque deux ans n’a pas pour autant renoncé à sa carrière solo, entamée par le single “Confetti” chez la maison Entreprise. En trois titres, elle confirme un certain talent, forcément couleurs rétro (on sent les années 80 à chaque recoin), mais il y a aussi un certain charme dans cette synth pop. Elle dépoussière avec bonheur “La Petite Lady” (de Vivien Savage en 1985), en lui rendant un peu de lustre, tout en restant dans un format synth-pop sans excès. Ses deux compositions (“L’incendie”, “Nouvelle Science”) témoignent d’un certain sens mélodique, surfant avec réussite sur un caractère entraînant mais rétro juste ce qu’il faut. En offrant deux remixes, Julia Jean-Baptiste confirme aussi qu’elle a des titres qui se prêtent bien à la relecture : voilà qui pose des fondations intéressantes.

 

 

Almeeva - Oblite EP

Almeeva - Oblite

Si le nom d’Almeeva, le projet que porte Gregory Hoepffner, était apparu à plusieurs reprises dans mon radar, c’est bien par cet EP que j’ai réellement rencontré la musique d’Almeeva. Signé sur le label Infiné, il en respecte les codes, ou plutôt l’absence de ceux-ci, à savoir que le musicien oscille entre influences pop et électro pure. Si la reprise du “There Is a Light That Never Goes Out” était un risque mais finalement bien maîtrisé par ses volutes synthétiques, “Part Fiction” a un côté synth pop dansant tout en restant vaporeux, avec la voix de Gregory Hoepffner qui survole l’ensemble. Les morceaux purement instrumentaux, farouchement techno et énergiques (si la tension monte doucement sur “4 Bells” avant d'atteindre un paroxysme jouissif, “Dissolver” est plus frontal avant de connaître une redescente maîtrisée). “Again” semble une conclusion idéale, avec une atmosphère effervescente, une vibration pop et une électricité qui finit d’enfoncer le clou : Almeeva est bien à sa place sur Infiné, avec une identité singulière qui pointe tout en gardant sa part de mystère.

 

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