EPs en bref : Wax Me, Mha, Guillaume Stankiewicz, Martinguerre

12/04/2016, par | Single |
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Wax Me - Waxing Machine

Wax Me EP

Wax Me, I’m famous ? Non, pas encore. Peut-être que ce quartet basé du côté de Toulouse ne goûtera jamais à la célébrité, mais il serait dommage de passer à côté de cet EP. Copieux avec ses sept titres, il creuse avec un enthousiasme qui fait plaisir à entendre un sillon power-pop, à la fois musclée et catchy, qui tient impeccablement le cap des 25 minutes que dure le disque. Les mélodies très marquées 90’s (Weezer, Posies et les autres) témoignent d’un vrai savoir-faire, les guitares sont énergiques à souhait (“Shadow Play”, “Biscuits and Balls”, “It’s All Over, You’ll Be Better”) et les envies de pogo arrivent assez vite. Tellement que le groupe referme ces sept titres sur… une ballade au piano réussie. Bien joué !

 

Mha - Le lien

Mha

Comme il est question de lien, il est tentant d’en établir entre la musique de Mha et les projets des différents membres composant la formation. Venant d’univers aussi variés que Tottoro (excellent groupe noise) ou les flamboyants Mermonte, Mha nage dans des eaux aux courants variés. Loin de pénaliser le groupe, il en ressort une formidable émulsion : c’est léger tout en étant enlevé, c’est pop mais il y a des vagues d’énergie qui submergent, et il est facile de se retrouver à chanter à tue-tête. Par exemple sur le primesautier “L’Avènement”, qui ouvre le disque avec des “Oh oh oh” et une énergie qui lance le disque sur de belles bases. Mha tient le cap sans jamais faiblir, oxygéné par ses bonnes idées (la trompette, les changements de rythme, le temps suspendu de “Le tour” pour relancer la machine, l’atmosphère superbe du final “Le Vent”) et sa générosité jamais prise en défaut. Mha ma mia, c’est très bien tout ça !

 

Martinguerre - Mount Joie EP

Martinguerre EP

Cet EP de cinq titres est une petite révélation en soi. Le projet Martinguerre, porté par un Français, connaît ici un premier acte des plus réjouissants, dans une veine folk à égale distance entre l’appel des grands espaces et une énergie urbaine. Produit par Peter von Poehl, le disque confirme un talent d’écriture certain, avec des morceaux à la beauté qui flirtent avec une pop boisée (“Little Shade”, “From the Shadows”) mais dont les atouts purement folk ne manquent jamais de consistance (“New Shades”, “Northern Man”, “Winter Housing”). Le soin apporté à l’ensemble, de la sensibilité de la production à la chaleur vocale de Martinguerre, finit de confirmer l’enthousiasme initial.

 

 

Guillaume Stankiewicz - Sans cesse et sans bruit

Guillaume Stankiewicz

Par la grâce d’une belle compilation de la Souterraine, j’ai découvert le nom de Guillaume Stankiewicz. Avec cette reprise subtile de “Magnolias Forever” de Claude François, le musicien avait en effet attiré mon oreille. Cet EP a confirmé en six titres toute la finesse de son univers, cette capacité à rester intime tout en se déployant dans de belles orchestrations. Quelques inflexions de voix évoquent Pain-Noir, la douceur de l’ensemble convoque Orso Jesenska, mais c’est bien une plume singulière qui signe l’alerte le titre éponyme “Sans cesse et sans bruit”, puis dépeint des ténèbres fort accueillantes (“L’Obscurité”), une ballade en forme de western miniature (“San Francesco Del Deserto”) ou un froid bien orchestré (“L’Hiver”). Conteur hors pair, délicat mais d’une expression chaleureuse, Guillaume Stankiewicz a déjà sa singularité et donne envie de l’accompagner pour ses escapades futures.

 

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