ERIK ARNAUD
En
ce début d'année voilà une belle retrouvaille.
A l'occasion de la sortie de son nouvel album "L'Armure"
et de concerts déjà annoncés, Erik
Arnaud me parle de la fabrique de ses chansons
et de ce qui l'a inspiré.

Cela
fait 12 ans que ton premier album est sorti. Aujourd'hui,
on se souvient encore de ton regard critique sur la chanson
française. Fallait quand même oser sur un premier
album... Avec un peu de recul, c'était quand même
gonflé, non ?
Je
ne sais pas si c'était un regard critique mais plutôt
une forme de rébellion adolescente. Vers 14/15 ans,
j'ai commencé à écouter énormément
de musique et au début je ne faisais pas le lien
entre Dinosaur Jr et Léo Ferré par exemple.
Je n'imaginais même pas la possibilité d'écrire
une chanson "indé" en français.
Puis sont arrivés les "grands frères"
: Silvain Vanot, Dominique A, Diabologum… Et l'âge
aidant, vers 22/23 ans, j'ai commencé à écrire
en français parce que j'ai eu envie de dire certaines
choses et au passage j'ai écrit une chanson sur cette
difficulté à oser écrire et chanter
en français compte tenu du poids de l'Histoire de
la chanson française.
Les
thèmes de la solitude, de l'incompréhension
sont très présents dans tes textes. Je pense
notamment à des titres comme "Rue de Parme",
"Nous sommes". A coté de ça, tu
fais un grand écart avec des titres beaucoup plus
légers. Comment expliques-tu ce changement de ton,
parfois même à l'intérieur d'une même
chanson ?
Je
ne l'explique pas vraiment. Je n'écris pas beaucoup
de textes. Chaque texte est indépendant, ce qui fait
que je me répète beaucoup et que je dois jeter
ou réécrire pas mal de choses quand il s'agit
de regrouper des chansons sur un album. Si changement de
ton il y a, il n'est pas vraiment prémédité.
Pour moi, les chansons "Rocco" et "Richard
Cordoba" sont un peu à part et adoptent le point
de vue d'un personnage. Pour les deux titres que tu cites,
on est dans le personnel pour l'un et dans le collectif
pour l'autre, le très intime même ("Cheval"
ou "Rue de Parme") pour aller vers quelque chose
de plus collectif et universel ("Nous Sommes"
et "L'Armure" par exemple). Avec ce disque, j'avoue
avoir essayé d'être un peu moins dans le "je".
J'ai l'impression après l'écoute de
ta discographie que l'approche laissant à l'auditeur
une certaine marge d'interprétation, t'a toujours
intéressé.
Il
n'y aurait rien de plus horrible que de cracher sa
haine (ou son amour d'ailleurs) à l'oreille
de l'auditeur sans que celui-ci ne puisse s'identifier
un minimum ou prendre quelques distances par rapport aux
propos d'un chanteur. Je n'ai pourtant jamais
fait beaucoup d'efforts en ce sens mais si c'est
là tant mieux car en tant qu'auditeur c'est
ce que je recherche aussi chez les autres.
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