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FESTIVAL
CHORUS 2008 (20 Ans)
Vendredi
4 avril 2008 : Arman Méliès (+ La Maison Tellier)
au Théâtre de la Ville, Neuilly.
Bon, évidemment, il est
facile d'ironiser sur le fait d'aller voir un concert (plutôt
rock qui plus est) à Neuilly et de constater que
dans le hall du petit mais élégant Théâtre
de la Ville, il y a plus de gens à prendre des billets
pour aller voir "Disco" (le film) que pour le
concert de ce soir ; facile de noter que, pour cette soirée
où le mot "folk" a dû être
glissé dans le programme, c'est un disque de Peter,
Paul & Mary qui nous accueille (pour être honnête,
le fond sonore va évoluer - un Johnny Cash récent,
...) mais l'affiche qui nous attend ce soir semble avoir
en commun un amour pour le cinéma (western pour les
uns, tradition européenne pour l'autre) et l'on ne
peut que se réjouir de ce choix de programmation
du festival Chorus.

Assis dans les fauteuils
confortables, le public est plutôt clairsemé
et, étrangement, de tous âges (quelques enfants,
quelques mamies !!!) L'un après l'autre, les membres
de La Maison Tellier montent sur scène avec barbe
ou barbichette de rigueur : un contrebassiste joue quelques
notes en boucle, bientôt rejoint par un trompettiste
(au style très Miles Davis sur ce premier titre),
un batteur exubérant mais très efficace sous
son chapeau de paille, un guitariste/joueur de banjo qui
donne à ce morceau des airs de BO de film de Sergio
Leone et enfin, un chanteur s'accompagnant d'une guitare
folk. Et, chantée en français ou en anglais,
la musique de La Maison Tellier nous fera traverser les
Etats-Unis : de New York et son folk urbain à la
Californie de Gram Parsons, joliment évoqué,
ou de Rage Against the Machine (formidable reprise country-boogie
de "Killing in the Name" que l'on ne reconnaît
qu'après une ou deux minutes) en passant par la frontière
mexicaine (et cette trompette qui rappelle Calexico) ou
la country du Midwest (qui inspire le très sympathique
premier rappel). Malgré une salle aux trois quarts
vide, la Maison Tellier montre une belle énergie,
échange avec le public et donne lieu à de
beaux moments comme la "La Maison Tellier", chanson
aux mots crus, joliment interprétée en solo.

Celui que l'on attend alors
a le vent en poupe : défendu par Dominique A depuis
quelques années, complice de Bashung sur un duo récent
("Ivres") et à l'écriture sur deux
(très beaux) titres du "Bleu Pétrole"
de ce dernier - difficile de trouver plus belle carte de
visite, surtout lorsque celle-ci comporte aussi quelques
albums dont "Néons blancs et asphaltine"
ou "Les Tortures volontaires" (sans compter "Casino"
qui doit sortir ce mois-ci). Et c'est un Arman Méliès
assez rock, gilet élégant et moustache tombante,
qui monte sur scène avec ses trois acolytes (un batteur
à la précision redoutable, un guitariste et
un homme aux claviers). Les guitares sont superbes et sonnent
magnifiquement ; celle de Méliès, granuleuse
à souhait, assure une rythmique tranchante pendant
que l'autre guitariste s'occupe de tous les petits riffs
qui, avec les synthés, font la richesse du son d'Arman
Méliès. Après un instrumental, on retrouve
la voix douce du chanteur qui porte le lyrisme de ses morceaux
et ses paroles sophistiquées ; et en effet, les morceaux
sont là, un peu plus rock pour la scène, mais
gardant leur force et leur cohérence. Cependant,
quelque chose cloche : sont-ce les conditions (public pas
forcément acquis, clairsemé et assis), un
trac envahissant ou les compères de Méliès,
un peu trop statiques (malgré les efforts du chanteur),
on a du mal à croire que le groupe qui joue en face
de nous s'amuse beaucoup... Et du coup, cela gâche
un peu notre plaisir (réel) de le voir sur scène.
Sans compter les trop nombreux accordages de guitares, sur
fond de nappe de synthé un peu kitsch, qui brisent
le rythme du concert. Trop de perfectionnisme ? Dommage
car il suffirait de peu pour que l'on soit 100% conquis
par un artiste que l'on a envie d'aimer et par des morceaux
comme "Néons blancs et asphaltine" ou ce
magnifique "Fuir", superbement interprété
ce soir-là.
Christophe Dufeu
Photos
: Rod
| Le-HibOO.com
Dans
le cadre du festival Chorus 2008 :
Lundi
31 mars 2008 : Thomas Fersen (+ Presque Oui) au Magic Mirrors,
La Défense.
Vendredi
11 avril 2008 : Alain Bashung + Keren Ann (+ Mélanie
Pain) à l'Espace Grande Arche, La Défense.
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