Festival international de la chanson de Granby

23/09/2011, par | Festivals |
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Voilà le noeud du festival, le grand moment pour tous ceux qui ont participé au concours organisé : c'est la finale ! Rendez-vous est pris au Palace, lesté d'une poutine ingérée le midi. Quatre candidats restent en lice, et honneur au gagnant, avec un retour sur la prestation de Mathieu Lippé.

J'avoue n'avoir pas voté pour lui (les journalistes français faisaient partie du jury), mais j'ai trouvé quelques qualités à sa prestation. Visiblement très ambitieux, Mathieu Lippé a tout fait pour se mettre la salle dans la poche, avec un peu d'humour, mais aussi des chansons entre engagement et jeu sur les mots qui s'organise en un slam parfois convaincant, parfois un peu fastidieux et un peu facile. Les arrangements du groupe (pas le sien) qui l'accompagnait ont parfois un peu surchargé les chansons, alors que le dépouillement aurait sans doute mieux rendu justice aux textes.

Mathieu Lippé (Granby, 17/09)

Mélanie Boulay avait la lourde tâche de passer derrière lui, et surtout après une ovation de la salle du Palace, remplie jusqu'aux cintres en cette finale. Elle a essayé, mais je n'ai pas été franchement séduit par sa variété de qualité, qui aurait mérité un autre accompagnement que celui que lui a offert son groupe personnel. Une chanson au piano, le reste en chant guitare, c'était joli mais il a manqué une étincelle. A sa décharge, la jeune femme a le temps devant elle (elle est jeune) et une capacité à exister sur scène intéressante.

Marie-Philippe Bergeron m'a fait très bonne impression en revanche. Il y a un peu d'Alela Diane chez cette jeune femme, on ne voit qu'elle sur scène et elle prend le parti de dépouiller un peu ses chansons, et ça marche. Comme les musiciens ont seulement quinze minutes pour séduire, elle dose entre l'impertinence ("Jalouse", réussie) et tube potentiel bien troussé, adapté à l'acoustique ("Comme la roue"). C'était bien, et on sent qu'elle a réussi un petit truc, celui de rester elle-même, de jouer des titres de son album "Le Complexe du Gémeau" en tout simplicité.

Mais mon coup de coeur et mon vote sont allés à Klô Pelgag. Elle a ses musiciens, mais elle trône littéralement avec son Wurlitzer. Elle surprend (elle dit "Bonsoir Tokyo" en préambule), elle détonne avec son décalage, mais elle brille avec des chansons superbes, des arrangements de première classe (cordes, batteur inventif) et des textes affûtés. Elle ne charche pas à séduire, elle est elle et ça suffit, car elle a une maturité déjà marquante, une façon d'être qui ne trompe pas. Audacieuse, elle a remporté plusieurs prix, pas le plus gros donc, mais elle m'aura quand même fait forte impression et montré une personnalité peu commune.

Klô Pelgag (Granby, 17/09)

Après les prestations des quatre candidats, les pronostics vont bon train, mais le spectacle continue. L'Acadienne Lisa leBlanc (gagnante en 2010) joue deux titres, avec son bagout et son folk trash en bandoulière et ses bottes avec éperon aux pieds. Elle est drôle, et si on sent que ses chansons gagneraient à être interprétées en petit comité, je me dis qu'elle aurait pu rester un peu plus que ça ne m'aurait pas dérangé. Il reste encore un peu de temps pour Jimmy Hunt, que je vois donc pour la troisième fois. Rien de plus à ajouter, sauf que la grande scène n'a pas l'air de le troubler : ça tombe bien, c'est l'avenir que je lui vois.

Après une fin de soirée tranquille au bar du festival, le rideau tombe sur cette 43ème édition du festival international de la chanson de Granby. Le concours d'un beau niveau (au moins en finale) s'ajoute à une organisation bien réglée, chaleureuse et efficace. Le festival ayant couronné des talents aujourd'hui confirmés, on garde une oreille attentive aux prochaines productions musicales des chanteurs présents.

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