Benicassim - Festival 2004

25/08/2004, par Jean-Charles Dufeu | Festivals |
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 Benicassím ce n'est pas seulement le soleil et ses coups perfides, le camping semi-sauvage et ses fourmillières carnivores, la plage de sable brûlant et ses maillots de bain multicolores, la bière en litres et ses excès en tous genres... Au vu des comptes-rendus des éditions précédentes, ces paramètres là n'ont d'ailleurs pas l'air de beaucoup évoluer d'une année à l'autre et on ne pourra donc qu'inviter les lecteurs dont ils attisent la curiosité à se reporter à eux. Car, et ce bien que beaucoup de festivaliers semblent l'oublier, Benicassím c'est aussi des concerts...

Autant que possible, c'est donc un rapport de ces derniers que je tâcherai de faire ici. Ca commence donc le jeudi 4 août avec la soirée d'ouverture... Je serai bref sur celle-ci, l'ayant malheureusement manquée. Parmi les fait marquants de la soirée, notons quand même l'absence regrettable des Shins et la performance controversée de Fangoria, duo mixte d'Espagnols qui, avec son goût très assumé pour le kitsch, a suscité l'enthousiasme de la plupart et l'aversion radicale des quelques autres.

Vendredi 6 août


La première vraie soirée (avec plusieurs scènes en parallèle) a donc lieu vendredi. Après quelque virevoltages nonchalants entre la scène Fiberfib.com, où Snow Patrol s'essaie à un genre de sous-Sebadoh un peu tiède, et la Kane NYC Fib embrumée par les atmosphères typiquement post rock du Camping local, elle commence véritablement par un concert des Kings of Leon à 20 heures. Leur sympathique allure vintage et chevelue place la prestation qui va suivre sous de bons auspices. Enchaînant quelques titres phares de leur premier album, les frangins ont le mérite de s'essayer également à quelques nouvelles compositions, devant un public de toute façon conquis d'avance. Seul le bassiste ose de temps à autre quelques mouvements de hanche, les autres membres (du groupe) restent statiques. On passe certes un moment agréable, le concert est correct mais on pouvait espérer mieux. Il faudra attendre une bonne heure et demie pour l'avoir. Dans l'intervalle, les rythmes électroniques de Her Space Holiday ne retiendront pas tout à fait l'attention. Quant à la pop gentillette de Cooper, stars nationales acclamées par le public espagnol, on préférera y couper franchement. Les membres de ce groupe sont peut-être les rois de Léon, leur ville natale, ils s'imposent assez mal cependant aux oreilles du public étranger. On sera un peu plus convaincu par la présence scénique de Northern Lite, dont le chanteur a vraiment l'air de se prendre pour une incarnation grassouillette de Ian Curtis. Sa musique, dans le sillage lointain de Joy Division, est un peu moins séduisante mais se laisse volontiers écouter. Mais le concert de la soirée sera sans grande surprise celui des Tindersticks. Avec une sombre élégance, la bande enchaîne les morceaux froidement mais efficacement et, en deux ou trois chansons, fait fuir quelques espagnoles éméchées venues pour danser au premier rang. On peut regretter le ton très homogène de cette prestation, alors que les Tindersticks ont le matériel pour sortir ponctuellement de leur monochrome dépressif. On part pour la Kane NYC FIB Club, où les Einstürzende Neubauten n'ont pas encore entamé leur concert. Blixa Bargeld, en trois pièces noir, commence par avertir le public de la montée en puissance progressive de son show. Après une première chanson plutôt tranquille, ça monte vite et fort en effet. L'apocalypse industrielle prônée par ces Berlinois fait un peu peur mais ne manque pas charme. On est un peu dérouté mais c'est captivant. On ne peut évidemment pas faire ce reproche aux Pet Shop Boys (qui prennent le relais sur la grande scène) dont le chanteur est recouvert d'un grand complet blanc étincelant... J'avoue avoir du mal à faire la différence entre la prestation de ces derniers et un concert de variétés classique. Kraftwerk qui clôt la soirée, ne me séduit pas tellement plus, musicalement parlant, mais a de tout de même une prestance scénique assez originale, avec ses quatre membres en uniformes debout derrière leur ordinateur portable. Pourquoi pas ?

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