Benicassim - Festival 2004

25/08/2004, par Jean-Charles Dufeu | Festivals |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien


Samedi 7 août

Après une bande-annonce matinale réservée aux journalistes qui ont pu avoir la chance de voir répéter Clem Snide et Lou Reed, le premier objectif de la soirée était de ne pas manquer le concert des premiers à 19h40. On s'installe donc en avance pour assister à l'arrivée sur scène des Brooklynois. Armés d'une bonne dose d'humour les membres de Clem Snide tirent parti de quelques soucis techniques et conquièrent le public avec une improvisation rap plutôt drôle. Les chansons qui suivent sont beaucoup moins rap, mais interprétées avec la même élégante ironie. Eef Barzelay au micro, sorte de version lumineuse de Nick Cave, sollicite le public entre deux chansons d'une pop soyeuse plus énergique que sur album et terminera son set en faisant la roue sur scène. La prestation est un peu courte mais très agréable. On goûte un peu à celle du Teenage Fanclub, somme toute très conventionnelle, devant un public plus tout à fait adolescent qui connaît par cœur les chansons, avant de se diriger vers la Escenario Verde bien à l'heure pour Morrissey. La scène est déjà décorée d'immenses lettres lumineuses : un M, un O, deux R, etc. Malheureusement cette modeste installation à la gloire de l'Anglais mégalo ne servira à rien. On apprend, dépité, que Morrissey, prétendument suite à des problèmes d'avion, n'assurera pas son concert. Tous les fans parés pour l'occasion de T-Shirts des Smiths ou de Morrissey lui-même errent comme des âmes en peine entre les pelouses et les autres scènes. Certains d'entre eux oscillent un peu entre la Escenario Hellomoto où se trémoussent les Scissors Sisters et la Kane NYC Fib Club où Migala a l'air de se présenter comme le meilleur groupe espagnol de la programmation. C'est pourtant les gesticulations infatigables des premiers qui gagneront les faveurs du public. Il est vrai qu'avec leurs dégaines plutôt ridicules, leur musique un peu disco, très rétro, ultra-légère, leur énergie débordante, les Scissors Sisters ont de quoi consoler un public déçu. Pourtant la qualité est indéniablement du côté de Migala. Les écrans latéraux aménagés exceptionnellement en immense écrans de télé, projettent des images de films très bizarres qui s'accordent parfaitement avec la musique grave et introspective du groupe, dont le chanteur guitariste joue assis. Malgré le peu de temps qu'on leur accorde, Migala fait donc une forte impression. On s'octroie une courte pause avant ce qui risque d'être le concert de la soirée, Lou Reed sur la Escenario Verde, en ayant cette-fois ci l'assurance qu'il est déjà sur les lieux. Et il arrive en effet, derrières ses éternelles lunettes fines et rondes, avec un T-Shirt noir moulant et un pantalon qui ressemble un peu à un jogging mais bon, on lui pardonne. Alternant les titres récents issus de Set the Twillight Reeling ou Ecstasy (sont la chanson titre est un des meilleurs moments de ce concert) avec des classiques de lui-même ou du VU (Satellite of Love, Venus In Furs, Walk On The Wild Side) le vieux Lou offre une vue transversale de sa longue carrière, qu'il passe au moulinet de ce son de guitare électrique si particulier dont il a hérité il y a quelques années. Le concert est plus modeste mais bien meilleur, car plus incisif, plus direct que le récent Animal Serenade. Beaucoup plus professionnel que charismatique, le vétéran de ce festival ne sourit guère mais remplit son contrat très honorablement, et satisfait tout le monde. On quitte donc un peu à regret la Escenario Verde, mais les quelques briquets tendus et la foule qui entonne le refrain lors de Perfect Day achèvent de convaincre. On fait le bon choix de toute façon en allant voir Electrelane au premier rang. Ce concert aurait pu être une excellente surprise si seulement on avait eu moins d'attente à son égard. A défaut le concert d'Electrelane ne fut que le meilleur du festival. Les quatre Anglaises débridées bénéficient déjà de la meilleure présence physique sur scène. Elles en remettent une couche avec une parfaite alternance de morceaux, jouant des instrumentaux, issus de leur premier album, qui viennent en renfort des incontournables de leur second, et agrémentent le tout de quelques nouvelles compositions... On pourrait faire des pages d'éloges sur cette performance, la personnalité distincte de chacun de ses membres, la précision sans faille de leur jeu, l'immense qualité de leurs chansons, etc. Il est donc assez difficile de n'en faire que quelques lignes et je m'arrêterai là. Après ce concert, les sautillements de Stuart Murdoch lors du concert de Belle And Sebastian semblent malheureusement bien innocents. Notons tout de même que, soucieux de leur malheureux public, les Ecossais y vont de leur reprise (pas très bonne d'ailleurs) des Smiths avec "The Boy With The Thorn On His Side", juste avant "The Boy With The Arab Strap". Mmm...

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals