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FRANÇOIZ BREUT
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Et le fait d'être une muse, une inspiratrice pour ces auteurs, ça te fait quoi ? Jérôme Minière a été très fort, par exemple.
"La Certitude", justement, n'a pas été écrite pour moi. Elle faisait partie de son premier disque. j'ai repris cette chanson simplement en guitare-voix pour illustrer un film réalisé par des amis belges. C'est l'envie de la jouer sur scène qui m'a donné envie de l'arranger. Par contre il a écrit pour moi "La Ville allongée sur le dos".
Au départ, j'avais demandé à tout le monde d'écrire des chansons sur les villes. J'ai changé souvent d'endroit, donc ça me tenait à cur. J'aime bien les chansons sur les villes, "Ostende" de Ferré, " Bruxelles" de Dick Annegarn, "L.A. Woman" des Doors.
Tu pensais à Bruxelles en particulier ?
Non non, je voulais juste qu'il y ait un décor de planté et qu'on sente les caractéristiques d'une ville, même si le nom de la ville n'est pas dans le titre. Je voulais une sorte de fil conducteur pour l'album. Mais je n'ai pas récolté suffisamment de choses. "La Ville allongée sur le dos", on ne sait pas de quelle ville il s'agit puisqu'ils vont de ville en ville à la recherche de la ville idéale. J'adore, on a vraiment l'impression d'avancer dans cette chanson. Finalement, il n'y a que "km83" (écrite par Dominique A.) qui me fait penser à Bruxelles et la troisième, c'est "Ciudad del Mar" écrite par des Espagnols que j'ai rencontrés à Benicassim. Sinon, dans les chansons que j'avais retenues, il y en avait une super de Federico Pelegrini qui s'appellait "Quitter Bruxelles" qui changeait de mes histoires d'amours, de ruptures, que je ressasse. C'était plutôt une ambiance de polar étrange, ça parlait du Congo belge entre autre ! mais bon, ça n'a pas collé.
Et Bruxelles, c'est une ville dans laquelle tu te sens bien ? Le nord ?
L'ouest et le nord oui, ça me plait bien ! En fait, je suis un peu bloquée à Bruxelles parce que mon compagnon y travaille. Mais maintenant, je pense que je peux m'adapter à n'importe quel endroit, il faut juste un peu de temps, le temps de se faire des amis.
J'aimais beaucoup "Les Forges", que tu interprétais en live sur la dernière tournée, qui parlait de l'univers de la métallurgie du nord.
Ca me rappelait la vallée de la Meuse ou pas mal d'usines métallurgiques sont laissées à l'abandon, c'est un drôle de paysage ! C'était la seule chanson "sociale" de mon répertoire !
Tu a la réputation d'être un peu timide... C'est ce qui ressortait de tes premières interviews, on voit que tu n'étais pas a l'aise... Sur scène, on sait que tu es un peu traqueuse...
(Françoiz rigole, sachant que je fais allusion à son "trou de mémoire")...
C'est vrai qu'hier par exemple... Enfin, ça dépend des jours. Avant-hier, j'avais fait un concert où j'étais super à l'aise. J'arrivais même à dire des choses entre les morceaux ! C'est vrai que le public dans cette salle (l'Européen) est très bien installé, c'est un peu feutré, très calme, limite trop silencieux. A la limite, ça ne me dérange pas de jouer dans des bars, où les gens parlent et où, je n'ai pas l'impression d'être le centre d'intérêt. Mais là, c'est tellement calme que ça prend à la gorge. Il faut que ce soit parfait !
Quand on te voit sur scène, on imagine plutôt une copine qu'une "star" avec son coté mise en scène... C'est pareil avec Dominique A, il y a un coté très proche...
Je pense que dans le rock, c'est pas quelque chose qui se travaille. C'est plutôt dans la variété française que le discours est très calculé. Tous les soirs, ce sont les mêmes interventions qui déclenchent les même rires. Je trouve ça bien, ceux qui font rire, mais bon, ça m'intéresse pas. Je ne m'imagine pas faire des blagues entre les morceaux...
Ca ne te ressemblerait pas en plus.
Ben, non ! (rires)
Sur scène, tu reprends les Rita Mitsouko, qui étaient un peu à la croisée des chemins rock et chanson. On parle beaucoup depuis quelques années de cette "nouvelle scène française", et comme tu es signée chez Tôt ou tard, on te met un peu dans le même sac que Vincent Delerm et les autres. Pourtant tu es arrivée bien avant eux. Ca te dérange ? Ca ne me dérange pas, mais je ne me retrouve pas forcément dans ce qu'ils font. Je me sens plus proche de Dominique, bien sûr, mais aussi de Katerine, Philippe Poirier, Jerôme Minière - il y a toujours un coté très musical et un coté bidouillage chez eux que j'adore. C'est vrai que Vincent Delerm ou Jeanne Cherhal, musicalement ça reste assez minimal (je ne sais pas s'ils vont aimer que je dise ça !). Enfin, ça reste de la chanson "classique". Et je ne me retrouve pas forcément là-dedans.
Les gens qui sont venus te voir sur scène hier par exemple, ne s'attendait peut-être pas à des arrangements aussi rock...
J'écoute beaucoup de rock. Ca ne se remarque pas forcement sur le disque, mais sur scène, ça a toujours été assez soutenu. J'écoute des choses assez variées, je ne cherche pas à rentrer dans un genre.
Il y a une collaboration avec Fabio Viscogliosi qui fonctionne super bien. Je trouve, le morceau "Ultimo" magnifique...
Oui, on la joue habituellement en rappel, et à ce moment là je joue "trois notes de guitare" (voix chantante)...
Tu sais, j'ai un peu récolté les chansons pour cet album au fur et à mesure. Ca n'a jamais été des rencontres forcées. Fabio, je l'ai rencontré en Alsace, lors d'une exposition en commun où on présentait nos dessins, il y avait aussi ceux de Daniel Johnston. Fabio a fait une première partie, et je lui ai demandé une chanson, en lui disant que l'italien était une langue que j'aimerais chanter...
La musicalité de la langue italienne se prête super bien à ta voix, je trouve. J'attends un album entier en italien de toi.
Tu parles italien ?
Heu, non, qu'est ce que ça dit ?
En gros c'est... "la vie c'est comme un jeu : on a toutes les pièces dans les mains et il faut être malin pour pouvoir les utiliser correctement et en profiter"... Enfin, c'est mon interprétation. Chacun peut y voir ce qu'il veut...
Au départ je voulais reprendre une chanson italienne de Patty Pravo qui s'appelle "la Bambola", c'est la chanson qu'on entend au début du film "Respiro".
C'est un peu comme ta reprise des "Choses de la vie" (interprétée à l'origine par Romy Schneider et Michel Piccoli) sur l'album précédent.
Je n'avais pas vu le film quand j'ai entendu cette chanson. C'est Luc, mon claviériste, qui me l'avait enregistrée sur cassette (on est resté au format cassette !)..
L'ambiance globale de l'album est plus gaie... C'est ton état d'esprit d'aujourd'hui ?
C'est vrai que sur le disque précédent, je venais de quitter Dominique, et donc c'était une période difficile. La voix était assez étouffée, il y avait une espèce de tension.
Sur le disque d'avant je fumais des cigarettes moi qui ne fume pas d'habitude ! - pour avoir une espèce de grain dans la voix ! Et sur ce nouveau disque, c'est beaucoup plus ouvert. On a eu très peu de temps pour enregistrer le disque, les musiciens ne se connaissaient pas. On venait de se faire virer de la maison de disques (Lithium) peu de temps avant l'enregistrement. Olympic Disc, qui était notre tourneur, nous a repêchés, et on a quand même réussi à enregistrer ce disque.
Oui, tu parles de Lithium, qui a fait faillite... Finalement tu te retrouves sur un label qui démarre. Tu es la cinquième référence...
F.B : Oui, Olympic, c'est notre tourneur depuis dix ans. donc on les connaît bien. S'ils n'avaient pas été là, je ne me voyais pas démarcher les maisons de disques, surtout en ce moment ! Si ça se passe mal avec eux, je n'ai plus de manager, plus de tourneur et plus de maison de disques !
Ca va marcher ! (ton rassurant)... L'Européen était plein hier ! La plupart des participations à l'album sont des artistes qui font une musique assez proche de ton univers. Là où j'ai été surpris, c'est pour ta collaboration avec les Herman Düne...
Ils avaient fait une première partie, il y a cinq ans... Je suis super fan ! Olympic les faisait tourner à ce moment-là. J'admire leur façon de travailler. Eux, ils sont vraiment dans la musique, toujours dans 25 000 projets en même temps.. Moi, je ne pourrais pas me permettre de faire ça !
On te compare pas mal à Françoise Hardy, surtout à l'étranger (voir le texte de présentation sur le site de Bella Union, label anglais de Françoiz) . La reprise du "premier bonheur du jour", c'était un clin d'il ? Non, en fait je connaissais cette chanson via la reprise des Os mutantes, groupe brésilien de la fin des années 60, dont Caetano Veloso était un des chanteurs. Ce morceau, ce sont des voix féminines très particulières. Elles ont un accent très charmant, J'ai découvert seulement ensuite que c'était une reprise de Françoise Hardy. J'ai réécouté sa version, mais ça n'est pas la même chose. Donc, ça n'était pas un clin d'il, car je ne connais pas très bien Françoise Hardy, même si mes parents l'écoutaient souvent. D'ailleurs, si ça se trouve, je m'appelle Françoise parce que mon père était fan de Françoise Hardy ! (rires)
Propos recueillis par Ludochem, courtesy of Par Ici La Sortie, une émission de Radio Aligre.
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