Franz Ferdinand - Franz Ferdinand

24/03/2004, par V | Albums |
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FRANZ FERDINAND - Franz Ferdinand
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FRANZ FERDINAND - Franz FerdinandLa p ère fois qu'on a eu cet album entre les oreilles, on a ressenti le même petit frisson d'excitation et de satisfaction qu'avec "Is this It?" des Strokes. Excitation parce que ce rock-là est diablement efficace, accrocheur, séducteur. Satisfaction parce qu'ils ne courent pas les rues, finalement, les "groupes du moment" qui nous font cet effet-là. Bien sûr, on n'est pas dupe. Franz Ferdinand n'est pas le groupe du futur. Les mélodies sèches et nerveuses, habillées d'un soupçon de funk blanc, rappellent des formations défuntes (Gang of Four, Joy Division, Buzzcocks) ou nostalgiques (The Strokes). L'imagerie du groupe (clip, pochette), très réussie, s'inspire du mouvement Bauhaus, qui ne date pas d'hier. Même ce nom, Franz Ferdinand, nous plonge tout droit dans mos manuels d'histoire. Interro orale : Qui était François Ferdinand ? Réponse : c'est l'Archiduc d'Autriche qui s'est fait assassiner à Sarajevo en 1914, déclenchant, par le jeu des alliances, la première Guerre Mondiale. Nos quatre Ecossais voudraient-ils nous dire par là que leur rock vif et sombre annonce une révolution musicale à venir ? Une Blitzkrieg Bop ?remi Toujours est-il que, pour l'instant, on n'a pas encore envie d'assassiner Franz Ferdinand. "Jacqueline" s'écoute d'une traite, "Take Me Out" s'avale comme un shot et, à la même allure, les onze titres de l'album sont passés à la moulinette. Pas de chanson lente (excepté peut-être "40 ft"), question de rythme. Ici, les mélodies sont tracées au cordeau, les basses respectent la loi du nombre d'or et la voix va droit au but. De l'architecture Bauhaus, en somme. Comme dans The Strokes, un sentiment d'urgence émane de ce premier album. Info ou intox ? On ne vous cache pas qu'on se pose la question tant, du logo au son, tout paraît trop parfait, trop pensé pour être totalement spontané. Julian Casablancas, des Strokes, avait la même urgence sexy de junkie dans la voix jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que lui et sa bande ne sortaient pas du CBGB des années 1970 mais d'une des meilleures écoles pour grosses fortunes, en Suisse… Alors évidemment, on se méfie. On ne voudrait pas que Franz Ferdinand soit un de ces groupes conceptuels, qui ont trouvé un bon créneau pour attirer l'attention du public. Nous serons fixés au deuxième album. D'ici-là, longue vie à l'Archiduc.

Vincent Noyoux

Jacqueline
Tell Her Tonight
Take Me Out
Matinee
Auf Achse
Cheating On You
This Fire
Darts Of Pleasure
Michael
So Come On Home
40 ft

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