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french cowboy - interview - POPNEWS Mars 2008

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FRENCH COWBOY

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On imaginait quelqu'un de très remonté, à l'époque.
F.P. - A mon avis, rétrospectivement, maintenant, je sais pourquoi j’ai arrêté le groupe. Mine de rien, on était des caractères vachement forts. Et au bout d'un moment, chacun avait son idée de ce à quoi pourrait ressembler le prochain album des Rabbits. Moi, j'avais quitté le leadership du groupe depuis au moins deux disques, et je me souviens de réunions ou quand tu essayais de dire aux autres : "Je comprends ce que toi, tu dis, j'comprends ce que toi, tu dis", ça finissait en pugilat !
C'était aussi une grosse maison de disques, avec la fatigue d’être encore artiste en développement au bout de 15 ans. C'est cet espèce de mélange de plein de choses qui nous a usés. J'avais du mal à voir un avenir possible, un avenir "jouissif" en musique. Je perdais beaucoup de motivation, en fait. La musique devenait moins marrante tout à coup.

French Cowboy

Même s'il y a eu des désaccords musicaux, vous êtes restés très amis, puisque vous avez fini par vous retrouver.
F.P. - C'est à partir de cette musique-là qu'on s'est tous retrouvés. Et puis, on est un peu le noyau du départ aussi. Ça a sûrement été comme une renaissance du groupe.

Vous aviez fait une compil qui s'appelait "Radio", c’est important pour vous de passer à la radio ?
F.P. - C'est un des modes de diffusion, donc oui, c'est important de passer à la radio.

Pourtant dans le dossier de presse, vous dites ne plus vouloir chercher à passer en radio.
F.P. - Ben disons qu'on ne veut plus faire de plan sur la comète. Aujourd'hui ce que je défends, c'est l'honnêteté de ma musique. Après, la décision de passer en radio, ça ne t'appartient pas.

Musicalement, tu penses avoir subi des influences, de la part des maisons de disques ou des gens autour de toi, qui, rétrospectivement, n'étaient pas si bonnes que ça?
F.P. - Oh, disons... Les mauvaises idées de vouloir faire péter le remix pour qu'un titre passe en radio ! "Une belle fille comme toi", "La Grande Musique", par exemple : les meilleures versions étaient les nôtres. Parce que finalement, c'est de la musique indépendante et peut-être qu’elle a plus de gueule comme ça !

Si c'était un truc arrangé par la maison de disques, il n'y avait pas d'enthousiasme partagé de la part du remixeur, qui vient toucher son cachet.
F.P. - Parfois on ne connaissait même pas le type qui remixait. Une fois, je me pointe au studio. Le type, qui était plein de bonne volonté, me sort : "J'ai supprimé le deuxième couplet" !! Ça supprimait toute la progression, il manquait toute une facette !! Moi, je pouvais pas rechanter le morceau en zappant tout un truc, il aurait fallu que je réécrive quelque chose !
C'était tout faux !!

Gaëtan, à quel moment tu a senti que le travail vidéo que tu a commencé au sein des Rabbits devenait sérieux ?
Gaëtan Châtaigner - Dominique A. m'a appelé pour filmer son concert aux Bouffes du Nord avec une vraie équipe, cette fois, des cadreurs, etc. Mais je ne cherche pas de plan, spécialement.

Très difficile de rendre l'atmosphère d’un concert solo...
G.C. - Les captations live, même d'artistes qu'on adore, souvent, c'est chiant. En fait, je pars du principe qu'on ne peut pas rendre l'émotion de l'instant vécu le soir du concert et que par conséquent, il faut en faire autre chose, avoir un point de vue. Je travaille beaucoup sur le clair-obscur, sur les détails aussi, j'adore.

Ah oui, les gros plans sur la sueur !
G.C. - Oui, ça permet de rentrer dans le personnage...

Peut-être par ricochet, tu as fait Cali. C'est lui qui t'a demandé ?
G.C. - Oui !

"La vie ne suffit pas" est un excellent DVD, bien plus d’une captation de concert. J'aurais bien vu Lennon faire des trucs comme ça dans les années 70. On sent la culture des vieux films expérimentaux.
G.C. - C'est un peu ma culture ciné. J'adore toutes les expérimentations qui ont été faites, le mouvement Fluxus, les "cut" surprenants.

C'est toi qui as eu les idées, ou il y a eu concertation avec Cali ?
G.C. - J'aurais du mal à réaliser l'idée de quelqu’un, donc, non. J'ai accepté le projet à partir du moment où Cali m'a donné entière carte blanche. J'ai aussi réalisé le nouveau DVD de la tournée de Katerine. On a essayé de sortir des sempiternelles scènes de tour en bus, etc. C’est 18 mois de la vie d'un groupe en tournée.

[suite]