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FRENCH
COWBOY
[page précédente]
On
imaginait quelqu'un de très remonté, à
l'époque.
F.P. - A mon avis, rétrospectivement, maintenant,
je sais pourquoi j’ai arrêté le groupe.
Mine de rien, on était des caractères vachement
forts. Et au bout d'un moment, chacun avait son idée
de ce à quoi pourrait ressembler le prochain album
des Rabbits. Moi, j'avais quitté le leadership du
groupe depuis au moins deux disques, et je me souviens de
réunions ou quand tu essayais de dire aux autres
: "Je comprends ce que toi, tu dis, j'comprends ce
que toi, tu dis", ça finissait en pugilat !
C'était aussi une grosse maison de disques, avec
la fatigue d’être encore artiste en développement
au bout de 15 ans. C'est cet espèce de mélange
de plein de choses qui nous a usés. J'avais du mal
à voir un avenir possible, un avenir "jouissif"
en musique. Je perdais beaucoup de motivation, en fait.
La musique devenait moins marrante tout à coup.

Même
s'il y a eu des désaccords musicaux, vous êtes
restés très amis, puisque vous avez fini par
vous retrouver.
F.P. - C'est à partir de cette musique-là
qu'on s'est tous retrouvés. Et puis, on est un peu
le noyau du départ aussi. Ça a sûrement
été comme une renaissance du groupe.
Vous
aviez fait une compil qui s'appelait "Radio",
c’est important pour vous de passer à la radio
?
F.P. - C'est un des modes de diffusion, donc oui, c'est
important de passer à la radio.
Pourtant
dans le dossier de presse, vous dites ne plus vouloir chercher
à passer en radio.
F.P. - Ben disons qu'on ne veut plus faire de plan sur la
comète. Aujourd'hui ce que je défends, c'est
l'honnêteté de ma musique. Après, la
décision de passer en radio, ça ne t'appartient
pas.
Musicalement,
tu penses avoir subi des influences, de la part des maisons
de disques ou des gens autour de toi, qui, rétrospectivement,
n'étaient pas si bonnes que ça?
F.P. - Oh, disons... Les mauvaises idées de vouloir
faire péter le remix pour qu'un titre passe en radio
! "Une belle fille comme toi", "La Grande
Musique", par exemple : les meilleures versions étaient
les nôtres. Parce que finalement, c'est de la musique
indépendante et peut-être qu’elle a plus
de gueule comme ça !
Si c'était un truc arrangé par la
maison de disques, il n'y avait pas d'enthousiasme partagé
de la part du remixeur, qui vient toucher son cachet.
F.P. - Parfois on ne connaissait même pas le type
qui remixait. Une fois, je me pointe au studio. Le type,
qui était plein de bonne volonté, me sort
: "J'ai supprimé le deuxième couplet"
!! Ça supprimait toute la progression, il manquait
toute une facette !! Moi, je pouvais pas rechanter le morceau
en zappant tout un truc, il aurait fallu que je réécrive
quelque chose !
C'était tout faux !!
Gaëtan,
à quel moment tu a senti que le travail vidéo
que tu a commencé au sein des Rabbits devenait sérieux
?
Gaëtan Châtaigner - Dominique A. m'a appelé
pour filmer son concert aux Bouffes du Nord avec une vraie
équipe, cette fois, des cadreurs, etc. Mais je ne
cherche pas de plan, spécialement.
Très difficile de rendre l'atmosphère
d’un concert solo...
G.C. - Les captations live, même d'artistes qu'on
adore, souvent, c'est chiant. En fait, je pars du principe
qu'on ne peut pas rendre l'émotion de l'instant vécu
le soir du concert et que par conséquent, il faut
en faire autre chose, avoir un point de vue. Je travaille
beaucoup sur le clair-obscur, sur les détails aussi,
j'adore.
Ah
oui, les gros plans sur la sueur !
G.C. - Oui, ça permet de rentrer dans le personnage...
Peut-être
par ricochet, tu as fait Cali. C'est lui qui t'a demandé
?
G.C. - Oui !
"La vie ne suffit pas" est un excellent
DVD, bien plus d’une captation de concert. J'aurais
bien vu Lennon faire des trucs comme ça dans les
années 70. On sent la culture des vieux films expérimentaux.
G.C. - C'est un peu ma culture ciné. J'adore toutes
les expérimentations qui ont été faites,
le mouvement Fluxus, les "cut" surprenants.
C'est
toi qui as eu les idées, ou il y a eu concertation
avec Cali ?
G.C. - J'aurais du mal à réaliser l'idée
de quelqu’un, donc, non. J'ai accepté le projet
à partir du moment où Cali m'a donné
entière carte blanche. J'ai aussi réalisé
le nouveau DVD de la tournée de Katerine. On a essayé
de sortir des sempiternelles scènes de tour en bus,
etc. C’est 18 mois de la vie d'un groupe en tournée.
[suite]
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