Gallon Drunk=rock'n'roll

30/10/2007, par | Concerts |
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J'ai vu pour la première fois Gallon Drunk sur scène à Lyon, en première partie de PJ Harvey à l'époque de son deuxième album - ce devait donc être en 93 ou 94. Je garde un souvenir étonnamment vif de ce bref concert, de l'allure limite patibulaire du groupe, de ce musicien clope au bec qui jouait uniquement des maracas, et de ce moment ou le chanteur James Johnston, passant des claviers à la guitare, laissa tomber son médiator et rata quelques accords, ajoutant encore au chaos ambiant. Depuis, j'avais manqué tous les passages du groupe, à Lyon ou Paris, comme un acte manqué à répétition, justement - comme si je craignais de ne pas retrouver ces impressions inaugurales. Et puis hier, je suis finalement allé à la Maroquinerie, sous le prétexte de boire quelques bières avec un ami qui avait pris sa place des mois à l'avance (précaution inutile puisque nous ne devions être qu'une centaine, soit quand même beaucoup plus que l'année dernière au Nouveau Casino, selon un témoin). Autant dire que je me suis (re)pris une sacrée claque. Apparus en Grande-Bretagne trop tôt pour le "retour du rock", dans une période de transition entre les groupes qui jouaient en regardant leurs chaussures et les chanteurs qui restaient accrochés à leur pied de micro (façon Liam Gallagher), les Gallon Drunk faisaient franchement tache avec leurs chemises vintage et leurs prestations sauvages - Jon Spencer allait bientôt reprendre le flambeau. A défaut d'avoir toujours de grandes chansons (quoique certains albums se réécoutent très bien aujourd'hui), les Londoniens avaient un look, un son, une attitude. Et ça n'a pas changé, même si la formation a été quelque peu remaniée, une nouvelle section rythmique ayant rejoint Johnston (l'un des rares musiciens capables de jouer de la guitare tout en tenant son micro à la main !) et le saxophoniste Terry Edwards (qui a souvent accompagné les Tindersticks à la trompette). Johnston, qu'on a aperçu ces dernières années avec Nick Cave et Mick Harvey ou dans "Clean" d'Olivier Assayas, reste une bête de scène comme on en voit peu, et les trois autres assurent méchamment. Les gommeux en jean slim et perf soigneusement râpé peuvent aller se rhabiller fissa : il n'y a bien que dans leurs rêves qu'ils pourront approcher l'intensité, la furie, l'énergie primitive de "Some Fool's Mess", conclusion d'un très grand concert de (vrai) rock'n'roll.

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