General Bye Bye - Interview

07/06/2010, par David Dufeu | Interviews |
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On sent sur chaque morceau de votre album "Girouette" une volonté de faire rentrer beaucoup d'instruments, de mélodies, de pistes de sons. N'est-ce pas difficile de gérer ce foisonnement ? Comment arrivez-vous à conserver de l'unité ?
GBB : Cela a longtemps été un problème à vrai dire... On a épuré depuis. Et l'avenir s'annonce moins grandiloquent. Plus percutant, plus direct. Même s'il n'est pas exclu qu'il y ait des cordes !
Etienne: C'est une très bonne question. La guerre foisonnement/épure est l'essence de GBB, c'est dans cette contradiction que l'on trouve des idées, des chemins de traverse. C'est en étant confronté au trop plein que l'on prend des décisions. J'ai toujours l'impression que les autres groupes travaillent beaucoup plus de manière instinctive, du genre "one shot", mais peut-être que je me trompe.

Qu'est-ce qui, pour vous, définit la musique de General Bye Bye ?
GBB : L'accordage de guitare qui me procure un "sustain" important, les arrangements de claviers, le mélange des timbres, le chant entrecroisé entre Jana et moi, et enfin le jeu de batterie d'Etienne assez atypique. C'est d'ailleurs souvent lui qui a le plus de succès à la fin des concerts !

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Votre goût pour une certaine dissonance semble hérité de l'indie rock new-yorkais des années 80 ou 90. Est-ce une époque de référence pour vous ? Blonde Redhead semble être une référence récurrente - de la même façon, ce groupe est-il un repère important ?
GBB : Blonde Redhead est un groupe que l'on aime bien (en excluant l'album "23"...) mais rien d'autre, certainement pas un repère. En revanche pour parler d'un groupe de NYC, je suis très fan de "Drums Not Dead" des Liars. En même temps j'ai pas mal réécouté Sonic Youth ces derniers temps et il y a déjà tout dans un album comme "Confusion Is Sex". Enfin les 80/90 sont évidemment une période importante. On a eu un foisonnement important à ce moment-là !

J'ai eu quelques très bons échos de vos performances live. General Bye Bye se destine-t-il à être un groupe avant tout scénique ?
GBB : On a autant envie de faire de la scène que de faire des disques. Dans les deux cas, on a beaucoup de travail à accomplir pour progresser. On veut pousser beaucoup plus loin notre travail sur le son et nos live.
Etienne: Au tout début GBB était un groupe de ciseaux et de colle assis à un bureau. Et plus ça va, plus on joue. Mais ça ne veut pas dire que le studio ne nous intéresse pas. L'enregistrement est une activité passionnante et on aime tous ça. Ce qui serait bien à l'avenir, c'est d'enregistrer notre jeu...
Philippe : GBB devrait par ailleurs participer à un spectacle de danse dans lequel l'électricité est alimentée par des vélos d'une compagnie américaine qui s'appelle Miro Dance Theatre. J'ai envie qu'on investisse d'autres champs aussi !
Emmanuel : Notre but est que nos prochains enregistrements soient le plus proche possible de nos live, pour le meilleur comme pour le pire.

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Peux-tu dire d'où vient ta passion pour la harpe finlandaise, Philippe ? Et le bugle pour Etienne ?
Philippe : J'ai fait des études de langues scandinaves et un jour, comme ça, alors que j'étais dans une médiathèque de Paris (François Villon pour être précis) j'ai pris des disques de musiques traditionnelles finlandaises, suédoises et norvégiennes. Et je suis par miracle tombé sur une version du titre "Pari Intervallo" d'Arvo Pärt, adapté pour deux kantélés de concert (il y a différents types de kantélés...) et immédiatement j'ai su que c'était l'instrument de ma vie. C'est un instrument qui a une fréquence dans les hauts médiums d'une infinie beauté. Le son est long, cristallin, chaud. C'est presque de la foi en barre ! J'espère avoir assez d'argent un jour pour passer au kantélé.
Etienne - Moi je suis guitariste à la base et la guitare est un instrument harmonique et rythmique que j'aime à la folie, mais auquel il manque la dimension du souffle et de la voix. C'est en écoutant Chet Baker (rien de très original me direz vous, mais Chet Baker n'est pas Chet Baker pour rien...) et sa sonorité feutrée que je me suis dit que je voulais produire ce son. Le bugle est une trompette nounours. Avec le bugle on a la simplicité de la trompette (un tube et trois pistons) et la rondeur, la douceur d'une clarinette ou d'un nounours... Chet Baker lui, a ce son avec la trompette, mais il est très fort.

 

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