Goldfrapp - Seventh Tree

14/03/2008, par Gabriel Marian | Albums |
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GOLDFRAPP - Seventh Tree
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GOLDFRAPP - Seventh TreeGoldfrapp - le groupe qui surgit toujours là où on ne l'attend pas, au risque de produire des surprises moins agréables. Goldfrapp - trois disques qu'on ne sait déjà plus dans quel rayon ranger : le premier, "Felt Mountain" (2000) les faisait monter droit au classement stratosphérique des albums éternels et parfaits, dans la lignée de Portishead ou Cocteau Twins. Mais, alors qu'on flottait encore dans ses nuages rose-acide en Cinemascope™, sort "Black Cherry" (2003), réincarnation d'un esprit "eighties-revival" dans un corps de Terminator 3. Sinistrés, les fans de la première heure se débrouillent comme ils peuvent en sniffant çà et là de vagues traces de la tendresse initiale. Ceux qui venaient juste de découvrir l'electro-diva Alison Goldfrapp allaient ainsi l'apprécier pour d'autres raisons sur le troisième album, le disco-mutant "Supernature" (2005), avec ses arrangements passés à nouveau par le laboratoire de Will Gregory, mais qui semblait enterrer pour de bon la première impression (une illusion ?). Et juste au moment où on s'était résignés au fait que "Felt Mountain" resterait unique en son genre, sort ce "Seventh Tree", avec sa vidéo enfantine pour un premier single déjà addictif : "A&E". Sceptique, on écoute les autres morceaux, et on a du mal à le croire : timide, comme dans un film décoloré, la magie renaît, et l'entrée - "Clowns" - est pleine de toute la beauté du monde. Désormais, après un nouveau changement de trajectoire, le style rappelle les années 70, son folk et ses guirlandes de fleurs compris. Si en 2000 l'inspiration cinématographique renvoyait à Ennio Morricone, maintenant elle se fait plus discrète, même si la pochette imite une affiche de film dans les moindres détails - lettres, éclairage, couleurs. Et "Cologne Cerrone Houdini" commence comme une Dalida clonée, numérisée et hybridée avec Amanda Lear. De toute façon, Alison nous rappelle qu'elle a une voix monstrueusement belle, digne du panthéon des vraies déesses. Une voix dont elle se sert avec la même (auto)ironie pour laquelle on l'admirait dès le début, sur des paroles qui ressemblent parfois à des roucoulements. On a ici un album sur lequel je n'arrive pas à trouver de faille - serait-ce un candidat pour le top 2008 ? C'est peut-être mieux qu'après le début ils n'aient pas continué tout de suite dans la même veine, le risque de décevoir était trop grand. Alors que maintenant, après ce qui semble une parenthèse (l'est-elle?) "Clowns" pourra nous hanter toute l'année, sinon pour toujours. Ou, selon les paroles d'un autre morceau : "Some people kill for less" - il y en a qui seraient capables de tuer pour moins.

Gabriel Marian

A lire également, sur Goldfrapp :
la chronique de "Supernature" (2005)
Clowns
Little Bird
Happiness
Road to Somewhere
Eat Yourself
Some People
A&E
Cologne Cerrone Houdini
Caravan Girl
Monster Love


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