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GRAVENHURST - Bruges, Cactus Maz, Le 26 Février 2006

On était en droit de se demander, avant ce concert, si Nick Talbot et ses deux musiciens (basse+batterie) réussiraient à garder les mêmes émotions qu'auparavant, malgré un dernier album plus accessible et plus rock, mais sans doute également moins profond et moins touchant.
La réponse ne tarda pas à arriver et se révéla plus que positive. En ouvrant le bal avec "Down River" et le single "Velvet Cell", Gravenhurst parvient à atteindre instantanément une intensité fascinante. Jouissant d'un son d'une pureté remarquable (je ne peux que vous conseiller cette salle irréprochable) et d'une puissance portée par une guitare tranchante et un batteur déchaîné, les trois Anglais nous conduisent d'emblée dans une autre dimension que celle découverte sur l'album.
Le groupe va ainsi reprendre de nombreux titres de "Fires in Distant Buildings" ("Animals", "Cities Beneath the Sea", etc) et de "Flashlight Season" ("Tunnels", "Blubeard", "The Diver", etc), tout en ajoutant régulièrement en fin de morceau cette intensité rythmique vers laquelle Gravenhurst a, semble-t-il, choisi de se tourner aujourd'hui. Mais le plus frappant reste la présence de Nick Talbot. Ce dernier n'a rien d'une rock star (ressemblant plutôt au garçon joufflu à lunettes qui était premier de votre classe de cinquième) mais il dégage un charisme remarquable. Sa voix déjà sublime en studio ne faillira jamais, bien au contraire. On ne le quitte alors plus des yeux et on se laisse emporter avec lui, notamment sur une magnifique version de "Black Holes in the Sand".
Le rappel nous offrira ensuite un Nick Talbot, seul à la guitare, poignant, totalement habité par sa musique mélancolique, pour reprendre peut être trois des plus beaux titres de la soirée : "Damage II", "Still Water" et surtout "Diane". Déchirant, le songwriter a sûrement alors touché un certain état de grâce. Et lorsque le groupe entre à nouveau sur scène pour jouer un morceau instrumental inédit et "Song for Under the Arches" (tous les deux non prévus à l'origine), cela ne nous semblera qu'anecdotique. On mettra alors de longues minutes avant de redescendre sur terre, suite à ce quart d'heure magique passé en orbite, seuls en compagnie de Nick.

Julien Collinet