Grizzly Bear - Yellow House

04/09/2006, par Aurélien Gaidamour | Albums |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

GRIZZLY BEAR - Yellow House
(Warp / PIAS) [site] - acheter ce disque

GRIZZLY BEAR - Yellow HousePour leur second album, les membres de Grizzly Bear ont fait les choses en grand. Plus ambitieux et exigeant que jamais (et refusant toujours la grandiloquence), le groupe a repoussé très loin les limites de son art.
À chaque écoute, "Yellow House" déploie de nouvelles richesses ; on jurerait que le disque, fascinant et complexe sous ses apparences limpides, est hanté. Car comment expliquer autrement l'enchantement qu'il produit ? Le groupe s'est retiré dans la maison (jaune) de la mère du chanteur Edward Droste pour enregistrer - et en a profité, manifestement, pour explorer le grenier et ouvrir la malle à souvenirs, libérant les fantômes qu'elle renfermait.
Les lignes mélodiques des guitares acoustiques et des banjos sont plus pures les unes que les autres ("Little Brother", "On a Neck, On a Spit") ; les choeurs rivalisent de grâce ("Knife", "Lullabye"), tandis que la batterie, particulièrement inventive, ne se contente pas d'une fonction strictement rythmique, mais rend plus chatoyante la texture quasi organique des compositions ("Knife"). Chacun des onze titres de l'album surprend à sa façon : les morceaux sont capables de prendre sans prévenir une ampleur stupéfiante ("Central and Remote") ou de s'éclairer subitement sous le coup d'éclaircies magnifiques (le lumineux "Easier"). Les constructions graciles de Grizzly Bear s'éloignent souvent des canons folk et pop, sans pour autant chercher à égarer l'auditeur ; les structures, étonnantes et sinueuses, dévoilent par leur caractère oblique les multiples facettes d'une musique sans cesse en mouvement ("Colorado"). Les morceaux semblent traversés par des sortes de "glissements de terrain" laissant soudainement affleurer des gisements de pierres précieuses ou de métaux scintillants ("Plans"). Enfin, les arrangements sont d'un raffinement rare : "Marla", valse obsédante et délicate (écrite dans les années trente par une tante de Droste), se retrouve ainsi, grâce à des cordes rêveuses, joliment nimbée de mystère.
"Yellow House" est un disque vraiment marquant - une réussite étourdissante.

Aurélien Gaidamour

Easier
Lullabye
Knife
Central and Remote
Little Brother
Plans
Marla
On a Neck, On a Spit
Reprise
Colorado

Acheter sur Amazon Écouter sur Spotify


les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals
»» toutes les interviews