H-Burns - Track by Track

16/12/2009, par Silvio Lung | Track by track |
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H-BURNS

We Go Way Back

On a voulu ici mettre un morceau d'ouverture qui tranche un peu avec le disque précédent. Pas de guitare acoustique.
La batterie surmixée qui ne part jamais vraiment. Je me souviens à ce moment-là avoir beaucoup pensé à un morceau de Sebadoh, "Truly Great Thing" sur "III".
Les 90's sont une obsession récurrente dans ce disque. Côté paroles, ce titre qui donne le concept fil rouge à l'album, parle d'une rencontre foudroyante avec quelqu'un qu'on croit avoir toujours connu.
"We go way back", ça veut dire en gros "nous deux ça remonte à bien loin". J'aime bien cette idée.

Fires in Empty Buildings

Morceau un peu ambitieux dans son instrumentalisation, car comportant un solo de scie musicale. Les acoustiques sont saturées, les voix doublées dans des amplis guitares. Enfin on a tenté de se réaproprier un peu de l'esprit bordélique du doc sur l'enregistrement de "Clouds Taste Metallic" des Flaming Lips, où on les voit faire les prises voix doublées dans les chiottes avec des micros basiques.
Le titre a également un concept emprunté à Louise Bourgeois, avec sa Femme-Maison. Je compare la fille dont je parle à une ville complexe, dure à saisir avec des quartiers bien éclairés, d'autres plus sombres. Il est à la fois question de New York et de Grenoble. C'est un peu aussi un appel à la passion sauvage, opposée naivement au quotidien transparent.

A Part of the Film

Prolongement du concept femme/ville précédémment évoqué ; ici, je suis dans la comparaison précise avec New York City.
J'ai été bien marqué par mes concerts là-bas l'an dernier, et forcément fasciné par le bordel ambiant mais aussi organisé qui règne dans la ville. L'idée est donc être irrésistiblement attiré par quelque chose dont on sait que pour l'atteindre, ça ne se fera pas sans heurts.
L'intro avec le magnétophone à bande qui foire, c'était un accident lors des démos, qu'on a gardé tel quel.

Half a Man/Half a Freak

Ici, on a clairement voulu faire un clin d'oeil à nos influences Dinosaur Jr. Le riff de gratte, chose qui pour moi était un concept oublié, est volontairement trop fort, joué sur une Jazzmaster dans un Marshall à bout.
La fin du titre est enregistrée dans un couloir, sans aucun branchement. J'aime l'idée d'un titre produit, mais bricolé à la fois.
Il y a ici une volonté de changement musical, mais aussi de changement tout court dans le texte. De sortir d'une condition cachée, inavouable, pour se sentir entier.
C'est aussi la première fois je crois, qu'on a un titre de 2'30.

Are You Scared of the Dawn?

L'instrumentation est ici plus proche du précédent disque, piano, pedal steel, etc. On a voulu épurer ce titre, qui est une référence directement autobiographique à une après-midi bien précise, et à l'innocence des débuts d'une relation.
Pour ça la scène se déroule dans un lieu précis, près de ma ville d'origine, où les jeunes du coin vont se saouler sans penser à l'avenir.

So Long Dying Cities

Ce titre, à l'origine, était une chanson entière ; on en a fait une version lo-fi d'une minute trente - type interlude.
Ce morceau marque la moitié du disque, et la volonté radicale de changement y est affirmée. Et sur le vinyle, c'est accessoirement le titre du changement de face.
On a gardé la version démo enregistrée à la maison au Revox à bandes, pour conserver un esprit un peu Guided by voices ou Daniel Johnston. J'ai une vraie fascination pour ces enregistrements et cette époque que je trouve terriblement riche en songwriting et pour la contre-culture en général.
Il est ici question d'un tournant important dont on sait qu'en le refusant, on serait irrémédiablement entraîné vers la chute.

I Can Haunt You

Probablement le morceau le plus autobiographique et personnel du disque. Je parle d'un endroit où je ne suis pas censé aller, que je ne suis pas censé connaître, mais là encore, c'est comme si ce lieu avait toujours été connu. Il a été aussi inspiré par de la matière photographique, en collaboration avec la personne dont il est beaucoup question dans ces lignes et dans ce disque.
Le titre est en trois parties distinctes, l'avant, le pendant, et l'après.
Je suis particulièrement content de la prise banjo/mandoline, qui donne au morceau l'idée d'un truc qui se perpétue et tourne toujours et toujours.

Lonely Nights on Queen St.

Morceau qui se passe dans la ville de Toronto, chanté en duo avec Tony Dekker de Great Lake Swimmers. Je lui ai proposé cette collaboration alors qu'ils enregistraient leur dernier album, "Lost Channels", il a écouté et validé tout de suite l'idée. Il nous a envoyé sa prise voix la veille d'attaquer le mixage du disque, et j'ai été particulièrement touché par son interprétation. C'est un drôle de truc d'entendre son texte chanté par quelqu'un dont on écoute régulièrement les disques. Cette ville est terriblement inspirante.

Images Are Getting Hard to See

Le seul guitare/voix de l'album,comme un léger clin d'oeil à mon premier album, purement solo. Le titre est dépouillé au maximum, on y entend les bruits de la pièce ; ce dépouillement est volontaire pour illustrer le texte. Il est placé là pour trancher avec le morceau qui suit.

Melting Point

Peut-être mon titre préféré du disque. Les pistes de guitares y sont bien nombreuses, le texte est assez fleuve, et l'instrumentation se réclame un peu de Pavement dans l'esprit.
Le point de fonte est là pour célébrer l'idée d'aller à la limite de la passion, de chercher des états "frontières", plutôt que de sombrer dans un schéma de vie routinier et tout tracé.

I Can't Kill the World

le titre est inspiré du très bon film "La Nuit du chasseur". Le morceau a une ambiance plutôt orageuse, avec de l'orgue Hammond, de la scie et beaucoup de bruits d'ambiance grinçants qu'on a tous enregistrés dans une pièce en live.
Il est ici question de faire rentrer un peu de violence et de malsain dans sa vie, de se foutre de l'opinion des autres, de ce qui est bien ou pas aux yeux de la communauté bien pensante.
Ne pas refuser ce qui tient de l'instinct et de la pulsion.
C'est peut-être un peu sombre pour une fin de disque. C'est selon.

Propos recueillis par Silvio Lung

A lire également, sur H-Burns :
la chronique de "How Strange It Is To Be Anything At All" (2008)


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