The Hellfire Sermons - Hymns: Ancient and Modern

29/10/2003, par | Albums |
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HELLFIRE SERMONS - Hymns: Ancient and Modern
(Bus Stop) -[site]

HELLFIRE SERMONS - Hymns: Ancient and ModernDes formations plus douées pour le sprint que pour la course de fond, on dit souvent qu'elles sont des "groupes à singles". Les Hellfire Sermons furent assurément un groupe à singles, mais par défaut : en six ans d'existence discographique (1988-1993), ces quatre petits gars de Liverpool n'auront jamais réussi à sortir un album. On ne sait quelle obscure malédiction a poursuivi ces Sermons du Feu de l'Enfer ; la rareté de leur œuvre explique en tout cas qu'à part quelques spécialistes - on se souvient notamment d'un article élogieux paru il y a une dizaine d'années dans Les Inrockuptibles, alors encore mensuel -, quasiment personne en France n'ait entendu leurs merveilleux 45-tours, parus sur divers petits labels indépendants. En Angleterre, ce ne fut guère mieux, même si le groupe compta apparemment parmi ses quelques fans un membre des Manic Street Preachers - pas de pot, c'était Richey, celui dont on n'a retrouvé que la voiture.
On ne saura donc assez remercier le label américain Bus Stop pour cette compilation au titre pas si ironique que cela : les chansons rassemblées ici, que presque personne n'aura entendues à l'époque, avaient tout pour devenir des hymnes indie-pop. Rien à jeter dans ces dix-neuf titres - l'intégralité des singles et une poignée d'inédits -, dont certains semblent repiqués directement des vinyles (masters perdus ?). A quelques années près, les HFS auraient pu se retrouver sur la compile "C 86" du NME, qui révéla McCarthy, les Pastels, Primal Scream, le Wedding Present et une poignée d'autres bien oubliés aujourd'hui. Amateurisme revendiqué, sens mélodique, intensité anguleuse héritée du post-punk, jangly guitars et son riquiqui, le groupe apparaît comme un parangon d'un certain rock anglais de la fin des années 80.
Comme leurs contemporains Wolfhounds, le groupe évoluera vers une (relative) radicalité sonore descendant en droite ligne des Pixies et d'autres groupes de Boston. Le morceau "Sarrasine" n'est d'ailleurs pas sans rappeler "Caribou"… Des goûts et influences dont on ne peut pas dire que le groupe les cache : les photos du livret montrent des pochettes de disques étalées, parmi lesquelles, justement, les Wolfhounds, Pixies, Breeders et Throwing Muses, mais aussi James, les Go-Betweens, The Fall, Flaming Lips, Delgados et Grandaddy. Ce juste retour à l'envoyeur ne doit pourtant pas faire croire que les HFS (qui ont recommencé à répéter à leurs heures de loisir) n'étaient que de pâles copieurs. Voilà un disque a priori destiné aux seuls nostalgiques de l'indie-rock anglais à guitare(s), et qu'on a finalement envie de recommander à tous ceux pour qui la musique, indifféremment du genre, est une affaire vitale.

Vincent

Freak Storm
Rachel Clean
H.O.N.E.Y.M.O.O.N.
Quicksand
Penny-Pinching Cathy
Blows Rain Down
Gentleman Caller
The Best Laugh I Ever Had
Not Nailed Down
Covered in Love
Sacred Skin
Callaghan
Sarasine
No Hands
Lovespoons
Bill and Sarah
Him Again
Two Faces
Real Life Seams

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