Hjaltalín - Terminal

16/09/2010, par David Vertessen | Albums |
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HJALTALÍN - Terminal
(Borgin / Discograph) [site] - acheter ce disque

HJALTALÍN - TerminalJ'ai autant de mal à prononcer le nom du groupe que de parler de sa musique. J'ai juste envie de dire waw : trois petites lettres qui résument, sans ambages, mieux que n'importe quelles autres, le sentiment qui m'habite au contact du son magmatique de ce collectif islandais peu commun. Mais c'est un peu court en terme d'argument, j'en conviens. Atemporels, les Hjaltalín surfent sur des courants de lave épars qui - au "Terminal" - se rejoignent en un centre névralgique pour former une structure tout aussi polymorphe qu'insécable. Autant de jolis visages auréolés par une seule âme, ça fait rêver : à travers le prisme Hjaltalínien, on perçoit le génie symphonique de Sufjan Stevens, le lyrisme décontracté du crooner Neil Hannon (The Divine Comedy) jouant à saute-mouton avec la voix de fausset des Bee Gees, le kitsch bien pesé d'Abba, et bien d'autres choses encore ; ajoutez à cela le plaisir palpable des musiciens qui fusionnent, sans forcer, leur talent, et vous aurez aisément compris que l'on est en présence de l'une des plus grandes sorties 2010 - à tout le moins !

Primesautier à souhait, "Terminal" sonne comme une première plaque, tellement, en son sein, s'entrechoquent fraîcheur et inspiration des débuts. Pourtant, c'est le successeur du déjà remarqué et remarquable "Sleepdrunk Seasons". Fort heureusement, les saisons n'ont pas fait mollir les ondes sismiques dégagées par ces geysers bouillonnants, et, pour autant, aucune odeur de soufre n'est à déplorer.

Toujours mené aussi subtilement par le couple vocal Högni Egilsson (le lead-crooner)/Sigríður Thorlacius (la cantatrice), le combo est même passé à la vitesse supérieure et s'aventure avec audace, au gré de ses pérégrinations, au son du violoncelle, de la guitare, de la clarinette, des cuivres, du piano et du basson, toujours plus loin dans les digressions pop ; moult registres sont - donc - explorés : de la disco délurée ("7 Years", "Water Poured in Wine"), à la comédie musicale de haut vol ("Montabone", "Vanity Music"), le tout servi par des arrangements somptueux et taillés sur mesure. Au final, Hjaltalín fait de chaque tableau - qu'il soit grave ("Song From Incidental Music") ou léger ("Stay by You") - si pas systématiquement un chef-d'oeuvre, à tout le moins une pièce digne d'intérêt.

David Vertessen

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A lire également, sur Hjaltalín :
la chronique de "Sleepdrunk Seasons" (2009)

Suitcase Man
Sweet Impressions
Feels Like Sugar
Song From Incidental Music
Montabone
Stay by You
Hooked on Chili
Sonnet for Matt
7 Years
Water Poured in Wine
Vanity Music

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