Hommage à Yannick Minvielle

27/11/2015, par | Autre chose |
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Tué au Bataclan, le Parisien Yannick Minvielle fait partie des 130 victimes du 13 novembre, auxquelles a été rendu un hommage solennel ce vendredi matin. Créatif dans la pub, il aurait eu 40 ans le 8 janvier prochain et était le père d'un petit garçon de 7 ans. Yannick avait créé en 2010 un groupe avec des amis, They Make Money So Why Don't We. Comme leur nom le suggère (qui était aussi le titre d'une de leurs chansons), l'idée était avant tout de s'amuser, loin de tout esprit de sérieux – ce qui fait au moins un point commun avec le groupe qui se produisait ce soir-là au Bataclan…

A travers lui, nous tenions nous aussi à rendre un dernier hommage à toutes les victimes, parmi lesquelles de nombreux fans de musique, pour la plupart de la même génération que les rédacteurs de POPnews.

Un membre de They Make Money So Why Don't We nous a envoyé ces quelques lignes à propos du groupe :

"On a toujours considéré que la musique la meilleure était celle faite par les amateurs, ceux qui s’en foutaient, qui mettaient leur vie dans leur musique mais sans en avoir rien à carrer de devenir connu. On se partageait des morceaux d’outsider music en se disant que la musique la plus profonde, c’est celle qui s’est complètement abolie de tout espoir commercial. Et comme on chantait tous “comme de patates” (dixit des camarades), c’était une orientation qui nous plaisait pas mal et qui nous correspondait.

C’est pour ça que tout ce qu’on écrivait, jusqu’à notre nom, était une critique de ces gens qui se lancent dans la musique parce qu’ils veulent devenir célèbres et faire des thunes. On voulait se foutre de la gueule des gens prêts à vendre père et mère pour réussir. En faisant pareil, mais de manière encore plus honteuse (d’ailleurs, on a réussi à mettre Yannick sur une affiche pour Nescafé Dolce Gusto qui s’est retrouvée dans le monde entier et on a trouvé ça chouette. La photo a été prise par Léo et Suzie).

Ce qu’on voulait avant tout c’était avoir un groupe de live, qui fasse bouger les gens dans une ambiance moite et rock’n’roll. On voulait faire danser autant que pogoter.

On a commencé à écrire des morceaux un peu crétins mais qui nous faisaient rire, comme They Make Money So Why Don’t We – qui est devenu notre nom - sur le fait qu’on voulait gagner plein de sous, et que, comme Kanye West, il suffisait de crier suffisamment fort qu’on était les meilleurs pour que les gens le croient.

On était clairement pas un groupe à disque, on était plutôt taillés pour la scène, avec le charisme de Yannick et Dora et nos morceaux qui sonnaient beaucoup plus violents en concert. C’était un moyen de se défouler pour nous tous et on n’a jamais cherché à amener le projet plus loin que faire des concerts quand on pouvait.

Dès le début on a été accompagné par Laurent Duvoux et Eric Thomé, les illustrateurs de We Are Ted, qui nous ont fait nos artworks et nos affiches. Eric prenait aussi pas mal de photos de nous. Laurent et Eric étaient aussi au concert au Bataclan. Laurent a réussi à s’en sortir mais, malheureusement, Eric fait partie des victimes, aux côtés de Yannick."

Ci-dessous, quelques vidéos live – et très vivantes – filmées dans des petites salles de la capitale :

A lire également, un article paru sur le site du Monde.

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