Ignatus - Je remercie le hasard qui / Track by Track

15/06/2009, par | Track by track |
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IGNATUS

Cinq ans après "Cœur de bœuf dans un corps de nouille", Jérôme Rousseaux, alias Ignatus, publie un nouvel album, "Je remercie le hasard qui". Un disque dans la lignée du précédent, délicieux fourre-tout où cohabite une pléiade d'invités - des habitués pour la plupart - issus d'univers musicaux très différents. Après avoir fait un bon bout de chemin avec le label Atmosphériques (Louise Attaque, Abd al Malik, Joseph d'Anvers...), en parallèle avec sa propre micro-structure Ignatub, l'ex-moitié des Objets (avec Olivier Libaux) a décidé cette fois-ci de se débrouiller seul et de proposer ce nouvel album en téléchargement.

"Je remercie le hasard qui" est ainsi disponible exclusivement sur la plate-forme indépendante Microsillon, contre la somme de 8 €. Les amoureux de l'objet CD peuvent aussi commander le disque directement à l'auteur via Ignatub.com et sa page MySpace (12 € en service PayPal, frais d'envoi compris). Le très beau clip de "Dans l'herbe", l'un des morceaux du disque, réalisé par Olivier Martin, est visible sur YouTube.

Ignatus commente ci-dessous les onze titres du disque et nous éclaire sur ses nombreuses sources dinspiration.

Mon amour
Un titre parti du travail sur ordinateur. J'ai utilisé notamment des voix de chamans sibériens et la bande-son d'un entraînement de kendo au Japon. Les "clac", ce sont les sabres en bambou qui s'entrechoquent, les "bruits de bête", ce sont des kiaï ralentis. Pour le texte, c'est un coup de gueule contre la mollesse ambiante. On est dans un monde de plus en plus individualiste où chacun ne cherche qu'à sauver sa peau et garder son petit confort. Pour la partie sur les "dealers de peur", je pensais surtout à Sarko, c'était pendant la campagne, quand il draguait les électeurs du FN.

Dans l'herbe
Une chanson enregistrée sans clic car je la voulais totalement détendue. J'ai d'abord enregistré la guitare, puis le piano et la voix. La basse et les arrangements sont venus à la fin. On a enregistré les clarinettes dans mon salon avec deux micros : un, pour la proximité, un pour l'ambiance (la reverb naturelle de la pièce). Michel Schick a fait un travail très spécial sur sa clarinette pour lui donner une couleur particulière, avec beaucoup de souffle. Pour le clip, j'avais demandé à Olivier Martin (qui avait fait "Les P'tits Chiens") de bosser sur cette chanson il y a plus de deux ans. Au début, il a pas mal tourné en rond, manquant d'une idée directrice. Il a eu l'"étincelle" de l'herbier dans une insomnie et tout s'est déclenché à partir de là. Il a bossé avec Christophe Portier, qui avait fait les pochettes des Objets et celles de mes deux premiers albums.

Le soleil chante
C'est parti d'une contrainte de l'Oulipo (jeux de contraintes sur l'écriture). J'avais écrit ce texte pour m'amuser pendant les vacances, je ne pensais pas le mettre sur l'album. J'ai composé volontairement une musique très simple dans un esprit Joe Dassin et les copains de mon orchestre de mélodicas ont fait les choeurs à la fin d'une répétition. C'est Fred de The Strange "O" qui a fait le banjo et la mandoline.

Lourd, lourd
C'est un morceau que j'avais composé au départ au piano. J'ai essayé pas mal de fois de rejouer cette partie de piano pour l'album mais ça lui donnait une couleur trop "jazzy" et ça ne me plaisait pas. Du coup, j'ai laissé la guitare (jouée par Ludo Pin sur les couplets) conduire la chanson et je le joue à la guitare aussi sur scène. La rythmique est construite sur un enregistrement de balais ralenti et trafiqué. Le texte a une double rime avec un travail sur les sonorités précédant la rime finale. Ca m'a été inspiré par "L'Anamour" de Gainsbourg et on retrouve ça aussi dans "Ce soir".

 

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