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IGNATUS
Cinq ans après "Cœur
de bœuf dans un corps de nouille", Jérôme
Rousseaux, alias Ignatus, publie
un nouvel album, "Je remercie le hasard qui".
Un disque dans la lignée du précédent,
délicieux fourre-tout où cohabite une pléiade
d'invités - des habitués pour la plupart -
issus d'univers musicaux très différents.
Après avoir fait un bon bout de chemin avec le label
Atmosphériques (Louise Attaque, Abd al Malik, Joseph
d'Anvers…), en parallèle avec sa propre micro-structure
Ignatub, l'ex-moitié des Objets (avec Olivier Libaux)
a décidé cette fois-ci de se débrouiller
seul et de proposer ce nouvel album en téléchargement.
"Je remercie
le hasard qui" est ainsi disponible exclusivement
sur la plate-forme indépendante Microsillon,
contre la somme de 8 €. Les amoureux de l'objet CD
peuvent aussi commander le disque directement à l'auteur
via Ignatub.com
et sa page
MySpace (12 € en service PayPal, frais d’envoi
compris). Le très beau clip de "Dans l'herbe",
l'un des morceaux du disque, réalisé par Olivier
Martin, est visible sur YouTube.

Ignatus commente ci-dessous
les onze titres du disque et nous éclaire sur ses
nombreuses sources dinspiration.
Mon amour
Un titre parti du travail sur ordinateur. J'ai utilisé
notamment des voix de chamans sibériens et la bande-son
d'un entraînement de kendo au Japon. Les "clac",
ce sont les sabres en bambou qui s'entrechoquent, les "bruits
de bête", ce sont des kiaï ralentis. Pour
le texte, c'est un coup de gueule contre la mollesse ambiante.
On est dans un monde de plus en plus individualiste où
chacun ne cherche qu'à sauver sa peau et garder son
petit confort. Pour la partie sur les "dealers de peur",
je pensais surtout à Sarko, c'était pendant
la campagne, quand il draguait les électeurs du FN.
Dans l'herbe
Une chanson enregistrée sans clic car je la voulais
totalement détendue. J'ai d'abord enregistré
la guitare, puis le piano et la voix. La basse et les arrangements
sont venus à la fin. On a enregistré les clarinettes
dans mon salon avec deux micros : un, pour la proximité,
un pour l'ambiance (la reverb naturelle de la pièce).
Michel Schick a fait un travail très spécial
sur sa clarinette pour lui donner une couleur particulière,
avec beaucoup de souffle. Pour le clip, j'avais demandé
à Olivier Martin (qui avait fait "Les P'tits
Chiens") de bosser sur cette chanson il y a plus de
deux ans. Au début, il a pas mal tourné en
rond, manquant d'une idée directrice. Il a eu l'"étincelle"
de l'herbier dans une insomnie et tout s'est déclenché
à partir de là. Il a bossé avec Christophe
Portier, qui avait fait les pochettes des Objets et celles
de mes deux premiers albums.
Le soleil chante
C'est parti d'une contrainte de l'Oulipo (jeux de contraintes
sur l'écriture). J'avais écrit ce texte pour
m'amuser pendant les vacances, je ne pensais pas le mettre
sur l'album. J'ai composé volontairement une musique
très simple dans un esprit Joe Dassin et les copains
de mon orchestre de mélodicas ont fait les choeurs
à la fin d'une répétition. C'est Fred
de The Strange "O" qui a fait le banjo et la mandoline.
Lourd, lourd
C'est un morceau que j'avais composé au départ
au piano. J'ai essayé pas mal de fois de rejouer
cette partie de piano pour l'album mais ça lui donnait
une couleur trop "jazzy" et ça ne me plaisait
pas. Du coup, j'ai laissé la guitare (jouée
par Ludo Pin sur les couplets) conduire la chanson et je
le joue à la guitare aussi sur scène. La rythmique
est construite sur un enregistrement de balais ralenti et
trafiqué. Le texte a une double rime avec un travail
sur les sonorités précédant la rime
finale. Ca m'a été inspiré par "L'Anamour"
de Gainsbourg et on retrouve ça aussi dans "Ce
soir".
[suite]
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