Interview Arlt - Festival Assis ! Debout ! Couché ! au Lieu Unique

20/03/2013, par Matthieu Chauveau | Interviews |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

Quelques jours avant ma rencontre avec Sing Sing, la moitié (très) masculine de Arlt, je me rappelle qu'à POPnews, on a déjà beaucoup parlé du groupe et aussi interviewé le duo à l'occasion de la sortie de son dernier album en date, l’inoxydable - puisque déjà livré on ne peut plus oxydé (Arlt, dès ses débuts, a chanté "La Rouille") - "Feu la Figure".

Je profite de l’occasion – qui tombe à pic pour excuser mon dilettantisme – pour laisser le travail au toujours prolixe (mais non moins passionnant) Sing Sing : juste quelques mots griffonnés sur de petits papiers que l'hirsute barbu pioche au gré du hasard. Un hasard qui fait bien les choses puisque les thèmes s'enchaînent le plus naturellement du monde et nourrissent finalement une vraie discussion.

Rencontre backstage, dans les loges de Arlt au Lieu Unique à Nantes peu de temps avant leur concert, autour d'une, puis de plusieurs canettes d'Heineken, face à un Sing Sing tout à fait enclin à se plier à l'exercice, l'oeil vif - à peine gêné par les volutes de sa clope qui serpentent le long de son visage -, l’air chaleureux et le propos toujours précis et pertinent.

Sing Sing

"Chien mort mi amor" : J'aime beaucoup le final étiré et noisy de ce morceau. Comment vous est venue l'idée ?

L'idée ne nous est pas venue en tant qu'idée en fait. Le morceau était plus court au départ. On avait déjà enregistré une version en face B du 45 tours "Le Pistolet" avec une coda plus brève. Et quand on était en studio à Montréal (NDLR. dans le fameux studio cher aux groupes du label Constellation, l’Hotel2tango), on a fait ça en une prise donc on a laissé venir l'impro. On s'est dit qu'on allait ensuite monter ou couper mais en fait la prise nous a suffisamment plu à tous pour qu'on décide de la garder jusqu'à son terme. Le corps du morceau est volontairement bref. Il se voulait légèrement anecdotique, avec ce titre un peu blague.

Qui fait un peu Rita Mitsouko d'ailleurs...

C'est possible. Le riff aussi j'ai l'impression ! Je m'en suis rendu compte pendant qu'on faisait tourner ça. En fait, les versions qui sont sorties sur le 45 tours étaient des démos au départ. Et je sais que Mocke (NDLR. guitariste et véritable troisième membre de Arlt, initialement constitué de Sing Sing et Eloïse Decazes) avait envie d'évoquer des sonorités sans les affirmer particulièrement. C'est une période où on écoutait beaucoup des vieilles compils de Mississippi Records. Si tu ne regardes pas les crédits des morceaux, tu ne sais pas toujours de quelle provenance ils viennent... Mais l'idée que ça bascule dans ce territoire un peu bruitiste, ce n'était pas prémédité en fait.

Ce n'était pas une volonté de rompre avec l'esthétique du premier album, qui est plus acoustique ?

Non, en fait il n'y avait pas de volonté préalable. Quand on est entré en studio pour enregistrer le deuxième album, on a assez peu pensé au premier. Parce que c'était des morceaux que l'on trainait déjà sur scène depuis six mois. Ils avaient dans leur majorité déjà trouvé leurs formes. Il n'y a pas de réaction par rapport au premier album de notre part. Il y a juste des morceaux qui sont nés et qui ont grandi au fil des concerts de manière très organique. Et on a passé très peu de temps en studio, seulement cinq jours. On a vite eu à se contenter des premières prises parce qu'on n'avait pas tellement le choix. Et on avait envie de garder un peu ce caractère spontané et d'accueillir ce qui se passait.

Effectivement, on sent en écoutant l'album une certaine urgence. Un truc assez rock'n'roll en fait.

Ouais, justement, c'est cette urgence-là qu'on voulait en décidant d'aller bosser à Montréal. Ça impliquait qu'on ne puisse pas y passer un temps fou parce que c'est quand-même loin. En studio, on faisait deux morceaux par jour. Et voilà : au bout de cinq jours, on en avait dix.

Sing Sing et Eloïse

"Scène parisienne" : De qui te sens-tu proche ? Je ne vois pas trop d'équivalent... Peut-être Bertrand Belin ?

"Scène parisienne", ça ne me parle pas particulièrement. Bertrand, c'est surtout un ami à moi depuis très longtemps. On a travaillé ensemble il y a une bonne dizaine d'années. Je devais avoir à peine 20 ans. Je n’habitais pas encore à Paris à l'époque et on s'est croisé plein de fois sur différentes scènes. Quand je suis arrivé à Paris, j'ai commencé à écrire des chansons sous le nom de Sing Sing. J'ai fait un EP avec lui, qui est sorti sur le label Minimum à l'époque. Bertrand a fait des guitares, des arrangements. On est toujours amis. Après, je ne sais pas si on est toujours dans les mêmes sphères à Paris.

Quand je fais écouter Arlt à des gens, ils pensent souvent à Belin, pour le côté un peu minimaliste et cryptique.

Le minimalisme est assez récent chez Bertrand ceci dit. Il date d'"Hypernuit". En fait, je n'ai pas de recul sur ça. C'est un mec avec qui je bouffe et avec qui je bois des coups. On a joué ensemble, on a passé énormément de temps à élaborer des espèces de théories alcoolisées sur comment aborder la langue française en musique. Il y a plein de choses qui se sont interpénétrées, si je peux m'exprimer ainsi. Il y a une grosse période où on a été pas mal poreux l'un et l'autre. Du fait du temps passé ensemble et des conversations à rallonge, et de jouer de la guitare ensemble à maintes reprises. Après, on a quand même suivi des chemins un peu différents. Et concernant Paris, les derniers mois, les dernières années, on les a passés à tellement tourner un peu partout, à sortir de France, à accueillir des gens. Je ne me sens pas plus dans une communauté parisienne que je ne me sens de connivence avec Eric Chenaux, avec Josephine Foster ou avec les Japonais de Maher Shalal Hash Baz. Parce que j'ai l'impression, au-delà du caractère superficiel, de partager plein de choses avec eux, quand bien-même il ne s'agit pas de chansons en français. Ce sont des gens avec qui j'aime partager la scène et avec qui j'aime échanger des idées et jouer. J'ai reçu et j'ai été nourri énormément par des gens qui viennent de Toronto, de Tokyo et j'aime bien l'idée qu'on puisse s'affranchir d'un ultra-localisme.

"Tournées internationales"

Voilà, l'enchainement est parfait ! (sourire)

Vous êtes quand même un des rares groupes francophones à tourner pas mal à l'étranger.

Je m'en rends vaguement compte. En fait, on est assez voyageurs donc on a commencé tout de suite à partir, à prendre des billets de train, des billets d'avion, à se démerder. A foutre trois sous de côté pour pouvoir aller dans des villes et jouer dans les bars et rencontrer des gens qui nous invitaient. Et aussi inviter des gens à Paris. Très très vite en fait. Avant-même que l'album ne soit sorti, on était déjà assez nomade et ça s’est vite généralisé. La première fois qu'on est allés à New-York, on est un peu partis le sac et la guitare sur le dos et on a joué dans des clubs et des bars, un peu à l'arrache. Et il s'avère que Bryce Dessner de The National nous a vus dans un club près de chez lui et nous a invités à faire la première partie de The National. Ça nous a permis de rencontrer des gens, et ainsi de suite. Et maintenant, ça fait trois tournées qu'on fait là-bas. Et c'est toujours la même histoire : on est allés au Canada via Eric Chenaux. Avec Eric, on correspondait parce que j'adorais ses guitares sur les albums de Sandro Perri. Je lui avais écrit simplement pour lui témoigner de mon admiration pour ses guitares et il m'a dit qu'il aimait aussi Arlt et que, miraculeusement, on pouvait peut-être se rencontrer car il était en Europe. Et donc on s'est rencontrés. On a monté un ou deux concerts ensemble à Paris. Et après, on est allés le retrouver à Toronto. Et voilà, il y a plusieurs histoires qui ont débuté comme ça : avec Josephine Foster, qui vit en Espagne avec son mari Victor Herrero, etc. Il y a le Japon aussi. Parce que nos disques sont aussi sortis sur un label japonais qui s'appelle Windbell Records. C'est là qu'on a rencontré Tori Kudo qui est le leader de Maher Shalal Hash Baz, un de mes groupes absolument phares depuis des années.

Sing Sing et Eloïse

"Maher Shalal Hash Baz"

C'est formidable, on en parlait justement à l'instant ! MSHB, c'est un groupe que j'écoute depuis très très longtemps et qui est un peu un de mes groupes cultes. Quand on a signé sur Windbell Records au Japon Kazuki Tomita, le gérant du label, m'a envoyé un mail pour me demander si je connaissais Tori Kudo parce que Tori avait rédigé les liner notes de l'édition japonaise de notre album.

Il vous connaissait donc ?

En fait, je ne sais pas exactement comment ça c'est passé. Kazuki lui a demandé : "tu veux bien rédiger les notes de pochette pour ma nouvelle signature qui est un groupe français ?". Et Tori a accepté, ce qui – paraît-il – est très rare mais je n'ai pas vérifié (sourire). Et quand j'ai rencontré Tori, il m'a dit qu'il avait vu les concerts à emporter de Arlt, filmés par Vincent Moon (NDLR. pour la Blogothèque), et qu'il les aimait beaucoup. J'étais complètement ravi et… surpris. Je lui ai dit que j'étais fan de MSHB et il m'a donc proposé de faire des trucs avec lui. Je lui ai répondu oui, évidemment. On a donc fait une tournée au Japon avec Tori Kudo qui ouvrait pour Arlt et moi qui jouais de la guitare avec lui dans MSHB en première partie. Et comme on est partis en duo sans Mocke, Tori Kudo improvisait au piano et à la guitare sur notre répertoire. Et la semaine dernière, on a fait une mini-tournée Le Ton Mité / Arlt / MSHB et on a joué dans des petits lieux parce qu’on s'y est pris très tard. On a booké des petits trucs. On a joué dans une galerie d'art à Paris, chez un disquaire à Lille et aussi à Liège et à Bruxelles. On a fait une petite caravane comme ça, avec des concerts un peu impromptus, un peu improvisés, où on se mélangeait. Mocke n'était pas là non-plus, donc McCloud de Le Ton Mité et Tori improvisaient chaque soir sur les chansons de Arlt.

"Ceci n'est pas une pipe"

Ça, c'est une blague récurrente que je fais avant "Le Pistolet" (rire).

Une manière d'évoquer vos métaphores sexuelles, charnelles, mais aussi votre rapport au réel. Par exemple, quand vous parlez d'un Rhinocéros, est-ce bien de cela qu'il s'agit ? Autrement dit : ceci est ou n'est pas un Rhinocéros ?

Je n'en sais pas plus en fait. Je sais assez peu de quoi vont parler les chansons avant de les écrire. Je découvre souvent après coup. Ce qui m'intéresse avant tout c'est moins de raconter des trucs que de faire de la musique. Et ce qui m'intéresse dans les textes, c'est moins leur aspect littéraire ou discursif que le caractère incantatoire de la parole. Je le répète à chaque fois mais c'est assez vrai. Le postulat un peu pratique pour moi serait que la parole parle d'elle-même et dit un peu ce qu'elle veut. Chaque chanson, avec ses lapsus, ses accidents, ses doubles sens, est réinterprétable, y compris par nous-mêmes. Il arrive de temps en temps qu'on vienne me donner une interprétation de telle ou telle phrase qui me convainc alors que je n'y avais pas du tout pensé. Bon, pour "Le Pistolet", la métaphore je l'avais vue venir tout de suite (sourire). Elle est quand-même vraiment évidente.

Certains pourraient qualifier votre musique d'assez intellectuelle mais moi je la trouve très sensuelle, ou plus exactement, très sensitive.

Je te remercie de dire ça parce qu'il y a des gens, en effet, qui trouvent ça un peu intellectuel. Mais en fait, je ne fais pas vraiment la différence. Je pense qu'on nous gruge un peu à vouloir nous imposer d'absolument faire une différence entre le sentir et le penser. Or le fait de sentir et de penser, je pense que c'est très lié : on a des sens, on a un cerveau. On est capable de réfléchir, de raisonner, de ressentir. Donc moi, je ne me sens pas obligé d'établir de différence entre l'instinct et la raison. Il n'y a pas de hiérarchie. Et effectivement, je pense que mes textes peuvent être traités intellectuellement comme être simplement ressentis, reçus au premier degré. Et ce qui me fascine dans la parole, c'est ça. Dans une interview, on m'a un jour fait la remarque qu'il y a tout un vocabulaire qui a l'air de venir du monde de la paysannerie dans nos chansons. Et je me suis dit : tiens, sans doute. Il y a quelque chose de rural, en tout cas, qui macère depuis des années chez moi. Les métaphores les plus dingues que j'ai entendues de ma vie, c'est dans la bouche de ma grand-mère qui délirait et qui parlait toute seule ! Et j'ai le sentiment depuis tout petit que le langage fonctionne comme un stupéfiant. Ou comme un alcool fort. Enfin, comme un truc hallucinatoire. C'est le problème quand on me parle de chanson française, ce qui veut à peu près tout dire et rien dire. J'ai l'impression qu'il y a souvent un discours préalable dans la chanson française telle qu'elle me semble pratiquée dans sa majorité, depuis qu'on l'appelle comme ça du moins : quelqu'un a quelque chose à dire et il le développe.

La fameuse "chanson à texte". Mais est-ce que la chanson est faite pour faire passer un message ? C'est pas sûr.

Oui, c'est pas sûr. Mais l'inverse n'est peut-être pas sûr non non plus. Enfin je n'en sais rien. Mais pour être sincère, le truc qui est le plus intentionnel chez moi, c'est d'essayer d'avoir une écriture et une parole qui se déroulent au présent. Et pas sur le mode : "je sais déjà ce qui s'est passé ou je suis un narrateur a posteriori d'une action". Ce qui m'intéresse, c'est d'être sur scène avec Eloïse et qu'on soit agis tous les soirs par la parole en train de se faire. Avec les images qu'elle évoque, avec ce qu'elle appelle. J'ai besoin moi-même de ne pas avoir l'impression de raconter quelque chose dont je suis déjà conscient. Tous les soirs, je veux être agi par la musique et la parole et en être autant que possible aussi étonné que l'auditeur qui l'entend pour la première fois. Bon, c'est un peu illusoire mais...

Sing Sing et Eloïse

"Thelonious Monk"

C'est pour la pochette ? (sourire) Alors ce n’est pas de notre fait. C'est Julien Bourgeois (NDLR. collaborateur de POPnews) qui a fait la pochette. Enfin, c'était une pochette parmi plusieurs propositions.

Musicalement, il y a aussi un truc un peu rugueux dans Monk, de tout sauf planant - à l'inverse de Miles Davis par exemple. On retrouve un peu ça dans votre musique.

Bien sûr, ça nous parle. Sinon on ne l'aurait pas choisi. La pochette n'était pas là pour faire un hommage conscient à Monk même si c'est quelqu'un qu'on écoute beaucoup dans le groupe donc on était contents. Après, je ne vais pas me risquer à pointer des points communs avec Monk (sourire). Mais c'est vrai qu'il y a un endroit où je me sens à l'aise quand j'écoute Monk : dans ce caractère heurté, brisé, discontinu, dans cette ambiguïté qu'il y a entre le savant et une maladresse plus ou moins feinte, entre quelque chose d’à la fois plein d'innocence et d'audace. Bon, je pourrais en parler beaucoup plus longtemps que ça... mais c'est vrai que ça fait partie des figures qui nous ont marqués.

"Surréalisme / Dadaïsme" : Ce sont des adjectifs qui reviennent souvent pour qualifier vos chansons.

Oui, ça revient assez souvent. Je ne sais pas quoi te dire là-dessus en fait. Je pense que c'est surtout aux textes qu'on fait référence quand on parle de surréalisme à notre endroit. C'est devenu un terme un peu générique dès qu'on a à faire à un propos qui ne soit pas exactement réaliste. Ce n'est pas une revendication. Je n'ai pas l'impression qu'on en soit directement héritier. Je pense que notre façon de pratiquer le langage est encore plus archaïque que ça même si on a tous lu les surréalistes dans le groupe et qu'on s'est tous plus ou moins intéressés à Dada. Mais j'aime bien l'idée d'une espèce de surréalisme primitif, d'un surréalisme d'avant le surréalisme quand bien même on se situe après. Mais le surréalisme, c'est déjà un endroit vachement littéraire en fait. Peut-être que je me persuade moi-même de ne pas manger de ce pain-là et que c'est pour faire ma coquette (sourire). En tout cas, oui, on est plutôt client en tant que lecteur.

"Indé" : Bien qu'elle soit assez inclassable, on peut dire que vous faîtes une sorte de chanson française. Mais beaucoup de choses sont aussi très indé chez vous. Je ne pense pas que vous soyez le groupe à chercher particulièrement l'album qui marche par exemple.

Non effectivement. Mais le terme indé, c'est une classification que je ne comprends pas très bien. Aujourd'hui, on qualifie d'indé pas mal de choses. Bon, il y a des trucs indé qui ont beaucoup compté pour moi, comme K Records. Des façons de faire ou de ne pas faire. Mais aujourd’hui, je ne sais plus trop ce que ça veut dire, indé. C'est devenu une classification comme si c'était un genre en soi. Et j'ai l'impression qu'on parle plus d'un genre un peu fourre-tout que d'un geste réel. Moi, je suis attaché à des tas de choses qu'on a appelé indé comme je suis attaché à Monk, à Satie, à la musique ancienne, au baroque.

Quand je dis indé, c'est aussi parce que parmi les gens qui écoutent du rock indé, vous êtes un des rares groupes français, et qui chante en français, qui ressort.

Oui, il paraît qu'on serait le groupe de chanson française pour les gens qui n'écoutent pas de chanson française (sourire). On en parlait avec Benjamin de Almost Musique récemment. Il y a un truc sur lequel on est assez d'accord c'est qu'aujourd'hui un terme comme indé ou alternatif nous convainc moins que celui de minoritaire.

Parce que maintenant, indé est devenu une étiquette vendeuse, donc ça n'a plus trop de sens...

Bien sûr, et il y a beaucoup de choses qui en ont pris les codes. Si ça devient une mythologie de plus, moi ça ne m'intéresse pas. Mais si on se met à réfléchir à ça, ce qui nous amuse, ce qui nous fait trembler, ce qui nous émeut, ce sont des gestes qui ne se posent pas nécessairement la question de ce qu'ils représentent. Ce sont au contraire des gestes dans leurs possibilités de stupéfaction pour eux-mêmes. C'est s'appliquer à se souvenir pourquoi on fait les choses. Il n'y en a aucun de nous trois qui a commencé la musique pour être estampillé quoi que ce soit. On a commencé à faire de la musique parce que c'était la seule chose qu'on savait faire. Parce que ça nous permettait d'apprendre des choses sur nous-mêmes. Ce qui nous plaît, ce sont les gestes un peu premiers, un peu candides. Alors c'est difficile de garder ça intact, bien évidemment. Mais j'espère être en mesure de continuer encore un bon bout de temps à ne pas savoir précisément ce qu'on fait.

 

Photos : Matthieu Chauveau

Merci à Christelle du LU.

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog