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WILLARD GRANT CONSPIRACY

 

James Apt (guitariste)

 

Le noyau de WGC est formé autour de Robert Fisher et de Paul Austin. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Comment les autres membres ont-ils rejoint le groupe ?

J'ai l'impression que ça fait des siècles que Robert, Paul et moi nous connaissons. Je ne peux pas me souvenir de ma première rencontre avec chacun d'eux, tout comme je ne peux pas me souvenir de la première fois que j'ai mangé de la glace. On dirait simplement que c'est quelque chose qui a toujours été comme ça. Robert est le sorbet à la mangue, Paul est la vanille et je suis un glaçon.


Le nom de votre groupe fait référence à une conspiration et les noms des membres ne figurent pas sur les deux premiers albums. Avez-vous prévu dès le départ que WGC serait un noyau (Robert Fisher, Paul Austin) avec beaucoup de connaissances gravitant autour ?

Oui, sans aucun doute.


Dans quels groupes avez-vous joué avant de former WGC ? Quelles étaient les influences de ces groupes ?

Une série de ce que, je suppose, on pourrait uniquement appeler des garage bands, parce que nous n'avons jamais réussi à percer et à sortir de derrière la tondeuse à gazon et la caisse à outils. Les noms sont soigneusement gardés en stock, mais ils ne pourraient être révélés ni pour la gloire, ni contre de l'argent, je crains. Six Fingers Satellite a cependant été mon premier groupe à décoller un tout petit peu. Je fais de mon mieux pour être un bon petit avion volant à basse altitude.

 

Aviez-vous l'intention de jouer ce genre de musique dès le début ? Que pensez-vous de l'évolution du groupe après trois albums ?

Oui, la musique est organique dans tous ses aspects et c'est le pur reflet de toutes les personnalités qui y entrent. L'évolution est simplement une question de raffinement de ce que nous possédons déjà, donc je ne prévois pas de rupture abrupte de style - mais en ajoutant suffisamment de sang neuf, de drôles de choses peuvent arriver.

 

En France, avant l'arrivée d'artistes comme Will Oldham et Vic Chesnutt, la folk-country américaine était souvent perçue de façon négative. Est-ce également le cas aux Etats-Unis ? Cette "scène", qui semble très active actuellement, a-t-elle toujours existé ?

Ce qu'il faut garder à l'esprit, c'est que l'Amérique est vraiment énorme et que la partie de la nation dont nous venons n'est pas connue pour comprendre un grand nombre de fans de country et de western. J'ai grandi avec ça et ça me plaît, mais je ne me sens pas d'affinité particulière avec, je préfère largement le folk et le blues. Je pense que les gens qui comprennent les racines de ce que nous faisons et qui peuvent comprendre le concept d'hybride vont nous suivre, mais les puristes et les gens à la mode vont nous regarder et (poliment) tousser. Ce qui est formidable quand on joue avec des gens comme ça, c'est que tout le monde a des goûts différents et que c'est permis et même encouragé. Tous ceux que nous avons rencontrés jusqu'à présent ont été très sympas.

 

Vous êtes influencés à la fois par la folk-country et par des groupes plus urbains, comme le Velvet Underground ; comment parvenez-vous à réconcilier les deux styles de musique ?

Au risque d'employer un cliché, nous faisons ce que nous faisons. Nous analysons très peu les choses. Si ça sonne bien, nous continuons, et sinon nous bougeons un peu vers la droite ou vers la gauche. Nous essayons et nous faisons simplement confiance à nos oreilles.

 

De même, le groupe est composé de membres plutôt orientés folk (Paul Austin), de membres plus "électriques" (James Apt) et de caractères plus expérimentaux (David Michael Curry). Comment combinez-vous ces différentes personnalités ?

Voir les réponses précédentes.

 

Sur chaque album, on trouve des digressions : bruits de feux d'artifice pendant 15 minutes à la fin du premier album, personnes parlant et sons de radio sur "Flying Low" ainsi que des enregistrements de violon entre les chansons sur "Mojave". Vous amusez-vous à créer ces changements de "rythme", qui ont tendance à déstabiliser les auditeurs ?

Nous essayons d'inclure des éléments comme des "moments de répit" pour que les gens puissent avoir un instant de calme et réfléchir à ce qu'ils viennent d'entendre ou à ce qu'ils sont sur le point d'entendre. Si nous pensions que cela puisse avoir un effet négatif, nous y réfléchirions certainement à deux fois. Nous sommes très flattés que les gens choisissent de prendre le temps d'écouter ce que nous avons à dire et nous essayons de les traiter avec l'amour et le respect qu'ils méritent.

 

Les paroles de Robert sont souvent maussades et désillusionnées. Comment sont-elles perçues par les autres membres du groupe ?

Elles reflètent une facette très vraie de la personnalité de Robert. J'espère que les gens ont l'occasion de rencontrer le Robert souriant, malicieux qui fait régulièrement son apparition. C'est une personne raffinée mais il se peut qu'il n'écrive jamais de simples paroles pop. J'aimerais penser qu'il recherche plus la beauté que le chagrin.

 

Après avoir assisté à plusieurs concerts de WGC avec des formations différentes et en écoutant l'album live ("Weevils In The Captain's Biscuit"), on a l'impression que vos chansons gagnent de l'ampleur sur scène. Avez-vous la même impression ? Aimez-vous jouer vos chansons devant un public ?

C'est vraiment dur à dire, parce que le son en concert est terrible, mais le public semble l'apprécier et c'est vraiment très stimulant de voir que des gens nous accordent tant d'attention. J'adore notre public et j'ai rencontré plein de gens formidables.

 

Après plusieurs tournées en Europe, quelle est votre vision du Vieux Continent ? Sentez-vous une différence dans la perception de votre musique selon les pays ?

En général, les Européens semblent plus ouverts. Ils semblent avoir une fascination générale, à la fois positive et négative, pour les chansons américaines. Ils écoutent et réagissent, ce qui est absolument la meilleure chose qu'un public puisse faire. Le public américain est aussi formidable, mais d'une façon totalement différente. Est-ce que j'aurai l'air d'un touriste si je dis à quel point le paysage est beau en Europe ? J'adore aussi la bière et les mélanges de cultures. Le mauvais côté des tournées, c'est que la nourriture est très mauvaise et, une fois rentré à la maison, je dois jeûner pour éliminer toute cette bouffe. La France, bien sûr, est l'exception à la règle de la nourriture. Il y a aussi beaucoup d'endroits que nous n'avons pas vus et nous sommes impatients d'aller y jeter un coup d'oeil. N'hésitez surtout pas à venir nous voir à un concert et à vous présenter. Nous ne vous mordrons pas, promis !

 

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