Jason Molina - Interview

24/02/2010, par Jean-Charles Dufeu | Interviews |
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JASON MOLINA

Il fut un temps où j'aurais donné ma chemise pour me retrouver en tête à tête avec le leader de Songs: Ohia et Magnolia Electrico Co., sorte de figure mythique dans mon Panthéon esthétique intérieur... En cette fin de mois de septembre parisien, il commence à faire trop frisquet pour se découvrir. Tout de même, le fait d'avoir payé un whisky à Jason Molina dans un bar du coin après son concert au Café de la Danse, et ce malgré les conditions peu avantageuses de la rencontre ("It smells like shit" commente-t-il à juste titre à propos de l'endroit où nous sommes, avant d'enchaîner "I don't mind") continuera longtemps à alimenter un souvenir ému. Toujours là cinq mois plus tard en tout cas.

Je ne m'attendais pas à ce que vous demandiez au public de se lever pour le concert de ce soir. C'est quelque chose que vous faites d'habitude ?
Pas toujours. Il nous arrive de faire des concerts beaucoup plus tranquilles. Mais quand on joue électrique comme ce soir, j'aime bien savoir que les gens ne se réfrènent pas pour faire ce dont ils ont envie. Ce soir, avant la seconde chanson, je pouvais voir deux ou trois personnes commencer à danser sur la musique. Inviter tout le monde à venir devant la scène a permis à pas mal de gens de les imiter.

Jason Molina

Quand vous enregistrez des chansons en studio, c'est aussi quelque chose que vous concevez, ce type de réaction ? Vous imaginez que les gens peuvent écouter Magnolia Electric Co. en dansant chez eux ?
Non, je ne pense jamais à ça. Quand j'enregistre, je ne pense à rien d'autre qu'à la chanson elle-même. Quand le vinyle est pressé, je ne sais pas comment les gens interagissent avec la musique, comment il la reçoivent. J'espère simplement qu'ils l'apprécient parce qu'on a beaucoup travaillé dessus pour l'enregistrer telle qu'elle est sur le disque.

La dernière fois que je vous ai vus jouer, au Nouveau Casino il y a quelques années, le déroulement du concert était différent et votre style sur scène était également très différent. Tous les membres du groupe étaient habillés à l'américaine, chemises à carreaux, jeans et santiags, alors que ce soir, vous étiez en costumes tirés à quatre épingles...
Pour être franc, c'est vraiment très chiant de devoir transporter ces costumes en tournée partout où on va, et c'est assez pénible aussi de les porter. Mais chacune de nos personnalités transparaît beaucoup plus facilement avec ces costumes. Pour moi c'est plutôt beau comme effet. On fait ça aussi pour les fans. On a remarqué que le public reprenait parfois certains de nos looks d'un concert sur l'autre dans une même ville. C'est assez fascinant. On aime ce genre de relations avec nos fans. D'ailleurs je ne suis pas à l'aise avec ce mot, pour nous ce sont nos amis avant tout.

Si j'ai bien compris, vous voulez, la prochaine fois que vous serez en tournée à Paris, que le public vienne habillé en costume.
Tout à fait. Si la prochaine fois, les Parisiens portent des chevalières et des queues de pie, alors je saurai à quel point ils nous aiment. Mais ce soir, je pense que c'était déjà assez clair.

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