Jeanne Boulart, codirectrice du festival Baleapop - Interview

27/08/2012, par Béatrice Lajous | Interviews |
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Après avoir réglé des soucis d'ampli et l'arrivée inopinée de la police, qui ne semblait pas être au courant des festivités, nous finissons par nous à asseoir à flanc de colline pour quelques questions. Vent marin et mix électro au rendez-vous.  

Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots, ainsi que le collectif ?

JB : Je suis Jeanne, cofondatrice du collectif Moï Moï, avec lequel on a créé le festival. Je suis donc la co-directrice de Baleapop avec Pierre Lafitte. On travaille plus ou moins à l'année, et plus spécialement les six mois avant l'évènement. On coordonne bien évidemment les actions du collectif Moï Moï, avec lequel on a monté un label de musique. On fait  également quelques évènements. On s'occupe donc du management des différents artistes [ndlr Panda Valium, Odei, Matthys, Martouf, Elorn]

Cenitz DJ Set

Baleapop en est à sa troisième édition. Est-ce que tu peux m'en dire plus sur les débuts du festival, ses lignes directrices, votre ressenti ?

JB : Le jour où on a décidé de fonder Moï Moï, c'était vraiment dans le but de créer un festival différent, avec comme indicateur de référence le Midi Festival. On sait qu'on en est loin. Ce n'est pas qu'il n'y avait pas d'évènements dans la région, mais pas réellement d'évènements indé. Un évènement, qui permet de mettre en avant des groupes locaux, ainsi que des groupes internationaux, qui se trouvent généralement dans des circuits fermés. On a monté Moï Moï il y a huit ans. Dans les cinq premières années, on a fait plein de trucs et nos deux premières éditions ont été super chouettes. On a eu des retours positifs. On se pose aujourd’hui la question de conserver ce lieu. Il a été compliqué pour nous de refuser des gens à l’entrée pour le premier soir. On se rend compte que l’on dérange le voisinage. Le lieu est magnifique, mais on est bien conscient des limites.

Pourquoi donc la ville de Guéthary ? Et la culture basque ?

JB : On est tous d'ici avec le collectif Moï Moï. On trouve vraiment important de garder notre identité, de ne pas oublier que l’on est au Pays Basque. On organise d'abord ce festival pour les locaux, pour les artistes du Pays Basque. A la base, on voulait le faire à Saint-Jean-de-Luz, car l'association est déclarée là-bas. Mais la mairie n’a pas bien accueilli le projet. On est partis voir le maire de Guéthary. Il nous a ouvert les bras et a nous a laissés notre chance. Par contre, quand on organise un évènement indé, on peut dériver rapidement vers quelque chose de hype. On ne veut pas tomber là-dedans. On est un peu sur un terrain mouvant, mais on va voir tout ça.  

Le public a certainement évolué sur ces différentes éditions. Mais dans ce festival, on se sent comme en famille ou avec une bande de bons copains. Qu’en penses-tu ?

JB : C’est vrai, on ne doit vraiment pas perdre ça. L’intergénérationnel est vraiment très important. Il se passe quelque chose au niveau de l’ambiance. Il y beaucoup de respect, familial comme amical. Cela aurait pu dégénérer dans le parc, parce qu’il y a eu beaucoup de monde. Mais il y a eu une ambiance super conviviale. Je pense aussi que de voir des enfants, des parents, des plus ou moins jeunes, a beaucoup joué.

Au-delà de la musique, vous vous interrogez également sur l'art contemporain. Comment expliques-tu cette envie d’associer différentes pratiques artistiques ?

JB : A la base, on a voulu regrouper dans le collectif Moï Moï des communicants, des médiateurs et des artistes. On retrouve la musique comme l’art plastique. On a donc trouvé logique de combiner ces deux disciplines artistiques. L’idée était de créer des ponts et de montrer que le public qui se rend à des concerts peut également profiter d’expositions, et vice-versa. On se rend compte que l’on est faible en art. La majorité des professionnels du festival est orientée musique. La première année, on a sollicité des artistes plasticiennes du collectif. La deuxième année, on a essayé d’axer l’exposition autour d’une thématique. Au final, elle était pas mal perdue dans le parc, parce qu’il est immense. Cette année, on a voulu lancer un appel d’offre dans deux écoles du Pays Basque, Sud et Nord, Espagne et France, donc à Bilbao et à Biarritz. On a offert une subvention à deux élèves sélectionnés, qui devaient réaliser des œuvres monumentales. Encore une fois, l’exposition est un peu passée à côté. On est ravis d’avoir invité les Jean Spezial. On a pu voir également la Caravane de la galerie Hybrid et Ibai Hernandorena, avec qui on travaille beaucoup. On doit plancher là-dessus pour équilibrer les deux disciplines. On ne veut pas que la musique bouffe l’art.

Quels sont tes coups de cœur de cette programmation ?

JB : Malheureusement, je n’ai pas pu voir un seul concert. Je suis super méga ravie d’avoir Connan Mockasin, parce que c’est une opportunité incroyable. James Holden également. On a permis à tous les musiciens du collectif Moï Moï, qui sont complètement fans, de partager l’affiche avec lui. On apprécie de travailler avec le label Border Community. Pour le collectif Iceberg, ça devient des potes et c’est vraiment cool. Yeti Lane, on les avait déjà vus sur scène.

Un petit quelque chose pour la fin ?

JB : On a une équipe de bénévoles incroyable. On est tous potes, on est 40 potes et on arrive à faire ça. Je trouve juste génial de pouvoir faire ça tous ensemble avec une telle énergie.

Allez, à l'année prochaine ! 

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