Jens Lekman - Interview

08/03/2006, par Guillaume Sautereau | Interviews |
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Tu aimes faire des reprises de chansons que tu aimes. Qu'est-ce que cela signifie pour toi de reprendre une chanson ?

D'ordinaire, je le fais quand je sens que ma voix collera bien avec le morceau. Ce soir, nous allons faire une chanson de Moondog, qui s'appelle "Paris". Elle est sur "Sax Pax". C'est une chouette chanson. C'est une chanson qui me convient bien en ce moment. Bill Wells m'a fait écouter plein de jazz dernièrement.

Comment l'as-tu rencontré ?
On s'est rencontré à un concert qu'on faisait tous les deux à Londres en décembre, avec les Television Personalities, pour leur retour. J'ai simplement beaucoup apprécié sa musique. Nous avons parlé après le concert et nous sommes restés en contact.

Il va jouer avec vous durant tout votre concert ? Vous avez eu le temps de répéter ?
Oui, mais les répétitions, ce n'est pas vraiment son truc. Son truc, c'est plutôt d'arriver sur scène, et de dire "jouons quelque chose en duo". Il aime improviser, il aime la "magie du moment".

Tu n'utilises pas de samples, sur scène ?
Parfois, mais pas ce soir. C'est très très compliqué d'être synchro. En plus, les samples que j'utilise sont très lo-fi, donc très difficiles à faire sonner sur scène.

Ce soir, tu joues avec une section de cuivres. Pourquoi as-tu choisi cette formule ?
Ce sont les musiciens qui étaient disponibles... J'ai dû jouer avec plus d'une centaine de musiciens depuis mes débuts. Mais là, les gens étaient soit à l'école, soit au travail, soit jouaient avec d'autres groupes. J'ai demandé autour de moi, et le résultat, ça a été trompette, trombone et saxophone. Je me suis dit que c'était une bonne formule qui convenait aussi très bien aux chansons de Bill.

Parfois, tu joues seul ?
Oui, parfois je joue avec mon lecteur CD. Je mets "Do You Remember the Riots?" sur le lecteur, et je chante par-dessus ma propre voix. J'ai aussi découvert une version instrumentale de "Walk on By", la chanson de Dionne Warwick, qui colle parfaitement avec "Tramway #7 to Heaven" !

Donc tu as joué avec les Television Personalities, c'était comment de rencontrer Dan Treacy ?
C'était sympa. Il était très heureux à ce concert. Il a été très gentil. On s'est échangé des emails un petit peu après le concert. Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé après, car il a encore disparu ou quelque chose comme cela. J'ai eu un email de sa part il y a peu. Il avait l'air d'aller bien, mais c'est difficile à dire. J'ai entendu quelques chansons du nouvel album et je les ai beaucoup aimées, elles sont très belles.

Tu as joué avec Erlend Oye, c'est un bon ami à toi ?
Oui, oui.

Tu le préfères avec ou sans moustache ?
(rires). Je pense qu'il est bien sans moustache. C'est une bonne question.

Est-il facile pour un Suédois d'écrire en anglais ?
Oui, c'est facile pour moi, vraiment. Je ne sais pas d'où vient mon anglais. Ma mère me dit que je regardais beaucoup de cassettes vidéo quand j'étais petit, j'avais un magnétoscope comme baby-sitter à l'époque. Mais ça ne doit pas être ça, sinon je parlerais comme Roger Rabbit aujourd'hui ! Donc oui, c'est facile pour moi, mais je ne sais pas si ça l'est pour les autres artistes suédois.

D'ailleurs, que penses-tu de la scène suédoise actuelle ?
Je pense qu'elle est très influencée par ce qu'a fait The Embassy. Il y a un mouvement électro-pop qui est en train de grossir. Au début, c'était une réaction contre la musique rock du début des années 2000, cela les fatiguait, et cela me fatiguait aussi d'ailleurs. Ça a évolué, mais beaucoup de groupes n'ont pas cette substance qu'a su garder the Embassy. Il y a tant de groupes de dance music sans sens, de groupes de techno sans signification. Ils ont l'impression de faire quelque chose de nouveau, et ils oublient que la musique électronique est quelque chose de très ancien. Ce qu'ils font est finalement très nostalgique, et parfois aussi très creux. Mais d'un autre côté, j'aime ça, j'aime le fait qu'il y ait une réaction contre les songwriters, contre le rock, contre la tradition.

Propos recueillis par Ludochem et Guillaume
Merci à Benjamin et à Ludochem.

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