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JENS LEKMAN
[page précédente]
Tu aimes faire des reprises de chansons que tu aimes. Qu'est-ce
que cela signifie pour toi de reprendre une chanson ?
D'ordinaire, je le fais quand
je sens que ma voix collera
bien avec le morceau. Ce soir,
nous allons faire une chanson de Moondog, qui s'appelle "Paris".
Elle est sur "Sax Pax". C'est une chouette chanson.
C'est une chanson qui me convient bien en ce moment. Bill Wells
m'a fait écouter plein de jazz dernièrement.
Comment
l'as-tu rencontré ?
On s'est rencontré à un concert qu'on faisait
tous les deux à Londres en décembre, avec les
Television Personalities, pour leur retour. J'ai simplement
beaucoup apprécié sa musique. Nous avons parlé après
le concert et nous sommes restés en contact.
Il
va jouer avec vous durant
tout votre concert ? Vous avez eu le temps
de répéter ?
Oui, mais les répétitions, ce n'est pas vraiment
son truc. Son truc, c'est plutôt d'arriver sur scène,
et de dire "jouons quelque chose en duo". Il aime
improviser, il aime la "magie du moment".
Tu
n'utilises pas de samples,
sur scène ?
Parfois, mais pas ce soir.
C'est très très compliqué d'être
synchro. En plus, les samples
que j'utilise sont très
lo-fi, donc très difficiles à faire sonner sur
scène.
Ce soir, tu joues avec une section de cuivres. Pourquoi as-tu
choisi cette formule ?
Ce sont les musiciens qui étaient disponibles... J'ai
dû jouer avec plus d'une centaine de musiciens depuis
mes débuts. Mais là, les gens étaient soit à l'école,
soit au travail, soit jouaient avec d'autres groupes. J'ai demandé autour
de moi, et le résultat, ça a été trompette,
trombone et saxophone. Je me suis dit que c'était une
bonne formule qui convenait aussi très bien aux chansons
de Bill.
Parfois, tu joues seul ?
Oui, parfois je joue avec mon
lecteur CD. Je mets "Do You Remember the Riots?" sur
le lecteur, et je chante
par-dessus ma propre voix.
J'ai aussi découvert une
version instrumentale de "Walk on
By", la chanson de Dionne Warwick, qui colle parfaitement
avec "Tramway #7 to Heaven" !
Donc
tu as joué avec les Television Personalities, c'était
comment de rencontrer Dan Treacy
?
C'était sympa. Il était très heureux à ce
concert. Il a été très gentil. On s'est échangé des
emails un petit peu après le concert. Je ne sais pas
vraiment ce qui s'est passé après, car il a encore
disparu ou quelque chose comme
cela. J'ai eu un email de sa part il y a peu. Il avait l'air
d'aller bien, mais c'est difficile à dire.
J'ai entendu quelques chansons
du nouvel album et je les ai beaucoup aimées, elles sont
très belles.
Tu
as joué avec Erlend Oye, c'est un bon ami à toi
?
Oui, oui.
Tu
le préfères
avec ou sans moustache ?
(rires). Je pense qu'il est
bien sans moustache. C'est une bonne question.
Est-il
facile pour un Suédois d'écrire en anglais
?
Oui, c'est facile pour moi,
vraiment. Je ne sais pas d'où vient mon anglais. Ma mère
me dit que je regardais beaucoup de cassettes vidéo quand
j'étais petit, j'avais un magnétoscope comme baby-sitter à l'époque.
Mais ça ne doit pas être ça, sinon je parlerais
comme Roger Rabbit aujourd'hui ! Donc oui, c'est facile pour
moi, mais je ne sais pas si ça l'est pour les autres
artistes suédois.
D'ailleurs,
que penses-tu de la scène suédoise
actuelle ?
Je pense qu'elle est très influencée par ce qu'a
fait The Embassy. Il y a un
mouvement électro-pop qui
est en train de grossir. Au
début, c'était une
réaction contre la musique rock du début des années
2000, cela les fatiguait, et
cela me fatiguait aussi d'ailleurs.
Ça a évolué,
mais beaucoup de groupes n'ont pas cette substance qu'a su garder
the Embassy. Il y a tant de groupes
de dance music sans sens, de
groupes de techno sans signification. Ils ont l'impression de
faire quelque chose de nouveau, et ils
oublient que la musique électronique est quelque chose
de très ancien. Ce qu'ils font est finalement très
nostalgique, et parfois aussi
très creux. Mais d'un autre
côté, j'aime ça, j'aime le fait qu'il y
ait une réaction contre les songwriters, contre le rock,
contre la tradition.
Propos
recueillis par Ludochem et
Guillaume
Merci à Benjamin et à Ludochem.
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