Jeremy Warmsley - Interview

28/01/2009, par Luc Taramini | Interviews |
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JEREMY WARMSLEY

Te sens-tu parfois menacer par le danger d'en faire trop, est-ce que tu sais quand il faut s'arrêter ?
C'est difficile de répondre à cette question. Avec le recul, si je devais refaire mon premier album, j'en ferais moins. Quand j'étais dans le processus d'écriture, j'étais absolument persuadé de la nécessité d'avoir toutes ces parties différentes. Aujourd'hui mes goûts ont changé, je préfère une musique moins excessive. Le nouvel album reflète ça. Je me suis imposé des règles comme ne pas rajouter d'instruments sur le deuxième couplet. Sur le premier album, je chantais le premier couplet avec quatre instruments et le deuxième avec dix... C'était la surenchère. En faire moins permet à la musique d'avoir un impact plus fort.

Quelle est la part d'électronique que tu utilises dans ton écriture ?
J'aime beaucoup faire des beats mais je ne suis pas Aphex Twin, ni Autechre. Je fais ça à ma façon sans trop y réfléchir. Je veux simplement créer une musique qui reflète ce que j'adore...

Et qu'est-ce que tu adores ?
Tout. Jacques Brel, Aphex Twin, Bruce Springsteen, Magnetic Fields. Le premier album brassait un peu toutes ses influences. Chaque chanson était un peu comme un exercice de style sans pour autant que je me dise "celle-là va sonner comme un beat d'Aphex Twin sur une mélodie à la Bruce Springsteen". A l'avenir, je crois que je vais essayer de donner une couleur bien distincte à chaque disque. Par exemple, le troisième album que j'ai commencé à enregistrer sonnera beaucoup plus rock.

Ta musique est riche et ta voix assez agile, quand je t'écoute, je pense à Rufus Wainwright qui vient de réinterpréter le fameux concert de Judy Garland en 1961 au Carnegie Hall. Te sentirais-tu capable de mener un projet plus orchestral ?
Merci beaucoup, je suis flatté. Un de mes plus grands plaisirs, c'est de jouer les chansons d'autres artistes, alors pourquoi pas. A Londres, le 18 décembre, je vais faire un concert avec que des chansons des Magnetic Fields. Des chansons de "69 Love Songs" réarrangées.

Si tu étais un artiste 100% français, comment ta musique sonnerait-elle ?
(Silence étonné) Il y aurait beaucoup plus d'accordéon et d'électronique très stylée, à la St Germain... (Rires)

Pour toi la musique c'est une affaire de solitaire ou de groupe ?
Quand je compose ce n'est que moi, d'où mon nom et pas celui d'un groupe. La musique est le reflet de ma personnalité avant tout. Et, j'espère, la meilleure part de moi-même. Mais j'aime bien les collaborations aussi. J'ai un side project très expérimental qui mixe des chants d'église avec de la musique électronique. On a presque fini d'enregistrer notre premier album.

Propose recueillis par Luc Taramini
Photos Julien Bourgeois
Merci à la Ivox Team


A lire également, sur Jeremy Warmsley :
la chronique de "The Art of Fiction" (2007)
la chronique de "How We Became" (2009)

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