John Cunningham - Interview

11/06/2003, par Guillaume Sautereau | Interviews |
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Avec les disques Mange-Tout, il y avait le projet de sortir une compilation recoupant toute ta carrière, est-ce que le projet est toujours d'actualité, avec un autre label ?
Pour être honnête, ce projet est plus ou moins tombé à l'eau. Mais nous avons discuté de cette idée de Greatest Hits, même si je n'ai eu aucun hits ! on en parle.


Pour revenir à l'album, il y a quelques références plus évidentes que par le passé à d'autres artistes, est-ce quelque chose de volontaire ?
L'approche que j'ai adoptée était beaucoup plus objective. Par exemple, sur "Welcome to the World", la ligne de guitare est réminiscente des Byrds, et c'est une référence délibérée. Je ne pense pas qu'une chanson doive nécessairement être référencée comme cela,… For "Can't Get Used To This", juste parce que la guitare a été enregistrée par superposition de deux pistes de guitare, c'est quelque chose que George Harrison, ou plutôt George Martin, faisait et donc cela sonne reminiscent de ce son là, aussi .

Il y a d'autres artistes dont tu te sentes proche ?
Non… juste les Beatles (rires)

Et des artistes contemporains ?
J'essaie d'être aussi proche de ma culture que possible. Parfois, la musique actuelle va avoir une influence consciente sur ce que je fais. Mais c'est aussi pour cela qu'il est bien de laisser s'écouler un peu de temps entre deux disques, parce que ce qui peut sembler une bonne idée sur l'instant, la technique d'enregistrement du moment, ou quelque chose de très à la mode à un instant peut vieillir très vite. Mais vraiment, j'essaie d'être aussi honnête vis à vis de ma culture musicale que possible. De toute façon, quand on écrit des chansons, il est impossible de ne pas être influencé par les Beatles. Il y en a d'autres, comme Nick Drake, Neil Young, Elvis Costello, Joni Mitchell, Joan Armatrading… je pourrais continuer… ce que je fais, c'est de les passer à travers le filtre de mon imagination afin d'obtenir quelque chose qui soit honnête vis à vis de moi-même. Et si ça sonne comme les Beatles, et bien soit. Et si cela ne convient pas aux gens, c'est bien aussi…

Tu peux nous parler en particulier d'un morceau de l'album ?
… (réflexion)… peut-être que vous devriez arrêter l'enregistrement, c'est une question très vaste. Peut-être qu'une des plus simples est "welcome to the world", elle parle d'une période très précise de ma vie, à propos de la vie dans une petite ville, et de l'attitude qui en découle. J'ai essayé d'écrire une chanson à propos d'une ville, ce qui est une chose assez inhabituelle, mais quand on prend un peu de recul, qu'on regarde les choses de cette façon, je pense que c'est faisable… (hésitation)... il y a trop de complexité là dedans, d'abord il y a les paroles, ensuite l'enregistrement… c'est trop compliqué, question suivante !

Tu peux nous parler de "Take Your Time", qui est un peu à part, elle commence assez simplement, et puis ensuite tu es rejoint par d'autres chanteurs ?…
C'est inhabituel, je n'avais pas beaucoup de références pour faire celle là, cela m'a paru un peu subversif de faire chanter plein de personnes ensemble, en fait. Quand tu fais chanter plein de gens ensemble, ça peut passer pour quelque de chose de culturellement ridicule. Mais cela m'a juste semblé être la bonne chose à faire. C'était pour illustrer l'idée que le disque n'était pas un monde clos, qu'il était ouvert. Cela faisait longtemps que je n'avais pas entendu ce genre de choses, cela m'a paru une bonne idée que de rallumer cette chandelle. Et aussi c'était amusant à faire. Il semble que ce soit une de chansons dont les influences sont les plus difficiles à repérer. Si tu mets par exemple toutes les pistes vocales à droite dans le mix, les gens pensent aux Beatles, parce que c'est qu'ils faisaient, parce que c'était ce que le matériel les autorisait à faire à l'époque. Mais là, pour "Take Your Time", ce n'est pas le cas.

"Take Your Time", c'est un slogan que tu pourrais inscrire au fronton de ta maison ?
(rires), oui, cette chanson est plus "John Cunningham" que "Nick Drake" ou "The Beatles"…

La production de l'album est très riche, hier tu as joué tout seul, tu envisages de les jouer avec un groupe ou continuer à en donner une interprétation très différente en solo ?
Quand je le joue tout seul, ça devient autre chose, une expérience intéressante, du moins j'espère. Mais j'ai un groupe et j'envisage de les jouer en groupe. Quand je pense aux artistes que j'apprécie, par exemple Neil Young, c'est pareil, j'aime le voir avec un groupe mais je suis aussi impressionné, peut-être plus, quand je le vois tout seul. Les deux aspects sont intéressants quand tu aimes la musique.

Peux-tu nous en dire plus sur tes projets. Quand vas-tu rejouer en France ?
J'espère que nous reviendrons fin septembre avec le groupe, en deux parties, d'abord en Hollande et en Belgique, puis en novembre en France.

enregistré de main de maître par Alice
Merci à Clémence, Julo et Sébastien.
Alice et Guillaume animent une émission hebdomadaire sur Radio Campus Paris : Panic.

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