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KID
FRANCESCOLI
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DE LA CREATION
Au niveau de la composition,
ça vient de tout ce que tu as écouté
depuis que tu t'intéresses à la musique. Pour
les arrangements et la façon de produire un morceau,
j'ai vraiment l'impression qu'il faut que tu écoutes
des choses intéressantes tout de même. Au départ,
tu as les mélodies qui te viennent. Tu les enregistres,
aux guitares, aux claviers, puis les mélodies de
voix. Viens ensuite une façon de produire le morceau.
A l'origine, tu mets un rythme basique et après tu
découvres un disque où un artiste qui te plaît
beaucoup et ça te donne trois ou quatre façons
de produire le morceau. Après, il faut trouver un
truc qui sonne d'une manière qui peut être
intéressante à écouter et qui soit
pertinente. Pour le deuxième album, j'arrive très
bien à voir que sur les trois morceaux qui sont finis,
il y a un morceau qui est influencé, sans avoir la
prétention d'être à leur niveau, par
les Chemical Brothers avec Hope Sandoval ("A Sleep
From A Day") et par "Obstacles" de Syd Matters.
Un morceau plein de nappes de synthé, d'arpèges
de guitares et qui décolle sans jamais vraiment décoller.
Un autre titre avec un couplet à la Sparklehorse
et le refrain qui se veut un peu "mur de guitares"
à la M83. Un troisième est clairement influencé,
au niveau des accords, par Ennio Morricone et pour la production
par un truc comme le Air de "Virgin Suicides",
et Sébastien Tellier ; cette atmosphère un
peu "grenier" de l'album blanc des Beatles, un
peu poussiéreuse.

On pouvait reprocher
à ton premier album d'être trop respectueux
des ses influences. Est ce que sur le deuxième ça
va évoluer ? Ce que tu as dit précédemment
montre plutôt le contraire : on sent que tu es un
véritable amateur de musique.
C'est ça le
problème. Je ne sais pas comment prendre de la distance
par rapport à ça. Je pense que je pourrais
le faire mais je ne vois pas ce que ça pourrait impliquer
sur ma façon de composer ou de produire le fait d'être
irrespectueux ; me dire "là, c'est trop respectueux
de Virgin Suicides, il faut que je fasse un truc qui aille
à l'encontre".
Tu t'inscris plus
dans une optique d'artisan ?
La façon dont
les morceaux naissent est la suivante : je tiens une mélodie
qui me plaît, je sais qu'elle pourra donner naissance
à un morceau et après, j'y reviens de manière
un peu fainéante en me disant "non, mais là
c'est pas bon". Je gratte en sachant très bien
que ça va pas aller. Et puis en écoutant un
disque dans ma voiture, j'ai souvent le déclic. Les
morceaux sur lesquels je suis en train de travailler actuellement,
j'ose espérer qu'au niveau de la production se sera
clairement la pop-western de Lee Hazlewood ainsi que les
beats, les samples et les rythmes du Wu-Tang Clan. Le Wu-Tang
j'aime pas tout parce que de toute façon, ils ont
15 000 projets solo. Je n'ai pas la prétention
de dire que je suis un fan du Wu-Tang parce que je ne connais
pas tout. Mais leur premier album, je l'aime autant que
"Moon Safari" de Air. Je le connais presque par
coeur et je sais que je pourrais utiliser certains de leurs
beats sur mes prochains morceaux. J'ai aussi trouvé
extraordinaire, surtout au niveau de l'inspiration et de
la production, un disque qui est sorti l'année dernière
: l'album de Peter Von Poehl avec qui on a joué au
Tryptique. Lui, il est typiquement dans la veine cinématographique.
Mais pourquoi personne ne dit que Peter Von Poehl ressemble
à Air et à Ennio Morricone ? Parce que, lui,
il est peut être moins respecteux que moi. Il fait
tout pourtant : il a le son de batterie un peu étouffé,
il finit avec le solo de saxophone, comme un clin d'oeil.
Et sur le dernier morceau, il y a tout Ennio Morricone :
les envolées avec les cuivres, les cordes. Ça,
c'est vraiment quelque chose sur lequel j'essaye de travailler
en ce moment.
Où en es-tu
du deuxième album ?
J'ai fini
les démos de trois morceaux pour lesquels il faut
réenregistrer les guitares, les voix, mais au niveau
de la structure et de la production il n'y a plus rien à
amener. Je suis en train d'avancer pour arriver à
l'état de démo sur quatre autres. Ceux là,
ils seront dans cette veine là. La piste pour les
suivants, ce serait quelque chose dans le style de Moondog.
Si tu devais emmener
trois disques sur une île déserte ?
"The
Sophtware Slump " de Grandaddy, l'album blanc des Beatles,
"Enter The Wu Tang 36th Chambers" du Wu-Tang Clan.
C'est compliqué parce qu'il y a "Pet Sounds"
, "Smile", ça dépend des moments.
En fait, le truc dingue, c'est l'album blanc des Beatles.
Dans les vieux albums, tu as toujours les mêmes qui
reviennent : les albums de Love, du Velvet... Mais l'album
blanc des Beatles, c'est comme avec les groupes dont tu
es vraiment fan. Tiens, c'est comme pour Sonic Youth, même
si j'ai un peu laché depuis : "Daydream Nation",
"Goo", "Dirty" et "Experimental
Jet Set Trash", ces quatre albums j'étais toujours
à fond dessus. En fait, c'est un peu pareil que les
Beatles : tu te mets un morceau comme ça pour écouter
et après tu écoutes tout l'album et tu te
fais la cure pendant une semaine. L'album blanc des Beatles,
il y a toujours des trucs super douteux mais quand tu l'écoutes,
c'est un voyage. C'est dingue de passer par tous ces états
dans un disque. Surtout, sur le deuxième disque tu
as d'affilée "While My Guitar Gently Weeps",
"Happiness is a Warm Gun" et "Martha My Dear".
En un quart d'heure, tu as toute l'histoire de la pop music.
Des compos en français
?
Non.
Pourquoi ? Les influences
anglo-saxonnes sont trop fortes ?
95 % de la
musique que j'écoute est en anglais. Il y a toutefois
un morceau français que je vénère :
"Boomerang" de Gainsbourg par Gonzales avec Feist.
J'ai une admiration sans borne pour ce morceau. C'est le
St Graal. Dedans, il y a le gimmick qui en fait presque
un truc de variété que tout le monde peut
siffler mais c'est tellement inspiré et respectable
au niveau de la mélodie. C'est quand même un
peu sexy, ça a la classe un peu à l'anglaise,
un peu à l'américaine.
Il faut quand même
éviter d'être le groupe français qui
fait du Gainsbourg ?
C'est ce qui est dur.
Quand tu fais de la musique et que tu te compares au truc
que tu aimes, tu es tout le temps ridicule. Quand tu essayes
d'écrire un truc en français et qu'après
tu écoutes Gainsbourg ou Brassens ou Brel... Une
des raisons pour lesquelles je n'écris pas en français,
c'est que je suis loin d'avoir le background et le niveau
d'écriture. Je ne lis pas beaucoup. Je n'ai jamais
été super à l'aise avec la langue.
En cours, j'ai toujours été plutôt porté
vers les sciences, la technologie que vers les lettres.
C'est même pas te frotter aux grands écrivains
mais c'est te frotter à la malice, au sens de la
formule et à l'humour de Brassens et de Gainsbourg.
C'est impossible. Ça sonne, au niveau des rimes,
et les textes te font sourire sans que ça vire à
Patrick Sebastien. C'est le pop art ultime. C'est d'un niveau
trop élevé pour moi.
Propos recueillis par
Vinnie Terranova
A
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Francescoli"
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