Kočani Orkestar - The Ravished Bride

05/11/2008, par David Vertessen | Albums |
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KOčANI ORKESTAR - The Ravished Bride
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KOčANI ORKESTAR - The Ravished BrideLes fanfares balkaniques, un genre que j'affectionne tout particulièrement, a fortiori lorsqu'elles prennent le risque de battre les sentiers plutôt que de se borner au purisme traditionnel. L'exercice n'est pas sans risque et le laborantin lambda a vite fait de sombrer bon gré mal gré dans l'imposture. De fait, s'éloigner des balises originelles tout en conservant le vital substrat, est un véritable tour de force dont seuls quelques rares alchimistes détiennent le secret de la fertilité : citons, dans un registre proche des Kocani Orkestar, l'incontournable Goran Bregovic, et dans un genre tout aussi inspiré mais non issu de la culture balkanique, le prodigieux Beirut- lequel, soit dit en passant, ne tarit pas d'éloges au sujet des Kocani Orkestar qu'il qualifie de "meilleur groupe balkanique" (là, je vous mets sur la voie...). Comme envers toutes choses aimées, les attentes sont décuplées, et peu d'appelés finissent élus. Vous l'aurez compris, "The Ravished Bride" n'a donc pas échappé à mon intransigeance, de sorte que la mention "grande distinction" que je lui délivre n'en est que plus glorificatrice. Oui, Kocani Orkestar est sans conteste un de ces groupes à élever au rang de référence pop-folk-balkanique capable de fomenter de jouissives révolutions viscérales. Car c'est bien la fête qui est au centre de cet amas de gros cuivres, de clarinettes, de percussions, d'accordéons, de cordes frottées, j'en passe et des meilleures. Il y a cette voix, aussi, admirablement portée par le jeune et non moins talentueux Ajnur Azizov, lequel apporte cette épaisseur qui manquait à la formation exclusivement instrumentale des débuts. Aujourd'hui, les Kocani Orkestar parviennent à conserver l'authenticité des racines populaires, sans pour autant se priver d'y adjoindre les bienfaits d'incursions multiculturelles. C'est ainsi, par exemple, que la formation - pour rappel, d'origine macédonienne - n'hésite pas à reprendre un classique mexicain ("La Llorona") ; à s'abandonner joyeusement à des arrangements de guitares tout aussi dissonants que bien calibrés ("Sahara Dreams") ; ou encore, à s'essayer à de belles esquisses jazzy ("Divanosko"). Pour finir, j'épinglerai le tubesque "Hajde Te Kelas" dont la vertu euphorisante est si intense qu'il habite aujourd'hui la sonnerie de mon portable. Le hic, c'est que depuis lors, j'ai du mal à décrocher. Et, contrairement au titre, cela ne ravit pas ma mariée.

David Vertessen

Sokeres
Romani Kaj
The Ravished Bride
La Llorona
Papigo
Mangelma Stoposto
Gelum Ko Bijav
Kalino Mome
Hajde Te Kelas
Sahara Dreams
Kodraka
Divanosko
But Katili

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