La Route du rock hiver - Du 17 au 19 février 2012 à Saint-Malo

02/03/2012, par | Festivals |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

Samedi 18 février

A la Route du rock hiver, les samedis après-midi sont studieux – mais aussi divertissants. Au programme, deux conférences gratuites avec son et images, et une pause sushis entre les deux (le festivalier est formidablement bien traité). Premier à prendre le micro, Stéphane Malfettes présente avec humour (il devrait faire du stand-up comme Thomas VDB) son périple de six semaines aux Etats-Unis dont il a tiré un livre, "American Rock Trip". L'auteur est allé visiter les musées, cabinets de curiosités et autres lieux commémoratifs improbables consacrés à de grandes figures de la musique populaire comme Elvis Presley, Jerry Lee Lewis ou Roy Orbison, et en a ramené d'amusantes anecdotes mais aussi d'intéressantes réflexions, notamment sur le statut de fan. L'érudit Christophe Brault lui succède, venu causer des "excentriques, fous, drogués, hurluberlus, alcooliques et fafelus" ayant laissé une empreinte plus ou moins profonde dans l'histoire du rock. Le voir danser sur les Happy Mondays fut l'un des grands moments de cette 7e édition hivernale.

Une grosse heure plus tard, ce sont les quatre Américains de Blouse qui ouvrent la soirée à l'Omnibus. Le groupe mixte de Portland doit habiter pas loin de Beach House et Memoryhouse, livrant une dream pop un peu sombre, bien dans l’air du temps, à la mélancolie très anglaise : on pense à New Order, au Cure de “Seventeen Seconds”, à Everything But The Girl période électro ou à Broadcast pour la voix. Le résultat n’est pas d’une extrême originalité et le groupe manque encore un peu de charisme malgré le charme de sa chanteuse Charlie Hilton (pas vraiment le même genre que Paris…), mais l’ensemble est plutôt plaisant, avec une poignée de morceaux plus intenses qui sortent du lot. Reste à voir si Blouse saura évoluer sur la durée.

 

Blouse


On retrouve ensuite une vieille connaissance, Emil Svanängen alias Loney Dear, accompagné des même musiciens qu’au festival Mo’Fo’ quelques semaines plus tôt. Forcément, le concert n’est pas très différent, avec juste un peu moins de problèmes techniques. D’une simplicité toute scandinave, le très sympathique Emil, passant de la douze-cordes aux claviers et vice versa, demande au public de faire les chœurs, et même un bourdon (une note tenue) sur toute la longueur d’un morceau. Une bonhomie qui contraste avec la veine plutôt sombre des chansons, issues pour la plupart du dernier album “Hall Music”. On retiendra de ce concert au généreux rappel quelques-unes des envolées vocales les plus émouvantes du festival.

Loney Dear


Après des années de confidentialité injuste, Baxter Dury rencontre enfin un succès mérité avec son troisième album sorti l’année dernière, “Happy Soup”. On pouvait donc supposer qu’une bonne partir du public du samedi était venu avant tout pour lui – et qu’il ne sera pas reparti déçu. Certes, Baxter n’est peut-être pas le chanteur le plus expressif du monde, mais pour ce qui est de la coolitude il a peu de concurrents sérieux. Il est aussi très bien entouré : un guitariste fin, une rythmique discrète et impeccable, et bien sûr l’adorable (le mot est faible…) Madelaine aux chœurs et claviers. Tombant veste et cravate au fil du concert (mais refusant de se déshabiller totalement comme le lui demandait une spectatrice), le fils de Ian enfile sans forcer les petits tubes du dernier album, plus quelques titres plus anciens et tortueux comme “Cocaine Man”. Une prestation à la fois pro et décontractée qui restera comme l’une des meilleures du week-end.

Baxter Dury 1

Baxter Dury 2

Baxter Dury 3


Si la plupart des groupes programmés faisaient usage de synthés et claviers, aucun n’avait une démarche aussi radicale et totale qu’Elektronische Staubband, trio composé de Lionel Laquerrière, Thomas et Poli et Yann Tiersen, ce dernier se fondant de nouveau dans l’anonymat d’un collectif après son expérience avec Orca. Sur scène, disposées en arc de cercle, rien que des machines pour la plupart vintage, de celles que l’on entend sur les disques de krautrock des années 70. Agrémentés de quelques parties vocales noyées dans la masse sonore, les morceaux (tirés du répertoire récent du Breton, mais difficilement reconnaissables) sont d’impressionnantes odyssées sonores qui nous emmènent très loin, malgré quelques décrochages. Très loin du Yann Tiersen découvert avec “Le Phare”, en tout cas… Même si on n’a pas été convaincu par tous ses projets, cette propension chez lui a toujours aller de l’avant est éminemment louable.

E. Staubband

La soirée se termine avec l’Américain Bryan Hollon, alias Boom Bip, simplement accompagné d’un (très bon) batteur. Une petite heure d’abstract hip-hop alerte venant prolonger sur un rythme plus soutenu et dans des atmosphères plus variées les expérimentations planantes de ses prédécesseurs, et concluant idéalement la soirée.

Boom Bip


les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals
»» toutes les interviews