Lady and Bird - Interview

08/10/2003, par Gildas | Interviews |
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Et vous aviez un but en faisant cet album ?

Lady : heu ...
Bird : On ne s'est pas posé de questions. On n'en a pas parlé. C'est arrivé.
Lady : on ne se pose pas ce genre de questions.
Bird : c'est trop compliqué pour des petits enfants, on fait juste ce qu'on fait.
Lady : oui, on fait ce qu'on fait. C'est trop dur si on pense trop.
Bird : ça nous fait nous sentir mal.
Lady : oui, très mal. On fait juste ce qu'on fait.
Bird : c'est mieux de penser moins
Lady : et de faire plus.

Donc on peut dire que c'est un album très instinctif ?
Bird : oui. La première chanson dit vraiment tout ce qu'il y a à dire sur l'album. "Do what I Do", vois ce que je vois, ressens ce que je ressens, en allant nulle part.
Lady : tout est dans nos têtes. Et il n'y a pas vraiment de façon d'exprimer comment cela devient cet objet qu'est le CD.
Bird : on fait juste ce que l'on fait et on ne va nulle part, sans directions.
Lady : et on ressent ce que l'on ressent et on voit ce que l'on voit.

Et les deux reprises "suicide is painless" et "Stephanie says" qu'il y a sur l'album, c'est la même chose, vous les avez enregistrées comme ça, parce qu'elles s'imposaient à vous ?
Lady : non, non, non, non, non, il y a une raison bien spécifique pour chaque choix. Pour Stephanie, c'est parce qu'on aime bien les prévisions.
Bird : oui, les prévisions météo.
Lady : les prévisions météo, oui.
Bird : à la télévision ça nous rend heureux de regarder les prévisions météo
Lady : c'est notre émission préférée.
Bird : on rit toujours en le regardant. A Bruxelles, on regarde le "Weather Channel". et à la fin de la chanson, les paroles font "it's so cold in Alaska"
Lady : et à la télé, on a vu que c'était vrai. Il fait vraiment Froid en Alaska. Donc on a aimé la chanson parce que c'était vrai.

Et pour "suicide is painless" ?
Lady : parce qu'on adore le groupe.
Bird : ça faisait Tong teuh tong teu tong teu teu teu teu (il imite un vague son de clavier très fort) tu connais ? c'est "misery train" une nouvelle chanson de Suicide et c'est vraiment indolore (painless) c'est presque gai. Les paroles sont déprimantes, mais la musique est assez gaie. C'est indolore par rapport aux premières chansons de Suicide qui étaient plus comme ça "tadatadatadatadta" (il chantonne encore)
Lady : et aussi ... Le message est à la fin de la chanson (you can do the same thing if you please) vous pouvez faire la même chose si vous voulez. Et on voulait faire la même chose alors on a fait la même chanson. On a choisi les chansons en fonction de leur dernière phrase. Pour "stephanie says" c'est parce qu'il fait froid en Alaska et pour "Suicide Is Painless" c'est parce qu'on voulait faire la même chose.

Comme les covers, l'album est assez sombre et plutôt triste. Vous êtes des enfants tristes ?
Lady : c'est dans l'abri ... C'est pas de notre faute. C'est parce que les gens sont méchants. Et avant qu'on atterrisse dans des corps d'adultes, on ne se rendait pas compte que tout le monde essaye de te transformer en monstre. Pas nécessairement en voulant te faire mal mais en essayant de faire plaisir aux autres. Donc ... Il y a des gens qui le font parce qu'ils veulent te faire du mal... Mais ... C'est une façon de ... Dans l'abri, rien ne peut nous arriver.
Bird : parce que dans notre abri, quand nous y sommes et les gens essayent de nous atteindre et de nous faire subir des choses vraiment terribles. Mais la seule chose qu'ils parviennent à faire c'est de s'approcher. Parce que dans l'abri, ils ne peuvent pas nous atteindre.
Lady : oui, ça les bloque.

Et c'est quoi les choses terribles qu'ils veulent vous faire ?
Bird : des choses vraiment terribles ! Tellement terribles qu'on ne peut pas en parler.
Lady : oui, vraiment terribles. Des fois ce sont des mensonges. Et d'autres fois ce sont d'autres choses. Mais en fait ils veulent nous transformer en monstres.
Bird : Nous étions purs avant. Mais ils sont arrivés à nous transformer en monstres. Mais comme nous sommes des enfants nous n'y pensons pas trop. Nous acceptons le fait que nous sommes devenus des monstres et nous essayons de le changer. Mais c'est comme d'arrêter de fumer. Ca fait mal. Alors il faut s'y prendre étape par étape. Des fois, ça marche pour 2 jours et puis tu redeviens un monstre, et puis tu arrêtes encore. C'est comme une habitude. Quand tu ne l'as jamais fait c'est facile de l'éviter. Mais quand tu commences... Ca devient très dur d'arrêter.

Mais vous êtes des enfants ou des monstres ?
Bird : on est des monstres.
Lady : d'une certaine façon on est des monstres mais d'une autre façon non. Par exemple les corps humains sont des monstres, mais nous n'en étions pas avant d'en prendre possession. Heu ... Et puis parfois nous sommes des monstres pour nous protéger et protéger Shepard. Parce que Shepard est la seule personne qui peut nous voir quand nous n'avons pas ses formes.

Pourquoi vous devez protéger Shepard ? d'après sa voix, je pensais qu'il était plus âgé que vous ?
Lady : au début il parlait comme les irlandais. Avec une voix très aigue, avec des fréquences ...
Bird : des fréquences assez dérangeantes.
Lady : oui, comme quand les Irlandais parlent avec des voix très aigues. Ce qui peut être bien, mais Shepard était encore plus aigue que les Irlandais.
Bird : et puis les gens lui ont dit trop de mensonges et il a commencé à fondre. Parce qu'il était pur.
Lady : oui, il fondait.
Bird : tellement de mensonges qu'il est complètement fondu, fondu, fondu.
Lady : des mensonges et des choses méchantes, tu sais, des trucs de monstres.
Bird : mais il n'est pas devenu un monstre, il a juste fondu.
Lady : oui, fondu. Mais il a communiqué avec nous et il nous a prévenu que si nous ne nous protégions pas, la même chose nous arriverait.
Bird : et c'est pourquoi nous avons développé quelques tendances monstrueuses.
Lady : des tendances monstrueuses ... On a tendance à faire des trucs de monstre, comme tous les humains, quand nous sommes dans ces corps.

L'album, c'est une des façons de vous protéger ?
Lady : non, on ne s'est pas posé la question.
Bird : non, on fait juste ce que l'on fait, on ressent ce que l'on ressent en allant nulle part, sans direction.
Lady : parce que tu peux faire ce que tu veux mais nous faisons ce que nous faisons.
Bird : et tu peux faire la même chose si tu veux.

Vous avez fait tout ça seul ? juste tous les deux ?
Lady : oui
Bird : oui, oui.
Lady : il y a deux personnes qui sont venus jouer de la basse et des batteries sur deux des chansons mais ce sont les seules personnes de l'extérieur qui ont participé. Et ils ne sont pas rentrés dans notre abri.

Et les chansons ...
Lady : on n'y pense pas, on fait. Simplement et la façon dont ça sonne nous plait et c'est comme ça que ça doit être...

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