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LAMBCHOP
- La Boule Noire, le 11 mai 2000
Calexico,
Vic Chesnutt et Lambchop, une affiche idéale pour
un concert qui s'était déroulé il
y a un an et demi à Paris. Je l'ai lamentablement
loupé. Donc cette fois-ci, le passage de Kurt Wagner
et de sa troupe était noté au marqueur rouge
(mais alors très rouge), à l'encre indélébile,
à la date du 11 mai.
A l'annonce de la salle, La Boule Noire donc, une petite
crainte tout de même : comment arriveront-ils à
caser une dizaine de musiciens sur une scène aussi
minuscule ? Eh bien, finalement, en tassant un peu le
groupe de Nashville, cela passe et l'effet dense de cette
population sur l'estrade rappelle la luxuriance des morceaux
sur les albums.
Le concert débute par un petit exercice de pedal-steel,
puis c'est l'arrivée de Kurt (avec bien entendu
son inséparable casquette) et du reste de la troupe
qui s'arment de trois guitares, de deux basses, d'un métallophone,
d'un clavier, d'une batterie et de la chaleureuse section
de cuivres (trompette et saxophone). Et là, c'est
parti ! Wagner plonge dans le répertoire du dernier
album en déformant "The Butcher Boy",
en illuminant un "The Distance From Her To There"
sous le sourire de la saxophoniste poussant les petits
"hou hou" de circonstance, en jouant les hymnes
dansants que sont "Grumpus" et "Up With
People" (ce dernier que je préfèrerai
vraiment toujours sans les choeurs gospels) mais également
en tapant dans quelques anciennes perles. C'est ainsi
que l'adorable Nashvillien et son orchestre partent sur
un "Give Me Your Love" qui ne peut que faire
dandiner du popotin les habituels statiques en concert.
Wagner nous gâte donc et le public le lui rend bien.
Fans français du groupe et Américains de
passage (assez nombreux semble-t-il) ont un grand sourire
aux lèvres et ne sont pas avares en battements
de mimines. Le groupe l'a bien compris et même si
un seul rappel semblait avoir été prévu
(Wagner nous expliquera, avant le deuxième rappel,
avoir demandé en coulisses à ses camarades
quel titre ils pourraient bien jouer), la chaleur des
spectateurs les fait réapparaître deux fois
pour jouer, en particulier, "Soaky In The Pooper",
morceau se trouvant sur le premier album du groupe, "Jack's
Tulip", et douceur acide qui avait été
le déclencheur d'une passion...
Le grand penseur de l'audiovisuel Thierry Roland avait
déclaré à la fin du match France-Brésil
de 1998 : "Je crois qu'après avoir vu ça,
on peut mourir tranquille, enfin le plus tard possible,
mais on peut. Ah c'est super ! Quel pied, ah quel pied,
oh putain !". Je crois que ce concert sera ma Coupe
du Monde ;-]
Lorseau
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