Larkin Grimm - Parplar

02/12/2008, par David Vertessen | Albums |
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LARKIN GRIMM - Parplar
(Young God / Differ-Ant) [site] - acheter ce disque

LARKIN GRIMM - ParplarC'est pourtant sous de barbifiants auspices que s'inaugure cet opus. Si le reste de l'album s'était inscrit dans la voie trop menue du prologue, il n'y aurait pas eu de quoi en faire un "pa(r)plar". Heureusement, il n'en est rien : "They Were Wrong" n'est autre qu'un interlude qui vient prévenir de l'arrivée d'un cyclone énigmatique qu'on aurait tort de ne pas enfourcher au vol. A peine le temps d'enfiler les bottes et le chapeau que déjà s'engage une chevauchée infernale à destination d'ailleurs. Peu importe où, car seul compte le voyage : "Ride That Cyclone" fend l'air sur fond de vieux western décrépi, empli d'harmonies vocales, et saupoudré de cuivres mariachi. Submergée par la fatigue et rattrapée par la nuit tombante, l'exaltation s'ankylose. Sur fond de guitare folk, à mi chemin entre le rêve et le songe éveillé, une ondulation fantomatique vient camper l'obscurité ambiante, ornée de sonorités xylophoniques et de cordes frottées. A l'aube, la cavale reprend de plus belle. La guitare est bien sûr au centre de l'échappée, mais cette fois-ci, à la voix grave de Larkin, doublée par ses propres chœurs haut perchés, se joint un piano sans doute dégotté dans un vieux saloon abandonné. A ce stade de l'équipée, les plaines désertiques de l'Ouest ont fait place à un paysage enfantin et multicolore. La probabilité d'y croiser les sœurs Casady (CocoRosie) en train de chevaucher un lapin géant n'est pas à écarter. Et quand vient l'heure du tantra à l'honneur de "Durge", il n'y aurait rien d'étonnant à ce que Devendra Banhart, par l'odeur d'encens et de patchouli alléché, rejoigne la petite communauté. Les substances euphorisantes qui se dégagent du camp de fortune sont telles que même les mulots se mettent à chanter des airs moyenâgeux ("Mina Minou"), tandis que des questions existentielles du style : "comment attraper un lézard ?" occupent les esprits embrumés. Comme son patronyme l'y prédisposait, Larkin a su construire un univers fait de contes et de fantasmagorie dont la trame déjantée a tout autant le don de plaire que d'irriter. Mais même urticant, il fait bon s'y frotter.

David Vertessen

They Were Wrong
Ride That Cyclone
Blond and Golden Johns
Dominican Rum
Parplar
Durge
Be My Host
Mina Minou
My Justine
Anger in Your Liver
All the Pleasures
Fall on My Knees
How to Catch a Lizard
The Dip
Hope for the Hopeless

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