laudanum - Decades : track by track

13/11/2009, par Guillaume Sautereau | Track by track |
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LAUDANUM - Decades : Track By Track

Matthieu Malon a livré ces jours-ci le troisième volet des aventures discographiques de son projet laudanum. Après la débauche d'invités du précédent "Your Place & Time Will be Mine" en 2006, "Decades" se recentre sur son auteur. Visite du propriétaire.

laudanum, par Guillaume Sautereau

1 - drekjnd#1

En solfège, le silence est un moment pendant lequel un instrument n'émet aucun son. En physique, le silence parfait correspond à zéro décibel mais on considère qu'il n'existe pas sur terre. Je me suis toujours posé pas mal de questions sur le silence (comme sur le bruit d'ailleurs). Chaque individu a une façon différente d'appréhender et de gérer le silence, son propre silence comme celui autour de lui. Certains ne le supportent pas et font tout pour remplir le vide, quand d'autres en jouissent tant qu'ils peuvent.
J'ai pour ma part eu l'impression de redécouvrir une certaine forme de silence à mon départ de Paris fin 2006, en emménageant avec ma femme dans un appartement à la chambre très calme. Ca me changeait. J'ai vite repris goût au plaisir du silence de la nuit, un peu comme à la campagne quand même les petits bruits nocturnes nous accompagnent dans notre sommeil.

laudanum - drekjnd#1

drekjnd#1 est venu du mélange de toutes ces choses et de mon interrogation quant au silence parfait, celui que peuvent expérimenter les astronautes dans l'espace.
Quand il a fallu trouver un titre à cette chanson, un mot qui ne veut rien dire tombait sous le sens, comme un "son de silence", un son qui n'en est pas un, un mot qui n'en est pas un, un peu à la manière d'Aphex Twin, il y a quelques années.
Le morceau s'est tout naturellement retrouvé en tête d'album avec sa construction en deux parties, la première proche des précédents disques et la seconde qui ouvre vers les nouvelles chansons qui suivent.

2 - losing focus

laudanum - losing focus

Le morceau est basé sur l'écriture automatique et est conçu à partir d'une séquence en boucle.
Au moment d'écrire le texte, l'idée était vraiment de laisser le stylo parler tout seul, même si le sujet de la "concentration" était tout choisi (les samples de voix utilisés et empruntés à une série télé avaient conditionné ce choix).
Difficile donc de dire de quoi tout cela parle vraiment. Beaucoup de métaphores et d'influences (en anglais dans le texte) et pourtant je m'y retrouve pleinement. J'aime particulièrement l'image du clown qui rit et sur lequel on pisse. Très visuel, non ? Et puis j'avais envie d'un phrasé très scandé, un peu à la façon de certaines chansons d'Underworld.
Musicalement, ce morceau a connu de multiples versions, je suis parti de sonorités très industrielles pour aller vers des choses plus new wave ou noisy. La construction finale a pris beaucoup de temps.

3 - we are not an open book

laudanum - - we are not an open book

L'unique morceau calme du disque (et c'est dommage, selon quelques proches). Cette chanson est également passée par plusieurs stades très différents avant d'arriver à la version finale.
J'en suis très satisfait et PE (producteur fidèle, NDLR) a beaucoup aidé à lui donner une autre couleur, car j'imaginais tout d'abord un morceau plus lyrique et tapageur (notamment sur les refrains).
Le texte est assez classique de ce que je pouvais écrire avant, on retrouve les thèmes des relations intra-couple, des difficultés de communication. Il aurait aisément pu figurer sur le premier disque, aux côtés d' "Honest" par exemple. Quant à la musique, j'avais très envie d'une sorte de mix entre le son de Poni Hoax et les voix de The National. Au final, c'en est assez loin, je crois...
Les cuivres on été réalisés par deux membres de Poney Club, groupe avec lequel je travaille en ce moment pour les concerts de laudanum. L'enregistrement de leur arrangement trompette/trombone a été un moment magique du disque : chez eux, autour du poêle à bois en plein hiver 2008. On a tout de suite senti qu'il se passait quelque chose de fort sur le finale du morceau et pour mettre tout cela en valeur, beaucoup d'autres sons ont été enlevés au mixage final du titre.
L'idée du livre ouvert m'est venu tout simplement car pour m'organiser et ne pas m'éparpiller, je me suis mis à écrire plein de bouts d'idées et de textes (ou d'arrangements) dans un petit carnet, un Moleskine. On peut donc y lire tout ce qui me passait par la tête à ce moment là, mais aussi tous mes sentiments quotidiens. J'avais presque l'impression d'écrire mon premier roman !

4 - dopamin

laudanum-04

... ou le retour des instrumentaux... C'était une volonté profonde, après le 2e album gorgé de voix jusqu'à plus soif. Ce ne fut pas une mince affaire de s'y remettre, car j'ai eu vite l'impression d'avoir désappris. Il est rapidement devenu évident qu'il fallait faire live, moins électro, moins maîtrisé. Et puis la basse "hookienne" s'est imposée et le morceau s'est construit autour de ce son unique. Les batteries live de Philippe Entressangle (présent sur tout le disque) sont venues renforcer l'ambiance live de l'arrangement et j'ai tout de même fini par rajouter une voix (comme sur "catching blue", c'est mon iMac qui chante).
La dopamine est un neurotransmetteur. Pour schématiser c'est "l'hormone de la récompense", celle que notre corps fabrique moins quand on arrête de fumer. Je ne fume plus depuis deux ans et j'ai pris de la dopamine en sachets pendant plusieurs mois au moment du sevrage tabagique. Ca m'a vraiment aidé et ça méritait une chanson de remerciements, comme un exutoire !

 

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