laudanum - Decades : track by track

13/11/2009, par | Track by track |
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LAUDANUM - Decades : Track By Track

5 - i see you around

laudanum - i see you around

Je ne suis pas un immense fan de The Cure, je n'ai pas tous leurs disques mais il y a beaucoup de choses que j'aime énormément, je respecte le groupe et je crois que "Pornography" est un des 10 plus beaux disques que je connaisse, une pièce maîtresse de ma discothèque, un album fondateur dans ma façon de jouer et d'aimer la musique. Je pense que cette influence s'est toujours entendue dans mes chansons mais pour "i see you around" cela implose. Je ne crois pourtant pas qu'on puisse parler d'hommage mais j'ai volontairement traité la majorité des sons de façon à me rapprocher de leurs ambiances, de leurs traitements très réverbérés des sons. Je me suis même documenté sur internet pour retrouver quels instruments et quels effets ils utilisaient à l'époque.
Je suis très fier du texte tout en "ambiances", mais aussi du phrasé vocal qui est nouveau pour moi. Chanter ainsi n'est pas du tout naturel, mais ce fut un moment très agréable en studio au moment de l'enregistrement. Toutes les voix ont été faites dans le nouveau studio de PE, le screening-room, qui est l'ancienne salle de projection d'un cinéma désaffecté. La pièce pour enregistrer les voix était très exiguë mais je m'y suis tout de suite senti très à l'aise pour expérimenter de nouvelles harmonies que je n'utilisais pas avant, vocalement parlant.

6 - bada bing

laudanum - bada bing

Je dévore les séries américaines, ok c'est un de mes vices. Je vois beaucoup de choses très moyennes, mais aussi parfois des choses qui me passionnent. "Les Sopranos" fait partie de la 2e catégorie et je me suis enchaîné les 6 saisons au moment où j'enregistrais l'album (Bada Bing est le nom du club qui appartient à la famille sopranos dans la série). Forcément, ça influence, même inconsciemment et, me retrouvant un jour devant un micro et faisant des essais, j'ai juste lancé ces deux mots : "bada bing".
Tout le reste est venu naturellement. On a rendu le morceau plus rock en studio avec guitares et batterie. Ca n'a véritablement aucun sens mais c'est ce qui fait que c'est réussi et que c'est - je l'espère - entêtant. D'ailleurs j'aimerais bien faire un remix dancefloor de ce titre, si j'en ai le temps.

7 - dead champions

laudanum - dead champions

Un des morceaux auquel je suis le plus attaché sur ce disque, même si c'est sans doute le moins évident.
Ici aussi je tente une nouvelle approche de l'écriture. Raconter une histoire qui ne parle pas directement de moi, comme un conte. Bon d'accord, en filigrane et si on gratte un peu, ça reflète quand même tout ce que je pense, en vieillissant. Le ras-le-bol de se faire marcher dessus, de s'écraser pour tout. L'envie de gueuler un peu plus fort que les autres de temps en temps pour ramener le débat au milieu. D'un point de vue politique, on peut aussi voir ça comme l'irritation grandissante face à un gouvernement qui se fout de nous dans les grandes largeurs. "Ah on croit que c'est fini, que je suis au tapis ? C'est ce qu'on va voir !". C'est sans doute ma seule chanson contestataire ou vaguement anarchiste, ça se fête !

8 - no one else on earth

laudanum - no one else on earth

On m'a fait remarquer qu'en lisant seulement les titres du disque, on avait un fort sentiment de tristesse, voire de négativisme... Ca semble donc valable pour celle-là aussi, mais détrompez-vous ! Cette chanson est justement très gaie malgré son titre et ses paroles qui parlent de mort. C'est une vraie chanson d'amour, mais prise à rebrousse-poils. C'est aussi le thème d'Adam & Eve revisité.
J'aime énormément le refrain et l'ambiance "noisy pop" des années 90 qui s'en dégage, les trompettes par dessus le flot de distorsions et de choeurs. J'ai pas mal pensé à "Giant Steps" des Boo Radleys au moment d'arranger cette chanson. Ok ça s'entend et j'assume totalement. On m'a aussi parlé du solo de guitare qui serait mal enregistré. Non non, il est parfait comme ça, sinon promis on l'aurait refait !

9 - birth school work death

laudanum - birth school work death

Tout part de la voix samplée. Cette phrase est tellement forte qu'elle pourrait se suffire à elle même et qu'elle résume, comme pour le morceau précédent, tout ce en quoi je crois : à la première lecture, on se dit que c'est un constat déprimant, négatif, sordide même, alors que c'est au contraire une formidable leçon de vie, d'espoir et de lutte. Le fait de vieillir, de voir le temps défiler chaque année plus vite est au coeur du disque, à tout instant, jusque dans son titre même. Et il éclate ici au grand jour, au final.
J'ai voulu construire cet instrumental comme une montée permanente, jusqu'au paroxysme du bruit. Tous les sons, tous les instruments s'enchevêtrent jusqu'à ce qu'on ne distingue plus trop qui fait quoi. C'est aussi mon hommage à The God Machine, groupe capital dans ma construction musicale, et qui véhicule souvent ce même type de thèmes, qu'ils soient musicaux ou non.
Comme tout le monde, et sans faire de citation, je m'interroge souvent sur le sens de la vie : "birth school work death" et sa vision "épicurienne" est une réponse aussi valable que les autres et que je soutiens fermement. Il faut vraiment profiter du peu de temps qui nous est imparti sur cette terre pour faire tout ce qu'on veut ! Comme le dit la voix de John Scurti : "demain n'est pas garanti".

Propos recueillis par Guillaume Sautereau


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