Le faux numéro des Foals

24/01/2013, par Christophe Despaux | Clips |
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Parfois, les clips servent à donner des nouvelles très précises de groupes dont on n'attend rien (et on fait bien). Il suffirait d'être sourd par exemple, et de regarder sans le son "My Number", le dernier clip des Foals, pour comprendre que quelque chose cloche. Après l'amorce scorsesienne avec le fan qu'on refoule du concert, alors que le club n'est même pas si bondé que ça (est-ce sa coiffure La Roux de garçon sensible ?), nous spectateurs avons la chance infinie de voir les Foals et leur public jeune et beau (ah bon ?) se trémousser admirablement bien sur la musique des anciens dauphins des Klaxons. L'argument de vente du clip est qu'on va suivre la vie d'un concert, les coulisses : soit des filles qui se remaquillent aux toilettes, pendant que d'autres embrassent sur la bouche des garçons, des jeunes sous drogues titubant, mais ouf, le malaise est passé (la décomposition prismatique des couleurs évoque tout ça), et bien sûr le groupe qui joue. On aimerait y croire, mais nous titille un détail curieux, celui des trois blacks survoltées dansant à l'extérieur, profitant de miettes sonores du concert (elles n'ont pas pu rentrer, les pauvres - quoique si à la fin, dans une sorte de fantasme à la Saturday Night Fever où elles hypnotisent le public). Les trois blacks sont évidemment la caution crossover, le groupe a changé, mûri, a gagné de nouveaux fans. Voire. Difficile de croire à l'écoute de "My Number" que Foals a pu un jour se réclamer des Talkings Heads, on dirait là du rock anglais de stade lambda un niveau en dessous des Kaiser Chiefs. Et le trio de party-girls black devient un contresens géant. Il est impossible avec cette musique pataudement vulgaire que trois déesses de la danse s'éclatent comme des malheureuses à l'extérieur de la boîte où jouent leur nouveau groupe préféré (alors qu'on imagine très bien les mêmes devenir de véritables ménades sur "Stop Making Sense"). Le clip de "My Number" - pour lequel manque heureusement le nom du réalisateur - est donc ce qu'on appelle un voeu pieux. Espérons qu'il le reste, et profitons pour remarquer que Yannis Philippakis ressemble de plus en plus à Philippe Torreton et Nicolas Sirkis, ce qui convenons-en, nous fait une belle jambe.

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