Nous - en l'occurrence Jean-Charles Dufeu et votre serviteur - avions rencontré Elyas Khan, le chanteur de Nervous Cabaret, à Paris lors de la sortie du premier album du groupe. L'interview soigneusement préparée (malgré le peu d'informations qui avaient jusqu'ici filtré sur ces mystérieux New-Yorkais aux origines et backgrounds divers) s'était vite muée en conversation informelle, Elyas partant dans de longues tirades sur de nombreux sujets, souvent passionnants. Quelques mois plus tard, un concert impressionnant à la Maroquinerie nous convaincrait définitivement de tenir là un groupe vraiment pas comme les autres. Le chanteur était de nouveau de passage dans la capitale il y a quelques jours, sans ses musiciens. L'occasion de prendre un verre avec lui, en attendant de réaliser une véritable interview à la rentrée. Le deuxième album de Nervous Cabaret, "Drop Drop Little Bottle", doit sortir... le 11 septembre, et le groupe sera en tournée européenne de la mi-octobre à la mi-novembre. Plus subtil et varié que le précédent, grâce notamment à une véritable section de cuivres, le nouveau disque en a conservé l'énergie et l'étrangeté, quelque part entre la voix sacrée de Nusrat Fateh Ali Khan, la musique échevelée des Balkans (très à la mode grâce à Beirut et quelques autres) et la puissance du rock. Toujours aussi bavard, passionné et exigeant, Elyas me raconte sa vie de coursier à New York dans les années 80, évoque ses nouveaux musiciens que Joseph Arthur lui a déjà "empruntés", s'inquiète de l'état de l'industrie du disque et affirme que rien n'arrive si on ne se prend pas en main. Ainsi, après la sortie française du premier album, il est resté trois mois à Paris et dans d'autres villes d'Europe pour essayer de faire connaître sa musique, jouant en solo dans des petits bars (Flèche d'or, Truskel, Neuf Billards...) et enregistrant des démos qui ont formé la base de "Drop Drop". Sur lequel nous reviendrons plus longuement dès septembre. Merci à Laurent chez Naïve.
La chronique du premier album L'interview d'Elyas Khan, février 2006