Le Prince Miiaou - Interview

30/09/2009, par Luc Taramini | Interviews |
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Sur ta page MySpace, on voit que tu as une relation particulière à l'image, un besoin de te mettre en scène ?

A la base, j'aime la vidéo. Je fais mes clips moi-même. Je fais principalement de la musique mais ça me donne l'opportunité de faire aussi des photos et des clips sur ce support qu'est Le Prince Miiaou. C'est quasiment une activité parallèle. J'ai une raison de faire de l'image quand j'ai une chanson de prête et que je veux la mettre en image. J'aime bien faire mon montage sur Premiere Pro. Comme je ne tourne pas 300 jours par an, j'ai du temps libre qu'il faut bien occuper. Donc j'en profite.

Le Prince Miiaou, par Agathe Philbé

Toujours sur MySpace, il y a une page de blog avortée, autre manière de cultiver ton narcissisme ?
Je suis très narcissique comme tous les artistes. Mais au final, je ne me raconte pas tant que ça. Je me dévoile mais je ne me mets pas en scène. D'ailleurs je ne sais pas ce que ça veut dire. C'est juste qu'à chaque fois, c'est moi et pas un personnage.
Je n'en dis pas tant que ça et en même temps je suis complètement impudique.

Je trouve ton rapport à la photo assez émouvant, tu es capable d'être très féminine ou de t'enlaidir d'un cliché à l'autre, pourquoi ?
Je n'ai pas l'impression de jouer sur le côté féminin. Je ne suis pas un mannequin donc je ne vais pas poser de façon à ce qu'on me trouve belle. J'essaie juste d'appliquer les choses que j'ai dans la tête. Je suis autodidacte et je m'amuse avec plein de supports sans technique du tout et ça m'occupe.

Est-ce que les pochettes de PJ Harvey ont été une influence dans ton rapport à l'image ?
Elle va plus loin que moi. Elle est parfois immonde sur les photos. Je ne pourrais pas assumer d'être laide à travers le regard d'un autre photographe. Avoir une photo de moi dans un journal où je suis vraiment moche, je ne serais pas à l'aise du tout. Il faut que ça soit moi qui décide. Quand on fait des photos et qu'on n'est pas belle de manière objective, il faut qu'il y ait un autre intérêt qui passe par la mise en scène ou le graphisme.

J'ai été assez bluffé par la qualité de tes textes en français, tu les travailles beaucoup ou pas du tout ?
Tous les textes en français sont sortis d'un coup. C'est un peu cliché de dire ça mais c'est vrai. Celui où je dis que je me remplis par le pied gauche m'est venu la nuit. Je n'arrivais pas à dormir, ça me taraudait alors je l'ai écrit comme ça. Pareil pour les autres.

Il y a des messages cachés ou c'est purement abstrait ?
Ce sont des images la plupart du temps. Mais il y a aussi des messages cachés. Pas toujours cachés d'ailleurs. J'aime bien aussi les messages frontaux comme quand Interpol dit "Stella I love you". C'est parfois encore plus difficile à faire que de masquer le sens. Dire un truc chouette et frontal, c'est plus dur en fait !

Pareil pour l'anglais ?
L'anglais c'est complètement différent. J'aime bien les textes des chansons, mais quand même moins que ceux qui sont en français, parce que je n'ai pas le niveau pour jouer sur les mots. Le deuxième album est à 90 % en anglais parce que le problème que j'ai, c'est que je ne sais pas chanter en français. Si je fais des textes en français ça donnera des chansons parlées, donc un univers plus glauque. Et comme j'aime bien chanter, c'est quand même l'anglais qui s'impose dans mon écriture.

Le Prince Miiaou, par Agathe Philbé

Comme tu es accompagnée de musiciens, Le Prince Miiaou est-il un groupe ?
Tout le monde croit ça mais pas du tout. Ce sont deux interprètes de ma musique qui jouent ce que j'ai écrit. Ils arrivent en studio avec leurs partitions, font leurs parties et s'en vont.

Ce sont des gens de ta région charentaise, proche de Luis Francesco Arena ?
Oui, mais moi je suis plus jeune qu'eux. Le violoncelliste, François-Pierre Fol joue avec LFA. Norbert Labrousse, le batteur, joue avec Laurent Paradot (Gatechien) dans le duo Les Méchantes Filles. Actuellement, je cherche un musicien supplémentaire pour le troisième album...

...Déjà ?
Oui, il est composé aux trois quarts et je me rends compte que je bloque pas mal sur les textes.


Photos : Agathe Philbé 
Merci à Melissa, et à Maud-Elisa de nous avoir reçus chez elle.

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