Le Rock dans tous ses états - Evreux, les 26 et 27 juin 2009 : Naïve New Beaters, Alela Diane, Zone Libre, A Place To Bury Strangers...

02/09/2009, par | Festivals |
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19 : 45

Vous vous souvenez de Sloy ? Un groupe français des années 90 mais si ! le groupe avec Armand Gonzales et son fameux yaourt en guise de parole et à l'intensité scénique mémorable. Cyril Bilbeaud l'ancien batteur (qu'on a pu voir aussi chez Versari) s'aventure de nouveau dans un projet hors-norme avec Serge Teyssot Gay, guitariste hors pair et auteur de plusieurs albums remarquables ("Silence radio" et "On croit qu'on en est sorti") : Zone Libre. Marc Sens, électron libre, est aussi de la partie. A la rencontre de ces garçons élevés aux guitares saturées, on retrouve Casey, une rappeuse qui s'intéresse depuis longtemps au format rock et Hamé de La Rumeur, groupe infréquentable, remplacé ce soir là par B James tout aussi efficace. Le résultat de cette tribu est impressionnant de force et de fureur. Les textes travaillés sont puissants et tournent autour de la violence de la ville et de nos sociétés ulcérées, de la négritude, de l'exclusion.

Zone Libre

Du point de vue musical, l'électricité furieuse colle aux mots et cette belle équipe a l'air de pas mal s'éclater sur la scène A. Teyssot-Gay d'un calme olympien lors des réglages se met à jouer de façon frénétique entre fréquence basse et solo suraigu tandis que Casey donne tout ce qu'elle a. Impressionnante sur scène Casey balance tout avec un phrasé parfait qui met le texte très en avant. Même si le projet s'éloigne des standards FM des titres accrocheurs comme "Une tête à la traîne" ou "Purger ma peine" sont des compositions ou rap et rock créent vraiment des chansons hybrides à la puissance rarement atteinte. On pense parfois à Expérience ou à Programme, deux groupes français qui mélangent dans d'autres proportions ces deux genres qui paraissent maintenant tellement proches. Le public est assez réceptif et Casey dès qu'un titre est terminé se lâche, plaisante un peu, fait allusion aux grands petits de ce monde et dès que la musique reprend s'immerge dans un flow hardcore...

21 : 50
A Place To Bury Strangers : choix audacieux pour le Rock dans tous ses Etats que de faire venir ces Américains. Très loin des groupes sensés mettre l'ambiance avant les grosses machines - Tryo pour le coup - A Place To Bury Strangers est une expérience sonore à la croisée de Joy Division et de Jesus & Mary Chain. Un mur de guitares saturées lâchées par le chanteur maigrelet couvre les arpèges du pauvre Sammy Decoster sur une scène peut-être trop proche. Au début du concert la foule est clairsemée mais rapidement on vient jeter une oreille, assez halluciné de voir que cette nappe sonore est le résultat d'une modeste formation et pourtant toujours efficace : guitare - basse - batterie, certes avec beaucoup d'effets. Le chanteur statique, sans un regard en direction du public, assène ses textes face à un parterre médusé. Des réverbérations sonores arrivent par vagues successives rendant parfois l'utilisation des boules quiès indispensables. L'ensemble inspiré par les déflagrations soniques et par les rythmes de la cold-wave des années 80 se tient parfaitement. On ne peut pas dire que la foule se trémousse mais l'auditoire est attentif et assez surpris par l'ambiance très particulière qu'a su faire émerger ce groupe en plein festival. Bravo Monsieur le programmateur et au revoir la Normandie...

Textes et photos : Benoit Crevits

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