Leopold Skin - Interview

16/03/2011, par Béatrice Lajous | Interviews |
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Depuis la sortie de son deuxième album, I See Mountains, Leopold Skin sillonne les routes de France. Rencontre avec les trois membres de la formation, Damien Fahnauer, François-Régis Crosier (St Augustine) et Grégoire Lafarge (The Glums), peu de temps avant leur premier concert à Bordeaux. 

Leopold Skin 1

On va revenir un peu sur la sortie de l'album, l'accueil qui lui a été réservé.

Damien : L'album est sorti le 22 novembre 2010. Il a été enregistré en juin. Le premier était sorti en décalé, après mon retour du Canada. Celui-ci est donc plus frais, il a été plutôt bien reçu et on a eu de très belles chroniques dans des magazines et des webzines. J'étais content, mais j'ai tendance à me dire que dès que le disque est sorti, je ne veux plus en entendre parler. J'ai pas mal tourné avant la sortie. En fait, je fais les trucs à l'envers. On va continuer de jouer en mars et en juin a priori.

 

Etiez-vous déjà réunis pour le premier album ?

Damien : François, oui. Grégoire nous a rejoints pour le deuxième album avec le batteur, Olivier. Il joue dans Garciaphone, mais voulait se concentrer sur son projet solo.

François-Régis : Du coup, on a refondu tout ça.

Damien : Ça ne sonnera pas comme le disque. François joue maintenant au clavier et aux percussions, et Grégoire à la basse. On a joué trois fois ensemble avec cette configuration.

François-Régis: C'est vraiment le début de cette formation. On aime bien changer.

 

En ce qui concerne la composition, Damien, tu écris seul et ensuite vous travaillez à plusieurs?

Damien : C'est vrai, j'écris beaucoup et je trie petit à petit avant les arrangements.

François-Régis : Musicalement, le deuxième a été plus travaillé en groupe que le premier. 

Damien : Les chansons étaient là, mais la texture est différente. On a par exemple enregistré le deuxième en live – guitare, basse, batterie. J'ai d'autres compositions, mais je préfère les laisser mûrir.

 

Cela ne vous dérange pas d'évoquer à nouveau le label, Kütu Folk Records ? Votre engagement ?

Damien : C'est assez dur. Il y a quatre groupes fondateurs et c'est aujourd'hui Alexandre (The Delano Orchestra) et Bertrand (Pastry Case) qui s'en occupent à 100%. On leur doit énormément.

François-Régis : Les rôles se sont vraiment définis au fur et à mesure du temps. On va avoir 5 ans au printemps. On étudie ou on bosse à côté, et il faut gérer la partie administrative. On reste impliqués du point de vue artistique, par exemple les écoutes et les signatures avec des groupes. Le label reste très artisanal, voire familial. On donne quand même des coups de main pour emballer les disques.

 

A l'avenir, vous pensez réaliser des vidéos ?

François-Régis : Il faut qu'on développe ce côté. On se fait la main avec ceux d'Alexandre et on devrait élargir aux autres membres. On a besoin d'une actualité forte, c'est sûr.

Damien : Pas simple de monter une vidéo, j'aurais besoin d'aide. Mais je trouve ça important de pouvoir se projeter dans ce format-là.

Leopold Skin 2

Qu'est-ce que vous apporte le live aujourd'hui?

Damien : J'aime vraiment faire confiance aux gens avec qui je joue. Je ne leur dis pas forcément quoi faire. On a évidemment des goûts communs.

François-Régis : On prend forcément un peu chez les autres. Damien laisse pas mal de liberté, voire à l'extrême. On peut partir sur une improvisation et si ça fonctionne la reprendre pour le concert suivant.

Grégoire: Sachant que l'album était plus orchestré, on est dans l'obligation de changer les choses. On est en dehors de certains codes.

 

Grégoire, tu peux nous en dire plus sur The Glums ?

Grégoire : On était au départ très influencés par les Beatles, de la pop, ce n'est pas péjoratif, mais de la pop un peu niaise. On élargit la formation et on part vers un univers plus psyché. Passer des Glums à Leopold Skin, c'est vraiment bien.

 

Leopold Skin, un clin d'œil à Dylan ?

Damien : J'ai trouvé ce nom il y a 6 ans maintenant, quand je n'écoutais vraiment que Bob Dylan. J'ai découvert d'autres choses et je n'ai pas eu envie de le changer. Sur l'album Blonde on Blonde, qui m'a mis la plus grosse claque de ma vie, je regardais les titres et celui-ci("Leopard-Skin Pill-Box Hat", ndlr) m'a fait sourire. Ça fait trois ans que je ne l'ai pas écouté d'ailleurs. Et j'ai mélangé avec un groupe surf rock allemand que j'avais entendu à Belfort. Leopold Kraus Wellenkapelle.

 

Est-ce que vous avez envie de pousser un peu l'expérimentation avec des instruments « musiques du monde » ? Je pense par exemple à Stranded Horse.

Damien : J'ai écouté beaucoup de musique indienne, j'ai donc utilisé un sitar sur le premier album. J'ai eu envie d'électrique pour le deuxième. J'apprécie énormément ce qu'il fait, mais on ne prend pas forcément cette direction.

François-Régis : L'important est de ne pas tomber dans le gadget ou les samples pour ce type de sonorités.

 

Et ce voyage pour Portland ?

Damien : Je pars pour mes études. J'y suis déjà allé pendant une semaine. Ils se moquent déjà de moi, j'ai un truc avec les montagnes. Il y a beaucoup d'interprétations possibles. On vient d'Auvergne et quand je reprends le train pour aller à Clermont, je suis si heureux à l'idée de revoir ces volcans. Au Canada, ce sont les Rocheuses qui m'ont le plus marqué. A Portland, ce sera donc le Mont Hood ! Je suis impatient, on tournera avant mon départ. Je reviendrai avec quelques morceaux et qui sait un enregistrement au bout.  

 

Quelques coups de cœur ou recommandations musicales ?

Damien: En ce moment, j'écoute beaucoup de musique ambiante. Je lis beaucoup et je trouve ça parfait. J'écoute donc Mountains, que François n'a jamais écouté.

François-Régis : Que je n'aime pas, parce que par principe, je n'aime pas ce qu'il aime.  

Damien : Il y aussi Seaworthy. Et toujours autant les Cave Singers et Evening Hymns.

François-Régis : De mon côté, j'écoute beaucoup Doug Paisley et Nathaniel Ratcliffe.

Grégoire : Même si j'ai été déçu par leur concert mardi dernier, je dirais les Black Angels. Et j'écoute aussi Okkervill River et Papercuts.

François-Régis : Et Iron and Wine, le dernier est très bon. 

Photos de Toniomodio (Concert USOPOP, à Sare le 19 février)

Un grand merci à Eugene du Chicho

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