Les Femmes s'en mêlent - édition 2009 (Frida Hyvönen, St. Vincent, Juana Molina, Clare and the Reasons, Battant, Micachu, Wildbirds and Peacedrums, ...)

06/05/2009, par , Marie Gallic, Catherine Guesde et Luc Taramini | Festivals |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

Comme six jours plus tôt, c'est Mai qui ouvre cette soirée d'avril. On manque encore une bonne partie du concert, mais moins que la dernière fois. Jolie voix, musique douce qui peut rappeler Nick Drake au détour d'harmonies guitare-violon. Sans être franchement bouleversante, l'entrée en matière est tout à fait agréable.

Annie Clark (St. Vincent)

Un rapide changement de plateau, et Annie Clark, alias St. Vincent, lui succède. En solo, l'Américaine joue quelques morceaux de son premier album paru il y a deux ans ("Marry Me", "Jesus Saves, I Spend"), et surtout les nouvelles chansons de "Actor". Bien que le disque ne soit pas encore sorti, les fans semblent déjà les connaître – merci internet. On pouvait se demander comment St. Vincent, sans musiciens d'appoint, allait pouvoir rendre toutes les nuances et les complexités de ses compositions. La multi-instrumentiste (ici essentiellement chanteuse et guitariste) s'en sort plutôt bien. Elle a bien sûr recours à des séquences rythmiques pré-enregistrées et sample quelques parties de guitare, mais elle contourne également le problème en s'éloignant des arrangements des versions studio. La très belle "Marry Me" est ainsi ralentie et encore plus dépouillée qu'à l'origine, tandis que les déroutants passages quasi bruitistes sont poussés plus loin que sur disque. Le set est un peu court, et on suppose qu'Annie, toujours aussi vive, charmante et bien habillée, aurait bien aimé jouer quelques titres supplémentaires si elle avait pu. Mais on aura sans doute vite l'occasion de la retrouver, avec son groupe cette fois.

A Camp

On patiente ensuite une bonne demi-heure, le temps que soit installé tout le matériel de A Camp, soit Nina Persson, la chanteuse des Cardigans, et ses cinq musiciens (deux guitaristes, un bassiste, un batteur et une claviériste). Tout en noir, de la coiffe aux talons hauts, la blonde et très professionnelle Nina semble apprécier le cadre intimiste de la Maroquinerie, elle que le succès des Cardigans a dû habituer à des salles plus grandes. L'option retenue est toutefois celle du gros son, du moins au début, et on est un peu déconcerté par le mariage entre une tonalité rock plutôt virile et des chansons relevant de la "grande variété internationale" (entre ABBA et les Carpenters, l'Eurovision et le festival de San Remo). Après un duo avec Peter von Poehl, les morceaux, tirés des deux albums, se font plus légers et suaves, et on apprécie davantage le joli grain de voix de la Suédoise. Tout cela est plaisant, mais on regrette quand même un peu la fraîcheur pop des débuts des Cardigans, rien ici n'étant aussi fin et enlevé que les "Rise and Shine" ou "Sick and Tired" d'antan.

Vincent Arquillière

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals
»» toutes les interviews